Les limites de stockage des adipocytes seraient à l'origine des problèmes de santé

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Selon une nouvelle recherche en partie financée par l'UE, les adipocytes des personnes obèses semblent avoir une limite dans la quantité de graisse qu'ils peuvent stocker. Une fois la limite atteinte, un nombre de processus biologiques sont déclenchés pour freiner l'expansion du tissu adipeux et pourraient provoquer certains problèmes de santé liés à l'obésité tels que le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.

« Les limites de stockage des adipocytes seraient à l'origine des problèmes de santé » - Crédit photo : © courtyardpix | istockphoto.com L'étude est publiée dans l'International Journal of Obesity et a reçu un soutien de l'UE à travers une subvention Marie Curie et dans le cadre du projet HEPADIP (« Hepatic and adipose tissue and functions in the metabolic syndrome »), qui a été financé au titre du domaine thématique «Sciences de la vie, génomique et biotechnologie au service de la santé» du sixième programme-cadre (6e PC). Les résultats permettraient d'expliquer pourquoi certaines personnes développent un diabète, des maladies cardiovasculaires et le cancer contrairement à d'autres.

« Nous ne comprenons pas totalement comment l'expansion du tissu adipeux est régulé chez les personnes saines et comment le processus de régulation pourrait être différent chez les personnes obèses qui présentent des problèmes de santé tels que le syndrome métabolique », expliquait le Dr Jaswinder Sethi de l'Institute of Metabolic Sciences de l'université de Cambridge au Royaume-Uni.

Certains scientifiques pensent que le stockage des graisses ne conduit pas directement au syndrome métabolique; mais plutôt qu'il existe une limite quant à la quantité de graisse pouvant être stockée en sécurité avant que l'organisme ne déclenche de nombreux problèmes de santé souvent liés à l'obésité.

Il s'avère qu'une protéine appelée SFRP1 (secreted frizzled-related protein 1), qui est produite par les adipocytes, est la clé de ce processus. Le taux de la SFRP1 croît au fur et à mesure que le volume de cellules et de tissus adipeux augmente. Selon l'équipe, il est évident que la SFRP1 encourage l'expansion du tissu adipeux.

Toutefois, les taux de la SFRP1 n'augmentent pas continuellement; en effet, ils atteignent leur pic lorsque l'individu est moyennement obèse. En fait, les taux de la SFRP1 diminuent progressivement chez les obèses morbides. Les chercheurs spéculent que la SFRP1 pourrait travailler avec d'autres molécules afin de réagir à la disponibilité de l'énergie; en cas de surplus d'énergie, ces molécules déterminent la façon dont nos tissus adipeux peuvent s'étendre.

La baisse des taux de la SFRP1 pourrait être la cause des problèmes métaboliques auxquels sont confrontés les obèses. Notamment, le tissu adipeux des personnes obèses atteintes de diabète présente une baisse des taux de la SFRP1.

« La SFRP1 semble être très étroitement liée à un seuil de tolérance, au-delà de ce seuil, la régulation des tissus adipeux change considérablement et a des conséquences importantes sur le métabolisme », commentait le Dr Sethi. « Nous pensons que chez les personnes très obèses, un évènement précoce déclencherait le syndrome métabolique et les problèmes de santé chronique associés, tels que le diabète et les maladies cardiovasculaires. »

Comprendre ces voies métaboliques complexes pourrait éventuellement contribuer au développement de traitements pour des maladies métaboliques associées à l'obésité. Comme le font remarquer les chercheurs, les taux d'obésité augmentent malgré les efforts pour promouvoir des changements de style de vie réduisant les chances de prendre plus de poids. Ces nouvelles découvertes pourraient avoir une « utilisation thérapeutique potentielle dans le traitement des complications métaboliques liées à l'obésité », concluent les chercheurs.

L'équipe en est arrivé à ces conclusions après avoir effectué un profilage génétique humain et des études génétiques sur des souris afin de découvrir ce qu'il se passe lors du développement de cellules et de tissus adipeux.

Un financement supplémentaire pour cette recherche a été accordé par le Biotechnology and Biological Sciences Research Council (BBSRC) et le Medical Research Council (MRC) du Royaume-Uni. Des scientifiques d'Espagne et de Finlande ont également participé à l'étude.

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Source : © Communautés européennes, 2010

SOURCE : Communautés européennes

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