Les oméga 3 : le point sur leurs effets bénéfiques

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L’année 2012 a été marquée par la publication de nombreux articles sur les acides gras oméga 3. Après l’exaltation, parfois un peu exagérée, est venu le temps de l’examen critique. Tantôt là encore vraisemblablement excessif, tantôt plus nuancé. Dans diverses situations, l’usage des compléments n’est pas validé par des preuves scientifiques solides. Ce qui reste vrai néanmoins, c’est le déséquilibre dans notre alimentation du rapport oméga 3 / oméga 6. Au détriment des oméga 3. Il semble donc toujours judicieux de manger du poisson deux fois par semaine !

Pour le coeur

Les oméga 3 pourraient avoir un léger intérêt en cas d’hypertension légère [1]. Un effet aussi sur les taux de triglycérides sanguins. Sans toutefois que l’on puisse clairement les recommander comme des « anti-syndrome métabolique » [2]. Un effet aussi sur les marqueurs biologiques de l’inflammation, potentiellement intéressant à l’encontre des maladies cardiovasculaires et d’autres maladies chroniques, rénales par exemple : mais, là encore, aucune recommandation claire ne peut être donnée [3]. Un effet favorable enfin (via les oméga du poisson) sur l’insuffisance cardiaque est signalé [4].

Une revue des études conclut à l’efficacité des oméga3 (dans l’alimentation ou en suppléments) pour prévenir les événements cardiovasculaires et les morts cardiaques, en particulier chez les personnes à haut risque [5]. Mais une autre revue systématique conclut que la supplémentation n’est pas associée à un plus faible risque de mortalité toute cause, de mort cardiaque, de morts soudaine, d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral [6] …

Chez les seniors

Pas de preuve définitive que les oméga3 améliorent la qualité de vie, le métabolisme ou permettent de mieux lutter contre les maladies [7]. Les compléments d’oméga3 sont aussi déconseillés dans l’espoir de prévenir ou de retarder le déclin cognitif [8]. On a aussi étudié les effets sur l’ostéoporose des apports d’oméga 3 de l’alimentation, des aliments fortifiés et des suppléments : pas de résultats certains, sauf pour dire que les apports de calcium sont très utiles [9] ! Dans la polyarthrite rhumatoïde, un effet modeste des oméga3 sur les douleurs, l’activité quotidienne et l’utilisation des anti-inflammatoires a été évoqué [10].

Enfin, les oméga3 ont fait l’objet d’une étude dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), principale cause de cécité dans les pays industrialisés. Ils pourraient agir en synergie avec les caroténoïdes qui composent le pigment de la macula, et donc avoir un certain effet protecteur contre la DMLA [11] …

Pendant la grossesse, chez les enfants, les jeunes adultes…

Les suppléments d’oméga3 (DHA en particulier), pris pendant la grossesse ou l’allaitement, n’auraient pas d’effets clairs sur la croissance, le développement cognitif ou encore l’activité visuelle de l’enfant [12]. On suppose qu’un statut maternel inadéquat en DHA peut influer sur le développement neurocognitif, mais il n’y a pas d’étude solide prouvant le bénéfice d’une supplémentation [13]. Pas d‘effet prouvé non plus des oméga3 sur le risque d’accouchement prématuré [13]. Une étude mentionne, sans conclusion définitive, une corrélation possible entre les taux sanguins d’oméga 3 et la mémoire chez les jeunes adultes [14]…

Pas d’effets sur le poids

Les suppléments d’oméga 3 ne semblent pas influer sur le poids corporel des adultes [15]. Quand ils ont été pris par les mères, ils n’ont pas non plus d’effet sensible sur le poids de naissance ni sur le poids de l’enfant à court terme [15], ni sur la composition corporelle [16].

Références

  1. Cabo J, et al. Br J Nutr 2012; 107 Suppl 2: S77-S84.
  2. Lopez-Huertas E. Br J Nutr 2012; 107 Suppl 2: S185-S194.
  3. Rangel-Huerta OD, et al. Br J Nutr 2012; 107 Suppl 2: S159-S170.
  4. Wilk JB, et al. Am J Clin Nutr 2012; 882-888.
  5. Delgado-Lista J, et al. Br J Nutr 2012; 107 Suppl 2: S201-S213.
  6. Rizos EC, et al. JAMA 2012 ; 308(10) : 1024-1033.
  7. Ubeda N, et al. Br J Nutr 2012; 107 Suppl 2: S137-S151.
  8. Dangour AD, et al. Br J Nutr 2012; 107 Suppl 2: S152-S158.
  9. Orchard TS, et al. Br J Nutr 2012; 107 Suppl 2: S253-S260.
  10. Miles EA, et al. Br J Nutr 2012; 107 Suppl 2: S171-S184.
  11. Delyfer MN, et al. Invest Ophtalmol Vis Sci 2012 ; 53 :1204-1210.
  12. Campoy C, et al. Br J Nutr 2012; 107 Suppl 2: S85-S106.
  13. Larqué E, et al. Br J Nutr 2012 ; 107 Suppl 2: S171-S184.
  14. Narendran R, et al. PLoS One 2012; 7(10) e46832.
  15. Martinez-Victoria E, et al. Br J Nutr 2012; 107 Suppl 2: S107-S116.
  16. Rodriguez J, et al. Br J Nutr 2012 ; 107 Suppl 2 : S117-S128.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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