Lien entre activité physique et santé : les français en mal de motivation par rapport aux Européens

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Le lien entre activité physique et santé est aujourd'hui largement documenté : une activité physique régulière contribue à diminuer les risques de maladies cardiovasculaires, d'ostéoporose, de diabète de type II, de cholestérol, et de développer certains cancers. Pourtant, selon l'Institut de Recherche bio-Médicale et d'Epidémiologie du Sport (IRMES), entre 1950 et nos jours, les français sont passés de 4 heures à moins d'une heure d'activité physique par jour...

« Lien entre activité physique et santé : les français en mal de motivation par rapport aux Européens » - Crédit photo : tesson.info Ce constat a conduit le PNNS à recommander l'équivalent d'au moins 30 minutes de marche rapide chaque jour pour les adultes et 60 minutes pour les enfants. Un récent Eurobaromètre sur l'activité physique a permis de faire le point sur les pratiques des Européens et, surtout, sur les freins et motivations des français quant à la pratique de l'activité physique.

Ainsi seuls 13% des français déclarent pratiquer une activité physique sportive régulière (5 fois par semaine ou plus) et 42% le font moins de 2 fois par semaine. Sans surprise, les hommes ont une activité physique supérieure à celle des femmes et l'activité physique décroit avec l'âge. Lorsque l'on précise la question en la resserant à une activité qui ne soit pas du sport, comme la marche ou le jardinage, 25% des personnes interrogées déclarent la pratiquer moins de deux fois par semaine et l'écart entre hommes et femmes se resserre. Cette activité a lieu principalement dans un parc ou dans la nature (52%) ou sur le trajet du travail (26%). On note également que les français fréquentent plus les clubs de sport que la moyenne européenne (18% vs 12%).

La forme plus que la santé

La première motivation de la pratique d'une activité physique chez les français est de rester en forme (56%), suivi par le fait de se détendre (52%) et enfin d'améliorer sa santé (51%). Les français diffèrent des Européens qui sont en moyenne 61% à pratiquer une activité physique pour leur santé. Chez les Suédois, ce score monte à 82%. Les Français ont l'un des plus bas scores européens sur ce point. Il reste, dans ce domaine, probablement des efforts de communication à faire, notamment par les médecins, pour expliquer que l'activité physique, au-delà du bien-être qu'elle procure, impacte directement la survenue de pathologies.

La part de la motivation santé augmente au fur et à mesure que l'on avance en âge, avec une bascule qui intervient plus tôt chez les femmes que chez les hommes. La pratique de l'activité physique pour contrôler son poids est citée par 26% des Français, pourcentage proche de la moyenne européenne qui cache de grandes disparités. C'est dans le nord de l'Europe que la motivation autour du poids est la plus forte (47% pour les Danois par exemple).

Au chapitre des freins évoqués par les Européens, on trouve massivement le manque de temps (43% chez les Français) et, contrairement à une idée reçue, seuls 2% se plaignent du manque d'infrastructures sportives à proximité. Le manque de goût pour la compétition n'est cité que par 5% des répondants, mais on sait, par d'autres études, que chez l'enfant en excès de poids, c'est un frein majeur. la contrainte de temps est plus fortement perçue chez les 25-34 ans, en particulier les femmes qui l'évoquent pour 62% d'entres elles et, bien évidemment, les ménages avec enfant. Il ne faut pas non plus négliger les 15% des Français, soit près d'un sur 6, qui déclarent ne pas pouvoir pratiquer d'activité physique pour un problème de santé ou un handicap.

Minimiser l'effort, maximiser le bénéfice

Ces résultats montrent des pistes intéressantes dans la prise en charge des patients en manque d'activité physique ou en surpoids. Comme l'ont démontré les recherches du psychologue Kurt Lewin sur les changements de comportement, on obtient les meilleurs résultats en minimisant l'effort à réaliser et en maximisant le bénéfice, à condition d'avoir au préalable levé les freins au changement. dans le cas de l'activité physique, on peut maximiser le bénéfice en rappelant le rôle de l'activité dans la prévention des pathologies, notamment diabète et maladies cardiovasculaires chez la personne en surpoids, et minimiser l'effort en expliquant qu'une activité physique modérée telle que recommandée par le PNNS est suffisante pour améliorer son état de santé. Expliquer que, au même titre que le sport, la marche ou le jeu sont bénéfiques pour la santé, et que ces activités sont compatibles avec la vie de famille ou une activité professionnelle, permet de lever le principal frein à savoir le manque de temps.

(Par Serge Michels, Directeur Général de Protéines - La Lettre Faxée de Nutrition ® - Mai 2010)

SOURCE : Groupe Protéines

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