Manger varié et équilibré avec de faibles revenus, c'est possible

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On entend souvent dire qu'il faut dépenser beaucoup d'argent pour avoir une alimentation variée et équilibrée. Que les personnes disposant de faibles revenus ont forcément une alimentation déséquilibrée composée d'aliments gras et sucrés qui contribuent à la prise de poids. Et qu'avec de faibles revenus, on ne peut pas faire autrement.

Il est vrai qu'avec 3 à 5 euros par jour (20 à 35 Francs) pour les plus démunis, la situation n'est pas facile. Mais si la précarité rend en effet plus difficile l'accès à une "bonne" alimentation, le combat n’est pas perdu d’avance : trois études récentes proposent des pistes convergentes. Elles montrent qu'une alimentation équilibrée à petit prix est possible à condition de revenir aux aliments de base..

Une première étude américaine réalisée auprès de populations obèses en situation économique précaire ouvre des perspectives intéressantes. Elle démontre qu’un niveau bas de revenus n'est pas forcément un obstacle à une alimentation équilibrée. Dans cette enquête, les achats alimentaires de cinquante familles ont été analysés. On a pu observer que les personnes consommaient souvent des plats cuisinés ou des produits industriels du type pizza, lasagnes, hamburgers, snacks… Or ces aliments ne sont pas toujours équilibrés dans la mesure où ils apportent des matières grasses et des sucres mais peu de vitamines, minéraux, fibres, éléments indispensables à la santé. Et ce sont des produits assez chers.

L’idée est venue alors de proposer à ces familles de remplacer de temps en temps ces ali-ments par des produits frais, à budget constant. Les personnes étaient invitées à répartir leurs achats parmi trois groupes d’aliments classés selon leur contenu en nutriments (vitamines, minéraux par exemple, et en graisse) :

- Vert : produits frais type fruits et légumes, produits laitiers écrémés. Ces aliments apportent vitamines et minéraux mais pas de graisse
- Orange : viande maigre comme la volaille, poisson
- Rouge : plats industriels (pizza, hamburgers…), réputés coûteux, ainsi que les bonbons, gâteaux, pâtisseries…Les aliments du groupe rouge sont riches en matière grasse mais pauvres en vitamines.

On explique alors aux participants l’intérêt nutritionnel des aliments de chaque groupe au cours de réunions d’information et on leur propose des substitutions de produits entre les groupes. Après quelques semaines, les personnes ont acheté moins d'aliments classés rouge et plus d'aliments classés verts. L’économie réalisée en diminuant les achats de plats ou produits industriels permet l’accès à des aliments frais et meilleurs pour la santé, sans augmenter les dépenses d'alimentation.

Il ressort de cette étude que diminuer sa consommation de plats préparés permet d'avoir une meilleure alimentation. Les personnes ont adhéré à ce projet qui incluait également un programme d'activité physique et ont pu perdre du poids en modifiant leurs habitudes alimentaires... sans augmenter leur budget alimentaire.

Pourtant, les Français consomment de plus en plus de plats cuisinés

Ces résultats sont à mettre en parallèle avec ceux d'une étude de l’Insee sur les achats alimentaires. On y apprend que les Français consomment de plus en plus de plats cuisinés et de moins en moins de produits traditionnels pourtant bon marché : la Consommation d’aliments " simples " comme les pommes de terre ou le pain diminue de 1.4 % par an en moyenne depuis 1960. Pendant ce temps, la consommation de plats cuisinés ou d’aliments "tout prêts " type viande ou poissons cuisinés, pizza ou quiche augmente de 5 % en moyenne. De même qu’augmente fortement la consommation de confiserie, biscuits, pâtisseries et boissons sucrées (+ 4 %) et de glaces. .

Des légumes en barquette... trop gras

Or ces aliments tout prêts sont dans l'ensemble trop riches en graisse, révèle la troisième enquête réalisée par Que choisir. Cette enquête crée la surprise en classant dans les aliments "gras" certains produits que l'on n'aurait jamais soupçonnés. C'est le cas des céréales de petit déjeuner, des biscuits et gâteaux d'apéritifs ou sucrés, y compris de certains biscuits dits de régime qui - paradoxe - se révèlent riches en graisse. C'est aussi le cas des salades en barquette et des légumes cuisinés : moussaka, caviar d'aubergine, céleri rémoulade vendus au rayon traiteur ou les tartes aux poireaux surgelées, par exemple, qui ont en commun de renfermer trop de matière grasse. Sans parler des produits au chocolat comme les pâtes à tartiner - extrêmement riches en graisse et en sucre - ou des barres chocolatées. Et rappelons que ces aliments restent en général assez chers..

Ces trois études montrent qu'on peut avoir une bonne alimentation sans dépenser trop, en insistant sur deux points essentiels :

- Les plats faits maisons, comme les quiches ou les gratins, sont souvent plus équilibrés et plus économiques que les plats cuisinés industriels.
- L'équilibre passe aussi par le retour aux aliments simples : du pain au petit déjeuner et au goûter, des pâtes assaisonnées de multiples façons, pommes de terre cuites à l'eau avec une noisette de beurre, salades maison ..., en rappelant que le pain et les féculents (riz, pâtes, pommes de terre, légumes secs par exemple) consommés en quantité raisonnable ne font pas grossir. Sans oublier l'eau, seule boisson qui n'apporte aucune calorie et ne coûte pratiquement rien si on la compare aux boissons sucrées.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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