Les lipides du lait sont très utiles

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La matière grasse du lait et des produits laitiers n'a pas toujours eu bonne réputation. Et pourtant, les acides gras saturés qu'elle contient ne méritent pas d'être considérés comme « mauvais », explique le Pr Philippe Legrand (INRA, Rennes). Car ils exercent des fonctions importantes pour l'organisme...

« Les lipides du lait sont très utiles » - Crédit photo : www.produits-laitiers.com C’est un leitmotiv, une sorte de rite d’exorcisme : sous couvert de la lutte contre les maladies cardiovasculaires, les acides gras saturés sont régulièrement diabolisés. Il faut préciser qu’avant d’être apportés par l’alimentation, ils sont aussi fabriqués par l’organisme, le foie, le cerveau, le tissu adipeux... Et que les connaissances scientifiques les plus récentes leur attribuent des fonctions très importantes pour l’organisme.

Parmi les acides gras du lait, l’acide myristique, par exemple, très peu fabriqué par l’organisme, régule l’activité de certaines protéines et pourrait aider à la fabrication de certains acides gras nécessaires. C’est à tort qu’il a été accusé d’augmenter les taux de mauvais cholestérol (LDL). L’acide butyrique, lui, est crédité d’un rôle protecteur vis-à-vis du cancer du côlon. D’autres acides gras du lait encore, semblent pouvoir jouer un rôle dans le contrôle du poids...

D’où vient alors la mauvaise réputation des acides gras saturés ? Les études ont été menées avec des quantités très importantes, correspondant à des surconsommations dépassant de loin les excès alimentaires habituels, répond le Pr Legrand. Le problème des acides gras aujourd’hui, avant d’être celui de leur nature (saturés ou insaturés) est d’abord celui des quantités consommées.

Depuis que les expérimentations sont menées avec des doses raisonnables d’acides gras saturés (conformes aux recommandations), elles ne retrouvent pas les inconvénients si souvent dénoncés. Elles suggèrent, au contraire, plusieurs actions potentiellement bénéfiques sur la coagulation, l’hypertension, la prédisposition au diabète. Voire sur le cholestérol, l’athérosclérose ou encore les accidents vasculaires cérébraux ! Chez des hommes consommant au moins un produit laitier par jour, une étude montre une diminution de 40 % du syndrome métabolique (qui associe, obésité, hypertension, anomalies des graisses et des sucres du sang... ).

Hormis les acides gras saturés, le lait contient aussi 30 % d’acide oléique, un acide gras monoinsaturé présent dans l’huile d’olive et connu pour diminuer le mauvais cholestérol LDL. Loin de s’opposer aux huiles végétales, le lait mérite d’ailleurs d’être plutôt considéré comme leur complément naturel, apportant certains acides gras qu’elles ne contiennent pas...

Pour le Pr Legrand, on se trompe de cible en accusant les acides gras du lait. D’autres acides gras saturés, tels ceux apportés par l’huile de palme (présente dans nombre de snacks, biscuits apéritifs, etc) semblent bien plus redoutables. Pour l’obésité comme pour le syndrome métabolique et les maladies de civilisation, la comparaison avec le lait n’est pas en leur faveur.

Et pourtant, loin d’être malmenés par la rumeur médiatique, ils se coulent tranquillement dans notre alimentation ! Qualitativement, les lipides du lait ne méritent donc pas l’opprobre. Et quantitativement, ils ne sont pas les seuls dont la consommation doit rester raisonnable. Les acides gras saturés doivent représenter 8 à 10 % des apports énergétiques totaux. Dans ces conditions, il n’y a que des bénéfices à observer les recommandations de trois produits laitiers par jour.

(Cholé-Doc n° 105, 2008 - CERIN)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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