Les Troubles du Comportement Alimentaire ou TCA : témoignage

lu 12785 fois

Avez-vous déjà eu une peur qui vous dépasse et qui brise votre vie ? Avez-vous déjà été aux prises avec une obsession telle que vous préféreriez plutôt mourir ? Avez-vous déjà ressenti un vide que rien ne semble pouvoir combler ? Vittoria a connu tout cela. Après avoir longtemps parcouru un chemin de solitude et de souffrance, grâce à une thérapie, elle a pu enfin se retrouver sur le chemin de l'espoir et la guérison. C'est pourquoi, aujourd'hui, elle choisit de témoigner.

« Anorexie et Boulimie : Journal intime d’une reconstruction » Les Troubles du Comportement Alimentaire ou TCA sont des phénomènes qui concernent de plus en plus de personnes dans les pays occidentaux et touchent principalement les femmes (entre 85 et 90% des cas) durant la période de l’adolescence.

Ceux-ci se composent principalement :

  • des troubles majeurs : l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie incontrôlée (hyperalimentation sans vomissements) ;
  • des troubles mineurs : l’alimentation nocturne, l’orthorexie (désir de consommer une nourriture diététiquement "pure"), la chocolatomanie ou les fringales.

Vittoria Pazalle : j’ai souffert moi-même d’anorexie puis de boulimie

Plus spécifiquement, à l’âge de 12 ans, après le constat d’un léger surpoids par rapport à mes camarades de classe lors d’une visite médicale, j’avais décidé de faire un petit régime. Déployant une volonté que je ne soupçonnais guère, je ne pouvais guère me douter que la perte de 4 kg me mènerait à un cercle vicieux infernal avec un désir de "pureté" et de perfection absolues au point de ne plus pouvoir cesser de perdre du poids.

A 25 ans, mon état extrême de dénutrition m’a fait plonger dans une grande dépression. Alors que j’étais si fière de ma volonté de fer, avec un régime bien trop drastique et devenu au fur et à mesure complètement déséquilibré, soudain j’ai souffert d’une insomnie sévère et ai été submergée d’angoisses que je ne pouvais partiellement calmer que grâce à ma "pire ennemie" : la nourriture.

Après plus de trois années de thérapie, mes troubles ont disparu. Effectivement, c’est ainsi que j’ai pris conscience que mes différents rapports à la nourriture (peurs maladives de me nourrir et de grossir, puis obsession permanente et incontrôlable avec des crises de boulimie quotidiennes) étaient telle une forme de langage de mon corps reflétant mes profonds conflits intérieurs. Plus précisément, ma peur de prendre du poids symbolisait ma peur de devenir femme, adulte et de m’affirmer, ou encore mon besoin de "me remplir" était le symbole de mon immense sentiment d’impuissance et de vide affectif ainsi que relationnel.

Ma thérapie n’a pas été facile (pour moi qui voulais auparavant toujours être dans le contrôle et qui ne savais me définir qu’en fonction du désir et de l’opinion d’autrui), mais absolument salutaire en apprenant notamment à me regarder enfin en face et remettre en question mes anciens mécanismes mentaux excessifs et trop négatifs qui avaient fini par me faire perdre totalement confiance en moi (voire faire disparaître toute estime de moi-même) pour parvenir finalement peu à peu à prendre "ma" place.

Or grâce à cette thérapie, je sais désormais que la vie ce n’est pas le corps ou la tête, mais bien le corps, la tête et le coeur.

Découvrir le livre : « Anorexie et Boulimie : Journal intime d’une reconstruction » de Vittoria Pazalle aux Editions Dangles, 256 pages.

SOURCE : Vittoria Pazalle

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s