Les quatre dimensions de preuves de l'efficacité des interventions pour augmenter la consommation fruits et légumes

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Le rapport « Politiques et actions pour la prévention du cancer » (Policy and Actions for Cancer Prevention) évalue les preuves dans quatre dimensions : l'environnement physique, économique, social et personnel. Nous présentons chacune de ces dimensions par rapport aux fruits et légumes.

L’environnement physique : à fois naturel et urbain

« Les quatre dimensions de preuves de l’efficacité des interventions pour augmenter la consommation fruits et légumes » - Crédit photo : © microimages - Fotolia.com L’environnement physique concerne à la fois l’environnement naturel et urbain. Encourager les petites propriétés, les petites fermes et les jardins individuels peut augmenter la disponibilité des fruits et légumes. Dans les pays développés, les programmes qui incitent les particuliers à produire leurs propres fruits et légumes deviendront de plus en plus attractifs à mesure de l’augmentation du prix d’achat des aliments.

L’emplacement des supermarchés affecte la disponibilité et l’accessibilité aux aliments et boissons sains. Dans les supermarchés et les autres points de vente au détail et en gros, il est important d’accorder un emplacement prioritaire aux aliments et boissons sains. Enfin, les changements climatiques pourraient avoir un impact significatif sur la production globale de fruits et légumes, même si à présent, on ne sait pas encore quels seraient les effets bénéfiques ou néfastes.

La dimension économique influence l’alimentation

Les facteurs économiques influencent la quantité, la qualité et le type d’aliments et de boissons consommés. Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, les prix des fruits et légumes ont baissé par rapport aux indices de consommation. Cependant, la majorité des personnes dans ces pays ne consomment pas 5 portions de fruits et légumes chaque jour; la seule réduction des prix reste insuffisante. Il y aurait des preuves que les personnes à faibles revenus consomment moins de fruits et légumes et que certaines interventions seraient bénéfiques.

Par exemple, il est démontré qu’offrir des bons d’achats pour les fruits et légumes, à des mères dont les revenus sont faibles, augmente leur consommation de fruits et légumes. Un étiquetage nutritionnel clair, simple, uniforme et explicite est également important. Des nouveaux comportements sont mieux acceptés s’ils sont accompagnés par des campagnes d’information et d’éducation (par exemple, les étiquetages "feux de signalisation" au Royaume-Uni).

Alors qu’il existe peu de publicité et de promotion des aliments sains, il est prouvé que la promotion des fruits et légumes dans les supermarchés peut en augmenter la consommation. Ainsi, la campagne nationale américaine "5 par jour pour une meilleure santé" a augmenté la consommation en diffusant les informations dans les médias et les supermarchés.

La dimension sociale, un facteur essentiel

La dimension sociale prend en compte l’origine ethnique, la culture, la religion ainsi que les établissements scolaires, le lieu de travail et la famille. Il est reconnu que les établissements scolaires constituent un bon endroit pour des interventions visant à promouvoir une alimentation saine. Il s’agit aussi bien des déjeuners à la cantine que des choix dans les distributeurs. Introduire, ou renforcer, des programmes théoriques et pratiques sur la nutrition est également efficace.

Des initiatives en faveur de la santé sur les lieux de travail peuvent s’avérer utiles pour augmenter la consommation de fruits et de légumes. Les inégalités sociales sont importantes. Ainsi, appartenir à une classe socio-économique élevée dans un pays développé est associé à une plus forte consommation de fruits et légumes. Réduire la "fracture sociale" nécessite une forte volonté politique et un véritable engagement de la part de tous les acteurs.

La dimension personnelle est à prendre en compte

La dimension personnelle, enfin, englobe les habitudes et valeurs familiales, les connaissances théoriques, les attitudes et croyances et l’état de santé. Il existe des preuves qu’impliquer la famille, les amis ou des communautés unies, dans des interventions encourageant des habitudes de vie saine, augmente l’efficacité de ces interventions. Il est plus facile de s’alimenter sainement lorsqu’on est soutenu par sa famille et ses amis.

De plus, préparer, cuisiner et partager des repas en groupe, comme en famille, enseignent très tôt des habitudes de vie saine. Il est prouvé que les interventions cherchant à modifier les habitudes alimentaires sont plus efficaces lorsqu’elles englobent un volet d’éducation nutritionnelle. Cependant, la simple connaissance théorique d’habitudes de vie saine ne modifiera pas forcément l’alimentation. Les tentatives pour renforcer ou modifier les comportements seront plus efficaces et durables si elles sont soutenues par les professionnels de la santé et d’autres acteurs, comme les gouvernements. La probabilité de réussite des modifications de comportement alimentaire augmentera lorsque les politiciens et les acteurs prendront en compte l’impact de données comme l’âge et le sexe. Il faut adapter les programmes aux personnes à chaque stade de leur vie.

En conclusion, il y a des preuves que les politiques et les actions pour augmenter la consommation de fruits et légumes peuvent être efficaces, surtout si elles sont multifactorielles et impliquent plusieurs groupes d’acteurs. Les programmes durables, soutenus par toutes les parties prenantes, y compris les gouvernements, les associations, les organisations professionnelles, les industriels, les employés et les médias, sont les plus efficaces.

Le réseau mondial du WCRF

Il s’agit d’un réseau d’associations dédiées à la prévention et au contrôle du cancer par une alimentation et un mode de vie sains. Ce réseau est composé du siège stratégique, World Cancer Research Fund International (WCRF International : www.wcrf.org), basé au Royaume Uni et de ses membres, associations nationales dans différents pays.

(Par Rachel Thompson, Responsable du programme Scientifique (nutrition) WCRF International - Equation Nutrition Numéro Spécial - WCRF : Rapport 2008)

SOURCE : APRIFEL

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