Maternelle : la collation éducative ?

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Faudrait-il supprimer la collation à l'école ? Ou, au contraire, s'en servir pour renforcer l'éducation alimentaire de l'enfant (dont les parents sont, en principe, les premiers acteurs) ? Loin des opinions trop tranchées, certains enseignants et médecins de santé scolaire s'interrogent. Avec le souci de « bien faire »...

« Maternelle : la collation éducative ? » - Crédit photo : © Arpad Nagy-Bagoly - Fotolia.com On a tout entendu à propos de la collation du milieu de matinée à l’école maternelle. Pour les uns, elle fait double emploi avec le petit-déjeuner et devrait donc être proscrite. Pour les autres, c’est un repas utile pour les enfants qui n’en font pas le matin, faute de temps, d’habitude, voire de moyens… De part et d’autre, des arguments compréhensibles et défendables. Les pédiatres voient dans la collation le risque d’une prise d’aliments supplémentaire et d’une incitation au grignotage.

L’agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) met en cause sa composition et son horaire : le caractère systématique et indifférencié de la collation ne paraît pas justifié et ne constitue pas une réponse adaptée à l’absence de petit-déjeuner. Nuancée, une circulaire de l’Education nationale laisse une marge d’appréciation aux enseignants...

C’est dans cette marge que les enseignants naviguent tous les jours. Ils reconnaissent qu’ils ne peuvent pas toujours bien faire (manque de fruits, manque de salles…), mais ils essaient. En tentant de porter remède à des situations très diverses. Et d’être des acteurs de l’éducation alimentaire aux côtés des parents. Sur un mode ludique et chaleureux, ils peuvent organiser des collations légères et joyeuses. Et, dans l’idéal, installer un contexte de consommation lié au plaisir et à l’apprentissage des goûts.

Le fruit de leur expérience, aujourd’hui, c’est qu’il n’y a certainement pas de solution unique, mais des décisions à prendre à chaque fois à l’échelon local avec tous les intéressés. Pour ceux qui la pratiquent tous les jours, la collation ne devrait être ni supprimée ni maintenue systématiquement. Mais lorsqu’elle peut prendre place dans l’éducation alimentaire, encore faudrait-il renforcer les compétences nutritionnelles des enseignants, les exercer à l’animation dans le domaine de l’alimentation. Former aussi, de manière complémentaire, les professionnels de la restauration scolaire.

Bref, donner aux équipes des écoles tous les moyens de prendre en charge cette collation et de participer utilement à l’alimentation de l’enfant. Sur le terrain, tout l’art est d’en faire un moment utile, plutôt que superflu ou inadapté !

(La santé de l’homme n° 395, p. 11-14.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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