Les régimes au banc d’infamie

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On pensait avoir droit cette année comme les précédentes à un énième banc d’essai des régimes en vogue. Le rapport concocté par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire les a plutôt traînés sur le banc d’infamie...

Ne nous voilons pas la face : nous avons toutes et tous entendu parler du régime spectaculaire efficace, pas fatigant, pas cher. Nos ami(e)s l’ont essayé : ça marche ! Hélas, s’il n’existe pas de statistiques incontestables sur le sujet, on peut affirmer sans grands risques de se tromper que la probabilité est grande, non seulement de reprendre très rapidement les kilos perdus mais de subir en prime une prise de poids supplémentaire.

L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire a publié à la fin de l’an dernier un volumineux [et très critique] rapport sur les 15 régimes les plus en vogue aujourd’hui. Sans reprendre ses analyses, on peut grossièrement classer en 4 grandes catégories les régimes proposés aujourd’hui : hyperprotéinés, hypocaloriques, dissociés, exclusifs. Chacun a ses avantages… mais hélas, surtout ses inconvénients.

Régimes en mode loufoque

Si l’on ajoute à la litanie des régimes self-service les recettes loufoques du jeûne systématique censé nous purifier le corps ou du « régime préhistorique » qui nous réconcilierait avec nos gènes ancestraux de chasseurs-cueilleurs de la glorieuse époque du paléolithique, il n’y a guère qu’un conseil à donner : consultez votre médecin qui vous orientera éventuellement vers un(e) nutritionniste ou un(e) diététicien(ne) !

Hyperprotéinés : la folie du moment

C’est le must du must, le hype du hype (Dukan, Fricker, vous connaissez ?). Pourtant, les régimes hyperprotéinés ne datent pas d’aujourd’hui puisqu’ils ont vu le jour aux USA dans les années 60. Leur principe : réduire les graisses et les sucres et compenser cette réduction par une alimentation riche en protéines (viande, poissons, oeufs...).

LES PLUS : Ce type de régime est efficace et très rapide. La perte de poids moyenne peut être de 5kg en une semaine, avec une fonte musculaire limitée. Il n’y a aucune sensation de faim, donc pas de sensation d’effort, avec une succession de phases permettant en principe la stabilisation du poids et un retour à l’équilibre.

LES MOINS : Les apports en protéines et en sel sont supérieurs à la moyenne recommandée et, selon l’ANSES, risquent à terme de perturber le fonctionnement des reins et de menacer le coeur. Des troubles de l’ovulation peuvent survenir chez les jeunes femmes. Il est essentiel de ne pas prolonger la phase d’attaque au-delà de quelques jours.

Hypocaloriques : moins et mieux

C’est un grand classique de la cure amaigrissante : il s’agit de réduire les apports énergétiques en limitant le sucre et les graisses. Pour parvenir à conserver néanmoins une alimentation variée, la nécessité d’une certaine discipline s’impose au quotidien (le plus en vogue actuellement est le régime du Dr Jean-Michel Cohen).

LES PLUS : La plupart des régimes hypocaloriques, en obligeant le corps à puiser dans ses réserves, permettent généralement une perte de poids rapide dans un temps assez court.

LES MOINS : Les moins découlent des plus : restrictifs, ces régimes peuvent entraîner certaines carences (minéraux, vitamines, fer ou calcium) et de la fatigue. Exigeants en termes de discipline, ils sont souvent suivis d’une reprise de poids rapide.

Dissociés : de tout, pas en même temps

Parce que l’association de certains aliments fait grossir, il s’agit d’en organiser la prise. Le principe de ces régimes est de ne consommer qu’une seule famille d’aliments par jour (le plus célèbre, le régime Montignac, a longtemps été le bréviaire des hommes d’affaires…).

LES PLUS : Des régimes simples, des pertes de poids peu spectaculaires mais pratiquement pas de risques de carences. Ils sont également moins contraignants que la plupart des autres régimes.

LES MOINS : Un grand classique de l’effet yo-yo. On regagne vite ce que l’on a mis du temps à perdre. Ces régimes sont difficiles à suivre sur le long terme, car monotones. Le fait qu’ils ne reposent de surcroît sur aucune base scientifique est-il un handicap ?

Exclusifs : ségrégation alimentaire

Ce type de régime consiste à exclure impitoyablement une ou plusieurs catégories d’aliments lors des repas (ses figures emblématiques : Atkins ou Mayo).

LES PLUS : perte de poids rapide et violente à peu près assurée.

LES MOINS : Exposition probable à des carences en vitamines, minéraux et protéines. La fatigue ressentie est due à une fonte musculaire, qui accentue la perte de poids). Une alimentation normale - même très équilibrée - en sortie de régime provoque une reprise de poids.

Les recalés de l’ANSES

A la fin de l’an dernier, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) a publié un rapport à fort retentissement médiatique dont les conclusions descendent en flamme la plupart des régimes les plus en vogue sur le marché de l’amaigrissement.

Le club des 15 est constitué, dans l’ordre alphabétiques des : Régime du Dr Atkins, Régime Californien du Dr Guttersen, Régime « Citron détox », Régime de la Chrononutrition du Dr Delabos, Régime du Dr Cohen, Régime du Dr Dukan, Régime du Dr Fricker, Régime Mayo, Régime Miami du Dr Agatston, Régime Montignac, Régime du Dr Ornish, Régime Scarsdale du Dr Tarnower, Régime de la Soupe au chou, Régime Weight Watchers, Régime Zone de M. Sears. ?

Pour en savoir plus, consulter "L'ANSES dénoncent les pratiques à risque des régimes amaigrissants"

SOURCE : BIENSÛR Santé

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