Les préparations au soja pour bébés inquiètent les pédiatres

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La société canadienne de pédiatrie fait part de ses inquiétudes sur l'utilisation des préparations à base de soja pour l'alimentation des nourrissons. Des inquiétudes partagées avec les autres sociétés pédiatriques d'Europe, des Etats-Unis, d'Australie, de Nouvelle Zélande... Et qui conduisent à limiter très largement le recours à ces préparations.

« Les préparations au soja pour bébés inquiètent les pédiatres » - Crédit photo : www.vivrefemme.net Pour les pédiatres et diététiciens canadiens, l’allaitement maternel est la « méthode optimale » pour l’alimentation des nourrissons. A défaut, bien sûr, les préparations lactées infantiles. Il y a une dizaine d’années, ils laissaient une place limitée aux préparations à base de soja, pour des raisons médicales, culturelles ou religieuses. Mais déjà ils s’étonnaient que 20 % des nouveau-nés canadiens soient nourris avec ces préparations. Soit beaucoup plus que les catégories qu’ils jugeaient concernées !

Aujourd’hui on connaît mieux les phytoestrogènes (essentiellement des isoflavones) contenus dans lesdites préparations. Ces substances d’origine végétale exercent une activité potentiellement comparable à celle des estrogènes, une des hormones sécrétées par l’ovaire féminin. Et des taux très élevés d’isoflavones se retrouvent dans le sang des nouveaux-nés « nourris au soja ». Heureusement, ces isoflavones ne semblent pas biologiquement très actifs.

Sans être transposables à l’homme, les expérimentations animales sont plus inquiétantes. Elles évoquent des risques pour la fertilité, le développement des organes sexuels, le système immunitaire, voire l’apparition de cancers... Chez les femmes adultes qui ont pris des préparations à base de soja après la naissance, on a trouvé une augmentation possible des allergies, ainsi que des règles plus longues et plus inconfortables. Chez le nouveau-né en bonne santé, la croissance et l’état nutritionnel semblent normaux. Chez les prématurés, l’usage de ces préparations est nettement déconseillé. De même que chez les bébés atteints d’hypothyroïdie congénitale.

Pour beaucoup de spécialistes, les risques potentiels restent préoccupants : il n’y a ni raisons médicales ni bénéfices à utiliser les préparations au soja. Et l’argument de l’allergie aux protéines du lait de vache ne tient plus, car une allergie aux protéines du lait de vache n’empêche pas d’avoir une allergie aux protéines du soja ! D’où le risque de remplacer le lait par du soja. La distinction entre les différentes allergies est du ressort du spécialiste allergologue. Le médecin traitant ne peut pas la faire et, dans le doute, il doit éviter le recours au soja. En cas d’allergie aux protéines du lait de vache, les pédiatres recommandent aujourd’hui les préparations à base de protéines ultra-hydrolysées.

Les préparations au soja doivent être évitées pour quelque indication que ce soit lorsqu’elles sont l’unique source d’alimentation du nourrisson. Le personnel médical recommande occasionnellement les préparations au soja en cas de diarrhée ou de coliques du nourrisson, révèle une enquête israélienne. Mais la même enquête montre aussi que c’est la préférence personnelle des mères (sans aucune justification médicale) qui a une influence décisive sur leur utilisation !

(Paediatrics and Child Health, volume 14, n° 2, p. 114-118.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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