Les pédiatres s’alarment des peurs alimentaires

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Lait, viande, OGM, sucre... Dans leurs consultations, les pédiatres entendent l’écho des rumeurs infondées qui courent sur certains aliments. Pour que les peurs alimentaires arrêtent de nuire à la santé des enfants, la société française de pédiatrie a rendu publique une vigoureuse mise au point. Message aux parents : n’ayez pas peur !

Les parents ont les meilleures intentions du monde : ils veulent protéger leurs enfants. Mais comment ne prêteraient-ils pas l’oreille aux bruits divers que l’on entend à propos des aliments ? Ce que l’on retient le plus facilement, ce sont évidemment les éléments d’inquiétude. Hélas, ils sont souvent injustifiés, expliquent les pédiatres.

Le lait : un aliment essentiel. Les pédiatres estiment que le lait est l’objet n° 1 des peurs alimentaires de bon nombre de parents. Des rumeurs sans aucun fondement scientifique lui attribuent pêle-mêle infections à répétition, otites, bronchites, asthme, eczéma, allergies... Certains parents vont jusqu’à proscrire le lait pour éviter les allergies à leurs jeunes enfants. Certes, il existe d’authentiques allergies au lait, mais elles sont loin d’être une généralité et leur diagnostic revient en premier lieu aux pédiatres. D’autres parents sont aussi tentés de ne pas donner de lait même aux nourrissons ! Et de le remplacer par des substituts complètement inadaptés : boissons aux : soja, amande, riz, noisette... Un nourrisson de parents végétaliens est ainsi décédé faute d’avoir reçu les nutriments nécessaires à la vie, révèle la société française de pédiatrie.

Les enfants privés de calcium risquent au minimum des altérations de la croissance et de la santé osseuse. Une minéralisation osseuse défaillante, tout en passant inaperçue, entraînera plus tard des risques de fractures ostéoporotiques, voire des fractures de fatigue chez les sportifs... « Consommer du lait toute sa vie est nécessaire, rappellent les pédiatres. Un adulte a besoin de 1 g de calcium par jour, ce qui est beaucoup en regard de ce qu’apporte un petit verre de lait (180 mg), rappellent les pédiatres. Cela montre la nécessité d’en consommer très régulièrement, à tout âge et sous toutes ses formes ».

La viande : indispensable pour le fer. En dehors des laits infantiles, la viande est le seul aliment qui apporte du fer de manière absorbable. Or, les laits de croissance sont souvent arrêtés vers 2 ou 3 ans. La viande est indispensable pour éviter les carences en fer chez les enfants.

OGM : la peur de l’inconnu. « Aujourd’hui aucun élément scientifique objectif ne permet de donner la moindre inquiétude sur les conséquences des OGM chez l’enfant », indiquent les pédiatres.

Pesticides : le bio n’y échappe pas. En Europe, la nourriture infantile est soumise à une réglementation très stricte, notamment pour son contenu en pesticides. Il n’y a aucune différence entre les produits infantiles bio et non bio. Il est d’ailleurs illusoire de penser que le bio est dénué de tout pesticide : il peut contenir des pesticides naturels, potentiellement toxiques pour l’homme...

Sucre : ne pas le diaboliser. L’enfant a une appétence innée pour le sucré. Ce qui ne signifie pas addiction : il aura le temps d’apprendre à aimer moins sucré. Aucun argument scientifique ne justifie la peur maniaque du sucre. Comme pour la viande et les autres aliments, tout est question de mesure.

L’important, c’est l’équilibre. Si l’on comprend bien les pédiatres, plutôt que tel ou tel aliment, c’est le déséquilibre alimentaire qui devrait faire peur !

(Communiqué de la Société française de pédiatrie, 8 avril 2011.)

Pour plus d'informations, consulter "Peurs Alimentaires : Quelles conséquences sur la santé de nos enfants ?"

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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