Malgré la crise, les Français mangent toujours !

lu 9123 fois

Malgré la crise, les Français mangent toujours !

Contrairement à d’autres postes de dépense, la consommation alimentaire est peu affectée par la crise, révèle une étude récente. Alors que la part de l’alimentation dans le budget des ménages n’a cessé de baisser depuis des décennies, elle a arrêté de diminuer en 2008. Et a même amorcé une remontée... Un message encourageant, dans le prolongement des fêtes de fin d’année : il faut manger pour vivre, certes, mais aussi pour avoir du plaisir et pour partager !

Entre 1960 et 2007, la part consacrée à l’alimentation dans les dépenses des foyers français a constamment reculé. Elle frôlait les 30 % du budget des familles en 1960. Les 23 % en 1970. Les 17 % en 1990. Les 15 % en 2000, les 14 % en 2007... Et voici qu’elle est repartie à la hausse. En 2013, elle a retrouvé le niveau de l’an 2000 !

En 2012, un recul historique de la consommation

Pourtant, la consommation dans son ensemble –au-delà de l’alimentaire –a bel et bien marqué un recul historique en 2012. En baisse : les dépenses liées aux transports et aux achats de véhicules, au tabac, à la restauration, à l’habillement, aux loisirs et à la culture, aux boissons alcoolisées, à l’équipement et à l’entretien des logements.

Seules les dépenses liées au logement (pour la location, le chauffage, l’électricité), à l’éducation et surtout à la communication ont augmenté. La même année cependant, les dépenses consacrées à l’alimentation ont bien résisté, augmentant légèrement de 0,7 %. Avec toutefois des disparités selon les familles d’aliments et de boissons. Par exemple, les dépenses ont augmenté de 2,5 % pour le pain et les produits céréaliers, de 1,4 % pour le groupe « lait-fromage-œufs», de 1,3 % pour le groupe « sucre-confiture- miel-chocolat-confiseries » et pour les boissons chaudes. Mais elles ont diminué cette année-là pour le poisson, les fruits de mer, les matières grasses. Mais les dépenses ne sont qu’un indicateur parmi d’autres. Pour apprécier l’évolution de la consommation, il faut les rapporter à la croissance démographique et à la hausse des prix. C’est ce qui permet aujourd’hui de parler de crise, ou de panne de croissancede la consommation individuelle pour l’ensemble des biens et services (pas seulement alimentaires). Mais dans ce contexte morose, entre 2008 et 2013, la consommation de produits alimentaires a progressé au même rythme qu’entre 2000 et 2007. Dans le même temps la restauration hors foyer (restaurants, cantines, cafés, fast-foods) accuse le coup et diminue depuis 2008.

Certains aliments « profitent » de la crise

La crise affecte les restaurateurs, mais les familles continuent à manger. A la maison, certains groupes d’aliments profitent de la crise. La consommation de pain, de produits céréaliers, de sucre et de produits sucrés a tendance à s’envoler. Le groupe «sucre-confiture-miel-chocolat- confiseries » progresse à un rythme soutenu. Le groupe des œufs et produits laitiers (incluant lait, yaourts, crèmes, desserts lactés, boissons lactées, fromages, petit-suisse, fromage blanc, faisselle) progresse au même rythme qu’avant la crise. A l’inverse, on consomme de moins en moins de viande et de poisson. La consommation de légumes ne progresse plus depuis 2008 et celle de fruits diminue même légèrement. Alors que les prix moyens des fruits et légumes continuent d’augmenter. La consommation de matières grasses diminue aussi depuis 2008, mais moins que précédemment.

Enfin, du côté des boissons, les boissons chaudes résistent, malgré l’augmentation des prix. La consommation de boissons froides progresse légèrement. Celle de boissons alcoolisées, par contre, est en diminution. Nécessité fait loi : c’est vrai, les Français continuent à manger. Mais pas seulement par besoin. Le modèle français, c’est aussi manger par plaisir, et pour le plaisir d’être ensemble !

Manger en France et en Europe, et à quel prix

  • Pour l’alimentation et les boissons non alcoolisées le volume de consommation par habitant en France (hors restauration) est supérieur de 16 % à la moyenne européenne. Au-dessus de l’Italie, de l’Allemagne et du Royaume-Uni.
  • Pour la consommation hors foyer, la consommation française est inférieure à celle de l’Espagne ou du Royaume-Uni.
  • Un Français achète 2,5 fois plus de poisson qu’un Allemand, mais 2 fois moins qu’un Espagnol.
  • Un Français consomme un tiers de plus de lait et de fromage qu’un Européen moyen.
  • Pour la consommation de boissons alcoolisées à la maison, la France est dans la moyenne haute, en compagnie de la Belgique, mais derrière l’Allemagne et loin devant l’Italie et l’Espagne.
  • En France, les prix alimentaires sont supérieurs de 10 % à la moyenne européenne. Supérieurs même de 20 % pour la viande, les fruits et légumes, les pommes de terre. Supérieurs de 10 % pour les poissons et produits de la mer. De 5 % pour le pain et les céréales.
  • En revanche, le prix des produits laitiers et des œufs est moins élevé en France que la moyenne européenne.
  • Les boissons alcoolisées sont 12 % moins chères en France. Les restaurants et cafés 7 % moins chers...
  • Quant au tabac, ses prix excèdent de 30 % la moyenne européenne.

Emmanuel Berger, division Synthèses des biens et services, Insee.

(La dépense alimentaire des ménages français résiste à la crise. Les synthèses de FranceAgrimer n°4 (2014).)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s