Les régimes les plus simples ne sont pas les meilleurs

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Pour perdre du poids, ou même éviter d'en prendre, il faut éviter les féculents raffinés, tels que le pain et le riz blancs, et plutôt se nourrir d'un régime riche en protéines et en viande maigre, avec des produits laitiers peu gras et des haricots. Ce résultat provient d'une étude européenne extensive sur les régimes alimentaires, dirigée par des chercheurs de l'Université de Copenhague. Cette étude confronte donc les recommandations alimentaires officielles et conclut sur le fait qu'elles ne sont pas suffisamment précises pour prévenir l'obésité.

« Les régimes les plus simples ne sont pas les meilleurs » - Crédit photo : © Reid Veto | istockphoto.com Manger des fruits, des légumes, du poisson, et ne pas manger trop gras. Avoir un régime équilibré et veiller à ne pas trop prendre de poids. Ces recommandations sont les recommandations officielles de la plupart des pays européens, dont le Danemark. Des chercheurs de la Faculté de Sciences de la Vie de l'Université de Copenhague ont maintenant démontré que ces recommandations sont insuffisantes pour la prévention de l'obésité. Leurs résultats ont été publiés dans la revue scientifique New England Journal of Medicine.

Au total, 772 familles, soit 938 adultes et 827 enfants, ont participé à l'étude européenne Diogène sur les régimes alimentaires. Il s'agit donc de l'étude la plus grande jamais réalisée au monde. Cette étude fut conduite par 8 centres de recherche européens. Son objectif était de comparer les recommandations alimentaires officielles en Europe et les régimes basés sur les dernières recherches sur l'importance des protéines et des glucides pour la régulation de l'appétit. " L'étude montre que les recommandations alimentaires actuelles ne sont pas suffisamment précises pour empêcher une personne en surpoids de prendre du poids en plus. Pour conserver le même poids, ou ne pas regrossir après avoir maigri, il faut choisir le bon régime", explique le professeur Thomas Meinert Larsen, du Département de nutrition humaine de la Faculté, qui a supervisé cette étude avec le professeur Arne Astrup, chef du département.

Les 938 adultes en surpoids ont fait un régime de 800 calories par jour pendant 8 semaines, perdant en moyenne 11kg. Ensuite, ils ont été affectés au hasard à l'un des cinq régimes pauvres en graisses, qu'ils ont suivi pendant 6 mois, afin de tester quel régime était le plus efficace pour empêcher la reprise de poids. Durant tout ce temps, les familles étaient conseillées par des diététiciens, et ont fourni des échantillons sanguins et d'urine. Ces cinq types différents de régimes que les participants ont testé étaient caractérisés par leur teneurs différentes en protéines, ainsi que des variations de l'index glycémique. Celui-ci est une mesure de la capacité des glucides à augmenter le glucose sanguin lorsqu'ils sont absorbés. Les aliments avec un index glycémique bas (LGI) font augmenter la glycémie sanguine plus lentement et à des niveaux plus bas que les aliments à index glycémique haut.

Sur ces 938 participants, 548 ont participé aux deux phases de l'expérience : la perte initiale de poids et le régime de 6 mois. En moyenne, les participants ont repris environ 0.5kg, mais des différences notables ont été observées selon les régimes suivis. "Le groupe suivant un régime à haute teneur protéique et à index glycémique bas est le seul à ne pas avoir repris de poids après la perte initiale de 11kg. En comparaison, ceux qui ont suivi le régime avec peu de protéines mais un index glycémique haut ont repris en moyenne 1.67kg", explique Thomas Meinert Larsen. "Nous avons également remarqué que dans le groupe haute protéine/index glycémique bas, moins de participants ont renoncé que dans le groupe à faible teneur en protéines. On pourrait peut-être expliquer cela par une digestion lente et des niveaux de glucose plus stables dans les régimes à faible index glycémique, ce qui donne une impression de bien-être général. De plus, les protéines donnent un plus fort sentiment de satiété que les glucides et la graisse, et les participants ne se sentaient pas affamés", continue Thomas Meinert Larsen.

Dans les familles, 827 enfants ont participé, mais uniquement au changement de régime alimentaire, donc sans perte de poids préalable. Environ 45% de ces enfants étaient en surpoids. "Nous avons remarqué que dans le groupe des enfants ayant suivi un régime haute protéine/faible indice glycémique, la prévalence du surpoids a baissé de 15% en seulement 6 mois. Il s'agit d'un résultat remarquable, car les enfants n'étaient pas en cure d'amaigrissement, et ne comptaient donc pas leurs calories. Les familles ont juste changé leurs habitudes alimentaires, et cela donne de l'espoir pour la prévention de l'obésité infantile", explique le professeur Arne Astrup.

Les résultats de l'étude sur les enfants ont été publiés dans un article séparé dans la revue scientifique American Medical Journal Pediatrics. Ces résultats prometteurs encouragent les chercheurs à continuer leurs efforts pour rendre le nouveau régime habituel aux Danois et à leurs habitudes alimentaires.

(Par Simone Paul-Collinet, chargée de mission scientifique & universitaire, d'après www.ku.dk - BE Danemark numéro 29 (03/12/2010)- Ambassade de France au Danemark / ADIT)

SOURCE : ADIT

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