Lipides et Coeur

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Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest et d'Amérique du Nord. En France, on a assisté à une baisse considérable de la mortalité cardiovasculaire ces dernières années. En effet, de 1980 à 2005, on a enregistré une baisse de 52% de la mortalité par maladies cardiovasculaires. De très nombreux travaux se sont penchés sur les causes à l'origine de cette baisse importante de la mortalité par maladies d'origine athéromateuse...

« Lipides et Coeur » - Crédit photo : www.wikinoticia.com Il est probable que les traitements mis en route à la phase aiguë de l'infarctus du myocarde ont joué un rôle majeur pour diminuer la mortalité hospitalière. Ceci a été en particulier démontré en France. Cependant, à l'échelle des populations, l'ensemble des travaux sont en faveur du rôle prépondérant joué par l'évolution des facteurs de risque de la maladie cardiovasculaire que sont le tabac, l'hyperlipidémie, l'hypertension artérielle et le diabète.

Dans une revue récente, les auteurs montrent que 55% de la baisse de la mortalité coronaire est imputable à une amélioration du niveau des facteurs de risque classiques. Les deux facteurs de risque principaux de la maladie coronaire sont représentés par le tabagisme et l'hyperlipidémie. Dans un travail récent, des auteurs français ont décrit l'évolution de l'hypercholestérolémie en France. On note à l'échelle de la population française une évolution favorable des dyslipidémies. Chez les sujets non traités, on assiste à une baisse de 4,1% du LDL-cholestérol ; chez les sujets traités médicalement, on enregistre une baisse de 17,6% soit une évolution considérable du cholestérol athérogène.

La prévalence de l'hypercholestérolémie reste élevée en France, à hauteur de 30%. Face à ce fléau, des mesures populationnelles et individuelles ont été entreprises dans les pays développés. En France, le traitement de l'hypercholestérolémie au niveau individuel est parfaitement codifié par des recommandations. A l'échelle populationnelle, de nombreuses actions ont été entreprises et les plus démonstratives ont été réalisées en Finlande. Que reste-t-il à améliorer afin d'intensifier la baisse de la mortalité par maladie coronaire ? Si l'hyperlipidémie est sévère, ce sont les mesures conjointes diététiques et médicamenteuses qui peuvent permettre de contrôler au mieux cette hypercholestérolémie.

A l'échelle populationnelle, des mesures hygiéno-diététiques favorables à l'athérosclérose coronaire doivent être promues. Il s'agit en priorité de la diète méditerranéenne qui a fait ses preuves dans des essais thérapeutiques. Cette diète méditerranéenne est basée sur un régime diversifié, riche en huile d'olive, en acides gras oméga-3, dans le cadre de repas structurés pouvant inclure des consommations modérées de vin rouge. Il est probable que les modes alimentaires jouent un rôle important afin de limiter la survenue de dyslipidémies à l'échelle des populations. Les choix alimentaires sont donc des éléments déterminants de la santé des populations pour éviter les accidents cardiovasculaires.

De nouveaux acteurs disponibles dans la grande distribution sont venus enrichir la thérapeutique cardiovasculaire. Les produits enrichis en stérols et en stanols végétaux ont des effets reconnus sur le LDL-cholestérol avec une baisse d'environ 10%. Si ces produits enrichis en stérols végétaux sont consommés de manière régulière par un nombre suffisant de français, cela aura un impact significatif sur l'évolution du LDL-cholestérol à l'échelle de la population.

En résumé, l'hyperlipidémie est fréquente à l'échelle de la population française. L'hyperlipidémie doit être dépistée le plus tôt possible car on peut ainsi éviter des événements cardiovasculaires et diminuer l'incidence de la maladie au niveau de la population. Les approches thérapeutiques combinent des stratégies collectives et individuelles. La stratégie médicamenteuse reste la plus simple mais la plus coûteuse, elle doit être réservée aux patients les plus graves pour lesquels l'observance doit être parfaite.

Au niveau nutritionnel, la diète méditerranéenne doit être promue et plusieurs approches nutritionnelles complémentaires peuvent être envisagées, comportant des modifications simples de l'alimentation de tous les jours ou la consommation régulière de produits disponibles en grande distribution.

(Pr Jean FERRIERES, Cardiologue et Epidémiologiste, Chef du Service de Cardiologie Préventive - CHU de Toulouse - DIETECOM 2010 - LESIEUR)

SOURCE : LESIEUR

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