Les Palmes de l’Alimentation® : la contre-expertise dérangeante...

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Les Palmes de l’Alimentation®, lancées en 2012 dans le but de valoriser les démarches responsables des acteurs de l’industrie agroalimentaire pour leurs efforts en termes de nutrition et d’engagements durables, viennent tout juste de divulguer leur palmarès 2013. Cette initiative fort louable est née sous l'impulsion de deux nutritionnistes spécialisées dans le conseil en stratégie de communication nutrition - santé auprès d’acteurs de l’industrie agroalimentaire, en collaboration avec Noteo un système de notation de produits de grande consommation. Le problème ? Ce palmarès n'aide en rien le consommateur à faire de meilleurs choix alimentaires sains, bien au contraire !

Tout d'abord, comme le souligne à très juste titre Carole Albouy, dans son article "Les Palmes de l’Alimentation® ! C’est nouveau… Et ça vaut pas de l’or !" sur son blog culinaire Alter Gusto, avoir une bonne note n'est semble-t-il pas un critère de choix… pour être lauréat ! Alors c'est quoi ? Là est toute la question.

Après des mois de développement et mise au point, ces premières Palmes de l’Alimentation® représentaient donc le test idéal pour mon tout nouvel outil (pas encore disponible en ligne) de profilage nutritionnel destiné à vraiment simplifier les choix des consommateurs... Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat de cette "contre-expertise" est pour le moins tout aussi dérangeant que l'attribution de ces Palmes...

Les "Classes" (1 à 4) indiquées devant les noms des produits correspondent respectivement aux 4 catégories d'aliments (Favorables pour la santé, Neutres, Intermédiaires, Défavorables) générées par la méthode SAIN/LIM seule, validée par l'EFSA. La classe 1 correspond donc aux aliments de bon profil nutritionnel, qui devraient théoriquement représenter les 2/3 en poids des aliments ingérés chaque jour pour être en adéquation avec les recommandations du PNNS...

D'un coup d'oeil, on se rend vite compte de la valeur toute relative de ce 1er Palmarès du genre ! Seulement 4 "Classe 1" sur 39 produits récompensés (40 annoncés, 38 sur le site et 39 dans le dossier de presse)... pour 21 "Classe 4" !!! C'est malheureusement assez représentatif de l'état de l'offre alimentaire totalement inadaptée produite par les industriels de l'agroalimentaire et présente dans les circuits de distribution...

Donc un des moyens les plus efficaces pour "cacher la misère" et masquer cette aberration finalement trompeuse pour le consommateur était peut-être de noyer l'aspect nutrition/santé (essentiellement défavorable dans ce palmarès) dans la note globale avec des notations aussi floues qu'invérifiables, mesurant l'impact social et environnemental, notions où les informations sont rarement suffisantes et fiables (c'est déjà compliqué pour la traçabilité de la viande - produits qui ont curieusement été volontairement exclus)... Mais nous avons vu précédemment que la notre globale n'était pas non plus le critère d'attribution, d'où la question lancinante de l'indépendance et l'impartialité de ce dernier.

Même si les notions d'impact social et environnemental sont évidemment importantes, et encore plus à l'heure actuelle, particulièrement pour des produits non-alimentaires, elles restent tout à fait secondaires en regard de l'aspect nutrition/santé d'aliments que nous allons ingérer et incorporer journellement dans notre organisme...

Ainsi l'algorithme de mon outil d'évaluation présenté ici en avant première et en exclusivité est donc basé uniquement sur des critères nutrition/santé et repose principalement sur le SAINCat/LIM, qui tient compte en plus de la catégorie dominante à laquelle l'aliment appartient, pondéré par les informations réglementaires contenues dans la liste d'ingrédients (additifs et substances indésirables), les labels de qualités (reconnus, avec certification) et enfin un certain nombre d'indicateurs nutritionnels avancés - si les données suffisantes pour les calculer sont renseignées -, sachant que leur absence - volontaire ou non -, ne peux que jouer en défaveur du produit...

Les catégories obtenues, plus discriminantes, peuvent toutefois être mises en correspondance avec les "Classes" évoquées plus haut :

  • Classe 1
    • A : à privilégier fréquemment à volonté
    • B : à privilégier régulièrement à volonté
  • Classe 2
    • C : à consommer régulièrement avec modération
  • Classe 3
    • D : à consommer quelquefois avec modération
    • E : à consommer occasionnellement avec modération
  • Classe 4
    • F : à limiter occasionnellement en petite quantité
    • G : à limiter exceptionnellement en petite quantité

Il en résulte un avis de consommation visuel et textuel, sur une base de "feux tricolores" (système d'étiquetage rejeté par le Parlement Européen après un lobbying intense de l'industrie agroalimentaire - plus de 1 milliard d'euro dépensés), assortis d'une lettre informative d'évaluation correspondant à une notion simple de fréquence et quantité de consommation recommandées...

Source : Alexandre Glouchkoff

SOURCE : Toute la diététique !

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