Les sucres ont-ils un rôle spécifique dans la prise de poids des populations ?

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Le colloque international « Sucres et contrôle pondéral », organisé par l'Institut Benjamin Delessert et qui a a réuni, le 12 février 2008, à Paris, un prestigieux plateau de chercheurs, universitaires et praticiens, issus de différents horizons scientifiques et comptant parmi les meilleurs spécialistes mondiaux dans leur discipline respective, confirme la complexité des relations entre alimentation et obésité.

« Les sucres ont-ils un rôle spécifique dans la prise de poids des populations ? » - Crédits Photo : fr.wikipedia.org Présidé par Bernard Guy-Grand, professeur honoraire de nutrition, le Comité scientifique chargé de l’élaboration du programme avait réuni un plateau exceptionnel d’experts européens et américains, issus de différents horizons scientifiques et unanimement reconnus dans leur spécialité. « À l’heure où les relations entre sucres et poids constituent un thème récurrent au sein des prises de décision en termes de santé publique, et en l’absence de consensus sur la question, cette initiative avait pour objectif de documenter le dossier sur des bases scientifiques solides et croisées », explique la secrétaire générale de l’IBD, Marie-Sylvie Billaux.

De fait, les dix intervenants ont éclairé le débat en livrant un point détaillé sur l’état actuel des connaissances, sous plusieurs angles : terminologie, épidémiologie et typologie des données de consommation disponibles dans le monde, métabolisme des glucides, mécanismes biologiques de la régulation pondérale (index glycémique, rôle des aliments liquides et solides), physiologie et psychologie du goût, éclairage historique... À cette occasion, différents constats ont été établis.

On retiendra notamment que :

  • ajoutés ou naturellement présents dans les aliments, les sucres sont de même nature,
  • il n’est pas possible d’établir un rapport entre sucres et obésité à l’échelon des populations sur la base de données alimentaires fiables,
  • les aliments à faible index glycémique favorisent le maintien du poids, toutefois les mécanismes par lesquels il intervient sont encore peu clairs,
  • les phénomènes de surconsommation sont plus liés à des problèmes de comportement qu’à la nature même des produits,
  • il n’existe pas de «dépendance» au sucre comparable aux mécanismes d’addiction aux drogues,
  • l’ostracisme vis-à-vis des sucres relève plus d’un phénomène de civilisation que d’un effet spécifique des sucres.

Ainsi que l’a souligné le Professeur Guy-Grand en concluant la conférence, la réponse à la question est donc « loin d’être claire, et doit être nuancée car la nutrition en général et les aliments sucrés en particulier ne sont qu’un élément d’un problème bien plus vaste. »

Pour de plus amples informations, consulter les résumés des interventions

(Grain de Sucre n°15 - Mai 2008)

SOURCE : CEDUS

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