Les pratiques alimentaires des Français... et comment les améliorer

lu 7244 fois

Nos pratiques alimentaires ont beaucoup évolué au cours des dernières décennies. Les apports énergétiques ont augmenté. La grande distribution a pris une part importante dans les circuits d’approvisionnement. L’usage des produits prêts à consommer s’est répandu. La restauration hors domicile a aussi progressé.

Rendus publics en 2010, les résultats d’une expertise collective sur les comportements alimentaires des Français livrent une photographie de nos pratiques et quelques pistes pour les optimiser, en 2011 et après...

Depuis 1960, la part des aliments issus de l’industrie dans nos assiettes est de l’ordre de 80- 85 % et leur technicité bénéficie de progrès incessants. Alors que la consommation de glucides issus des féculents et des céréales (pain, pâtes, pommes de terre, légumes secs…) a diminué, celle de produits transformés a augmenté : pâtisseries industrielles, desserts lactés frais, soupes et plats préparés sont d’utilisation courante.

Le répertoire des repas s’est aussi élargi : à côté du repas traditionnel et du repas de fête, on a fait place au plateau-repas et aux en-cas. Pourtant, l’alimentation à la française reste une réalité bien spécifique, avec ses particularités régionales. La France occupe une place intermédiaire entre les pays du nord de l’Europe et ceux du sud.

Le modèle français reste stable avec 3 repas par jour, 3 plats par repas, les horaires réguliers et le temps passé à table. Ce modèle concerne toujours 9 Français sur 10. Nous restons attachés au dîner pris en famille ou partagé avec des amis, à la convivialité. Et nous aimons parler de ce que nous mangeons !

Cela dit, la menace de la « malbouffe », du surpoids et des maladies associées préoccupe les autorités sanitaires. D’où les campagnes d’information nutritionnelle. Appliquées à l’ensemble de la population, elles sont, d’après les chercheurs de l’INRA, difficiles à évaluer et relativement peu efficaces : elles modifient sans doute les connaissances et les perceptions, mais beaucoup moins les comportements. Les messages publicitaires sont par ailleurs contradictoires.

Face à la cacophonie, le consommateur a du mal à s’approprier les recommandations nutritionnelles. De plus, les messages sanitaires sont souvent jugés culpabilisants et anxiogènes, notamment par les catégories défavorisées. Et ils ne sont pas toujours facilement traduisibles en pratique quotidienne. Le message sur les fruits et légumes est bien connu, mais il suscite toutes les interprétations sur la taille des portions à consommer. Son application peut être mal comprise ou détournée : 5 jus de fruits ne font pas 5 fruits et légumes par jour ! Les bandeaux accompagnant les spots publicitaires sont parfois perçus comme un encouragement à consommer le produit.

Tout cela orienterait plutôt aujourd’hui vers des actions ciblées : enfants, milieu scolaire, personnes âgées, femmes enceintes, personnes en surpoids, populations défavorisées, etc Les campagnes d’information sont sans doute appelées à se sectoriser, pour devenir plus adaptées et plus précises.

« Les comportements alimentaires. Quels en sont les déterminants ? Quelles actions, pour quels effets ? » Expertise scientifique collective, INRA (France).

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s