Les régimes amaigrissants : une pratique à risque ?

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La toute récente expertise de l’Anses sème un gros trouble dans la vogue (lucrative) des régimes pour maigrir (cf page 6). Globalement, à des degrés divers, aucun des 15 régimes évalués (sélectionnés sur la base de leur popularité) ne respecte les Apports Nutritionnels Conseillés, ce qui entraîne des déséquilibres nutritionnels avec de possibles conséquences négatives sur la santé physique et psychologique.

Plus spécifiquement, chez l’enfant et l’adolescent, la restriction calorique entraîne un ralentissement de la croissance et du développement pubertaire. Chez les seniors, la perte de poids accélère la déminéralisation osseuse et la fonte musculaire. Chez la femme sportive, le déficit calorique s’accompagne de troubles du cycle, qui peut aller dans certains cas jusqu’à l’arrêt des règles, avec perte osseuse et anomalies métaboliques. Tout ceci est d’autant plus dommageable que 80% des sujets reprennent du poids, et quelquefois plus que ce qu’ils ont perdu : le fameux effet yoyo.

Le déséquilibre nutritionnel en est pratiquement toujours la conséquence : excès de protéines ou de lipides, de sel, manque de glucides, fibres, calcium, magnésium, vitamines C, D et E sont constatés au cours de diverses phases de ces régimes. Avec des effets néfastes sur le fonctionnement du corps et tout un cortège de risques : déminéralisation osseuse, fonte musculaire, atteintes cardiaques, hépatiques, rénales...

A chaque fois est en cause l’excès ou le manque de certains nutriments ou micronutriments. Il faut y ajouter les retentissements psychiques liés au régime : dépression, perte d’estime de soi, anorexie, boulimie... Pour quel résultat ? Un bouleversement du métabolisme énergétique, à l’origine de reprises de poids de plus en plus importantes. Plus on multiplie les régimes et plus on risque de grossir encore plus. L’ANSES préconise une alimentation diversifiée pour tous.

Certes le surpoids et l’obésité sont devenus un enjeu de santé publique. Mais cela ne justifie pas les dérives : la dictature de la minceur fait qu’un grand nombre de femmes de poids normal s'auto-prescrivent des régimes restrictifs. Alors que les conclusions du rapport de l’Anses sont très claires : en l’absence d’excès de poids, les régimes constituent des pratiques à risque. Et en cas d’excès de poids, il est indispensable de se faire accompagner par un professionnel, médecin ou diététicien, pour concilier diagnostic, objectif, prise en charge, amaigrissement, alimentation adaptée et activité physique.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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