Manger pour protéger son coeur

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Comment tenter de limiter la fréquence des maladies cardiovasculaires ? L’alimentation figure en bonne place dans les moyens de prévention, puisqu’elle influence des facteurs de risque comme l’excès de poids, l’hypertension, le diabète et les anomalies des lipides sanguins. Des dizaines d’études cliniques ou expérimentales se sont penchées sur la question...

« Manger pour protéger son coeur » - Crédit photo : www.aimetoncoeur.ca On pense d’abord fruits et légumes. Ils font partie des aliments les plus actuellement repérés. Chez les grands consommateurs, un effet de protection cardiovasculaire semble s’exercer. On en attribue souvent le bénéfice aux antioxydants, ce qui ne suffit sans doute pas à tout expliquer. Toutefois, on n’obtient aucun effet bénéfique avec les antioxydants pris en « compléments » sous forme de gélules ou d’ampoules. Et, les compléments alimentaires pris en excès peuvent même être toxiques !

Sur la piste des antioxydants, on trouve aussi le vin rouge et même, selon certains chercheurs, d’autres alcools, dont la bière. On leur attribue (à très petites doses) des bénéfices potentiels pour le coeur et la pression artérielle. Le resvératrol, un des polyphénols du vin rouge, est sur la liste des bienfaiteurs potentiels: anti-oxydant puissant, il aurait un rôle anti-inflammatoire, anti-hypertenseur... Prudence toutefois : les résultats des expérimentations de laboratoire ne sont pas toujours extrapolables à l’homme.

Et les « compléments » sont, là encore, déconseillés, au même titre que les excès de vin ! Dans la même veine expérimentale, les mécanismes d’action du thé vert font toujours l’objet d’études. Meilleure excrétion des lipides, régulation des lipides du sang, action vasodilatatrice, amélioration du contrôle du poids et de la glycémie : on ne recule devant aucune hypothèse pour espérer des effets bénéfiques contre la thrombose et la plaque d’athérome ! Aujourd’hui on ne peut rien affirmer.

Du côté des corps gras, les effets cardiovasculaires des oméga 3 sont célébrés : huiles de noix, de colza, poissons gras sont appelés à lutter contre l’athérome. Mais tout est dans l’équilibre : les nutritionnistes rappellent la nécessité de varier les sources de lipides (huiles végétales diverses et beurre). Une revue récente des études disponibles montre qu’il n’y a pas de lien entre les acides gras saturés et les maladies cardiovasculaires. D’autre part, il serait nocif pour le coeur d’éliminer tous les corps gras au profit des sucres !

Enfin, une consommation raisonnable de produits laitiers n’augmente pas le risque vasculaire. Le calcium serait utile au contrôle du poids et de la tension artérielle. D’autres composants du lait agissent aussi favorablement. Plusieurs études montrent que les produits laitiers diminuent le risque de syndrome métabolique. Une synthèse récente leur a même attribué un effet protecteur vis-à-vis des accidents vasculaires cérébraux et de certaines maladies artérielles !

Au total, un régime riche en fruits et légumes, céréales, oléagineux, poissons, laitages, est généralement plébiscité. Une manière de souligner les vertus de l’équilibre. Le conseil le plus judicieux pourrait être de ne pas abuser des aliments réputés bienfaiteurs, de ne pas négliger les autres (aucun aliment n’est mauvais en soi) et de diversifier au maximum ses apports !

(XIe Entretiens de nutrition de Lille. - Archives of Internal Medicine, volume 169, n° 7, p. 659-669. - American Journal of Clinical Nutrition. Publié en ligne le 13 janvier 2010. DOI: 10.3945/ajcn.2009.27725.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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