Les recommandations de l'Académie Nationale de Médecine pour l'alimentation du nouveau né et du nourrisson

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Un groupe de travail (Nutrition, Eaux de consommation et risques alimentaires) de la Commission XI de l'Académie Nationale de Médecine, qui s'est constitué et réuni en 2007 et 2008, vient d'adopter et publier le 24 février 2009 son dernier rapport « Alimentation du nouveau né et du nourrisson ». Son but, à travers une clarification nécessaire s'appuyant sur une diététique basée sur des preuves scientifiques, était de définir des règles simples et pratiques concernant l'alimentation du nourrisson et de l'enfant en bas âge, jusqu'à 3 ans.

« Les recommandations de l’Académie Nationale de Médecine pour l’alimentation du nouveau né et du nourrisson » - Crédit photo : © Vojtech Vlk - Fotolia.com L’alimentation des premières semaines de vie a un rôle dans l’apparition de phénomènes pathologiques chez l’enfant et de l’adulte. L’allaitement maternel doit être recommandé en première intention chez le nouveau né puis le nourrisson. Plusieurs études épidémiologiques sont en faveur d’un effet protecteur de l’allaitement maternel sur les infections digestives ou respiratoires dans la première enfance, sur des manifestations allergiques sous réserve qu’il soit exclusif et prolongé au moins de 4 mois et enfin sur l’apparition d’obésité, de diabète de type 1 chez l’enfant et de maladies cardio-vasculaires chez l’adulte.

Les contre indications de l’allaitement maternel sont exceptionnelles. En cas de refus ou d’impossibilité d’allaitement, les formules pour nourrisson à base de lait de vache dont la composition est régie par des recommandations et des directives européennes et françaises, doivent être données jusqu’à l’âge de 1 an. Le lait de vache entier ou demi écrémé ne doit jamais être utilisé avant l’âge de 1 an. Les laits hypoallergéniques ou formules de soja n’ont pas leur place dans l’alimentation du nourrisson normal. La diversification alimentaire doit débuter après l’âge de 5 mois.

Les recommandations de l’Académie Nationale de Médecine

1 L’Académie souligne la supériorité du lait maternel sur le lait de vache ou les formules pour nourrisson obtenus à partir du lait de vache pour l’alimentation du nouveau né et du petit nourrisson.

En effet, l’allaitement au sein favorise une meilleure maturation sensorielle, diminue le risque de  survenue d’eczéma, des infections intestinales et respiratoires, de la mort subite chez le nourrisson, de l’obésité et du diabète de type 1 chez l’enfant et à l’âge adulte des maladies cardio-vasculaires.

  • L’Académie suggère aux pouvoirs publics une politique plus active d’incitation à l’allaitement maternel depuis l’école et pendant la grossesse.
  • Elle souhaite que le congé maternité post natal soit allongé au moins jusqu’à 4 mois chez les mères qui allaitent exclusivement.
  • Elle rappelle qu’au cours de l’allaitement, il est nécessaire de s’abstenir de fumer, de ne pas consommer de l’alcool ni drogue et de limiter la prise de médicaments à l’indispensable et uniquement prescrit par un médecin.

2 En cas de refus ou de contre indication à l’allaitement, les préparations pour nourrisson et laits de suite sont indiqués jusqu’à l’âge de 1 an.

  • L’Académie préconise un enrichissement de ces formules en acides gras polyinsaturés à longue chaîne et en probiotiques.
  • Elle précise que, par sa richesse en protéines, sa carence en fer et en acides gras essentiels, le lait de vache (UHT) entier ou demi-écrémé n’a pas sa place dans l’alimentation du nourrisson avant l’âge d’un an.
  • Elle constate une prolifération des formules (lait antirégurgitation, lait anticolique lait de confort etc..) en France qui n’existe pas dans les pays voisins ou en Amérique du Nord. Cette multiplicité ne se justifie pas scientifiquement.

3 L’âge de la diversification alimentaire doit se situer après l’âge de 5 mois et avant 7 mois

L’Académie fait remarquer l’intérêt des petits pots pour nourrisson dont la composition régie par une directive européenne est parfaitement adaptée à la diversification alimentaire.

4 Les préparations hypoallergéniques (lait HA) sont recommandées chez les enfants nés de famille à risque (1 ou 2 parents allergiques)

  • Toutefois, l’Académie observe que, si leur action est certaine sur les affections telles que l’eczéma, l’effet de prévention sur les allergies respiratoires ou sur l’apparition d’une allergie dans l’enfance reste discuté.
  • Elle met en garde : La source protéique ou la qualité de l’hydrolyse diffère selon les préparations et une préparation peut ne pas avoir les mêmes effets qu’une autre d’une marque concurrente.
  • Elle rappelle que les formules de soja par leur contenu en phytates et en phyto-oestrogènes n’ont aucun avantage nutritionnel sur les formules pour nourrisson, ni d’effet protecteur vis-à-vis de l’allergie aux protéines du lait de vache ou l’infection.

5Après l’âge de 1 an.

  • L’Académie précise que les laits de croissance préconisés à cet âge ne sont pas régis par une directive européenne.
  • Elle recommande que ces préparations enrichies en fer, en vitamine D et en acides gras essentiels devraient être administrées en priorité chez le nourrisson, la quantité optimale ne devant pas dépasser 500 ml.
  • Elle déconseille fortement le grignotage et les boissons sucrés.

Pour de plus amples informations, consulter le rapport complet

SOURCE : Académie Nationale de Médecine

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