Les politiques prônant une alimentation saine sont-elles vraiment efficaces ?

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Les nombreuses campagnes des gouvernements de l'UE lancées ces dernières décennies dans le but d'encourager les gens à manger plus sainement ont connu un certain degré de réussite ou d'échec. Aujourd'hui, un nouveau projet financé par l'UE à hauteur de 2,5 millions d'euros et mené par l'université de Reading au Royaume-Uni catalogue ces campagnes afin de déterminer celles qui se sont révélées efficaces ou non, et les raisons de ces réussites ou échecs.

« Les politiques prônant une alimentation saine sont-elles vraiment efficaces ? » - Crédit photo : © Ljupco Smokovski - Fotolia.com Réunissant neuf partenaires, le projet EATWELL («Interventions to promote healthy eating habits: evaluation and recommendations») d’une durée de trois ans est financé au titre du thème «Alimentation, agriculture et pêche, et biotechnologie» du septième programme-cadre (7e PC). Il se penchera sur la façon dont le secteur public peut promouvoir une alimentation saine auprès du public ainsi que sur les obstacles pouvant être rencontrés dans différents pays.

D’après le Dr Bhavani Shankar de la faculté d’agriculture, de politique et de développement de l’université de Reading, « il est facile d’accuser l’ingérence de l’État dans la détermination des choix alimentaires. En effet, un État-providence spécifiant ce que tout un chacun doit consommer peut évoquer des visions "orwelliennes" ». Toutefois, la raison de l’implication du gouvernement dans les questions de choix alimentaires devient de plus en claire.

« L’obésité, en partie due aux choix alimentaires, représente désormais entre 5% et 7% de la totalité des coûts liés aux soins de santé en UE. En plus de son impact sur le développement de l’obésité, un régime alimentaire de mauvaise qualité contribue directement au développement de toute une gamme de maladies évitables qui ne font que rajouter aux dépenses liées aux soins de santé ».

Pour les services de soins de santé en UE, ces dépenses s’élèvent à environ 70 milliards d’euros par an et engendrent une perte de productivité. L’alimentation riche en glucides, en lipides et en sel du Royaume-Uni, qui est réputé pour ses régimes alimentaires les plus déplorables d’Europe de l’Ouest, est directement responsable de la vague d’obésité connue tant chez les adultes que chez les enfants et qui contribue à une variété d’autres maladies liées au régime alimentaire, notamment le diabète et les maladies cardiovasculaires. Au total, environ 70000 citoyens britanniques meurent prématurément chaque année en raison d’une maladie liée à l’alimentation.

« Dans le cas du Royaume-Uni, les mauvais choix alimentaires de ses habitants se traduisent par une augmentation des coûts du service national de santé [NHS, pour National Health Service] pour tous », a commenté Bruce Traill, professeur en économie alimentaire à l’université de Reading. « Ainsi, mis à part le fait d’essayer de sauver des vies en encourageant une alimentation plus saine, une intervention gouvernementale en la matière agirait au profit de tous. Notre recherche se penchera sur la gamme d’interventions politiques qui ont été effectuées dans les pays de l’UE et partout ailleurs par le passé. Nous souhaitons particulièrement déterminer comment l’expertise marketing du secteur privé pourrait être adoptée de façon efficace par des campagnes alimentaires saines du secteur public ».

Parmi les précédentes politiques gouvernementales de l’UE sur l’alimentation figuraient l’interdiction des publicités télévisées durant les programmes pour enfants sur la « junk food » (produits alimentaires ne présentant aucune qualité nutritionnelle), la promotion de la consommation de fruits et légumes, la création d’un modèle d’étiquetage des aliments et une amélioration des repas proposés dans les cantines scolaires et dans le secteur public afin d’encourager les enfants et les adultes à faire des choix alimentaires plus sains.

EATWELL rassemblera des données sur les précédentes initiatives consacrées à une alimentation saine, la façon dont les consommateurs ont réagi à ces dernières et l’impact de ces initiatives sur l’obésité et les niveaux de santé. Les conclusions seront présentées aux États membres de l’UE et à la Commission européenne.

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Source : Copyright © Communautés européennes, 2009

SOURCE : Communautés européennes

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