Les vertus des phytostérols

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Le pouvoir hypocholestérolémiant des stérols végétaux ou phytostérols, composés naturellement présents dans la fraction lipidique des plantes, qui ont été découverts il y a 50 ans, est bien connu chez l'homme et chez l'animal et est incontestable. Néanmoins, la vigilance est de mise quant à leur utilisation.

« Les vertus des phytostérols » - Crédit photo : www.passeportsante.net Les données montrent que le régime alimentaire occidental moyen contient entre 80 mg et 300 mg de stérols végétaux par jour. Par contre, les recommandations des experts (Third Report of the National Cholesterol Education Program) sont claires: pour contribuer à une réduction significative du LDL cholestérol, l’apport journalier doit être de l’ordre de grammes de phytostérols par jour au lieu de milligrammes. Dès lors, la consommation des produits avec les phytostérols n’a pas cessé à croître.

La nature ou la chimie ?

A l’état naturel, les phytostérols sont contenus dans les fruits, les légumes et les huiles végétales. Les stérols végétaux s’y présentent sous forme de substances cireuses peu hydrosolubles et peu liposolubles. Il n’y a aucun problème pour utiliser les phytostérols naturels dans les compléments alimentaires. En revanche, afin de faciliter leur intégration aux aliments, comme par exemple les margarines ou les yaourts, ces substances sont obligatoirement combinées à des acides gras par estérification chimique. En plus, si l’on applique une hydrogénation chimique des phytostérols naturels, on obtient les phytostanols.

Exemples de teneurs en stérols végétaux naturels (d’après Spiller GA) :

  • Pois sec : 38 mg/100g
  • Chou de Bruxelle : 24 mg/100g
  • Froment pour pain : 89 mg/100g
  • Froment pour spaghetti : 154 mg/100g
  • Fèves de soja vertes : 50 mg/100g
  • Fèves de soja mûres sêchées : 161 mg/100g
  • Huile de soja raffinée hydrogénée : 132 mg/100g
  • Huile de germes de blé raffinée : 553 mg/100g
  • Huile d’olive raffinée : 176 mg/100g
  • Huile d’olive non raffinée : 232 mg/100g

La distinction entre les stérols végétaux naturels, les stérols végétaux estérifiés et les stérols végétaux hydrogénés et estérifiés (les phytostanols estérifiés) est un élément important pour le consommateur. Qualitativement, l’estérification n’a pas d’effet négatif sur le rôle hypocholestérolémiant. Mais sur le plan quantitatif, l’efficacité comparée des uns et des autres n’est pas strictement équivalente. La législation américaine en a fait la preuve (tableau 2). Depuis 2001, le National Cholesterol Education Panel (NCEP) recommande l’utilisation des stérols végétaux comme un moyen efficace pour combattre l’hypercholestérolémie en association avec des méthodes plus classiques. Mais pour obtenir un effet significatif, il faut en prendre sa dose quotidienne. Les résultats de plusieurs études cliniques ont montré que la prise quotidienne de 1,25 g de stérols végétaux naturels permettrait d’obtenir un abaissement du LDL-C de 10 %.

Efficacitée comparée des stérols végétaux :

0,40 g de stérols végétaux naturels
= 0,65 g de stérols végétaux estérifiés
= 0,85 g de stérols végétaux hydrogénés et estérifiés (phytostanols estérifiés)

L’évaluation Européenne

L’European Food Safety Authority (EFSA) a publié récemment un rapport qui fait une évaluation des produits alimentaires avec des phytostérols/phytostanols ajoutés sur le marché Européen. Il y a trois éléments frappants dans ce rapport. En premier lieu, avec la consommation de stérols végétaux, la résorption des caroténoïdes peut baisser légèrement. Dès lors, la Directive Européenne impose un étiquetage qui recommande une alimentation équilibrée et variée, riche en fruits et légumes. Malheureusement, peu de consommateurs connaissent cette recommandation. Ensuite, très peu de gens (1 à 4% de la population) dépassent, pendant une période de plus d’un an, la consommation maximale de 3 g de phytostérols naturels par jour. Mais pour la plus grande partie de la population, la consommation moyenne est insuffisante pour faire abaisser le cholestérol sanguin. Enfin, l’EFSA a constaté que la quantité de stérols végétaux ajoutés aux aliments est très faible dans certains cas: selon la nature des aliments, leur concentration exprimée en équivalents de stérols végétaux naturels varie entre 0,3 % et 8 %. Ainsi, le coût pour une quantité suffisante de stérols végétaux ajoutée à l’alimentation peut être considérable.

D’abord l’équilibre alimentaire

En consommant des phytostérols, soit via des aliments enrichis, soit via des compléments alimentaires, il faut d’abord veiller à une alimentation équilibrée riche en fruits et légumes. Ensuite il faut choisir entre les phytostérols naturels, les phytostérols estérifiés ou les phytostanols estérifiés, tout en tenant compte du niveau d’activité hypocholestérolémiante par unité de poids identique (0,4 g phytostérols naturels = 0,65 g phytostérols estérifiés = 0,85 g phytostanols estérifiés). Enfin, il faut rester attentif aux calories qui accompagnent la forme sous laquelle ces stérols sont ingérés. En effet, l’excès de poids constitue un autre facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires.

Pour de plus amples informations, consulter : « Le point sur... les phytostérols ».

Références

(" HEALTH & FOOD " n°91 - Octobre 2008)

SOURCE : Health and Food

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