Les jeunes face à leur santé

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HBSC (1), c’est sous ce sigle que l’OMS (2) a réalisé une vaste enquête internationale sur le comportement des jeunes d’âge scolaire en matière de santé. Entre 2009 et 2010, les 11- 15 ans de 43 pays ou régions d’Europe et d’Amérique du Nord ont été passés au scanner. Beaucoup de différences sont liées à l’âge, au sexe et au niveau de richesse de la famille. Mais d’un continent à l’autre, de grandes tendances se dessinent ou se confirment.

Globalement - on peut s’y attendre à ces âges -, ils sont plutôt en bonne santé et très contents de leur vie. Un niveau de satisfaction qui diminue un peu entre 11 et 15 ans, lors de l’adolescence. Et encore un peu plus chez les filles et dans les foyers aux revenus modestes.

Le souci du poids

Les filles parlent plus de surpoids à 15 ans qu’à 11 ans. Elles sont plus nombreuses à se sentir « trop grosses ». Le gain de masse grasse durant la puberté les incite volontiers au régime. Entre 13 et 15 ans commencent à se mettre en place des conduites visant à perdre du poids. Etre une fille prédispose aux régimes ! Pourtant, ce sont les garçons qui sont plus nettement en excès de poids. Plus volontiers adeptes du fast-food, alors que les filles ont plus le souci de « manger sain ». Ils sont aussi moins encouragés par leurs parents à contrôler les kilos en trop. Moins dociles de toute manière aux interventions préventives. Un faible niveau de revenus favorise aussi l’obésité, avec des choix d’aliments trop énergétiques et très peu d’activité physique.

Petit déjeuner en baisse

Entre 11 et 15 ans, on s’éloigne du petit-déjeuner. Encore plus les filles, qui l’évitent dans l’espoir de contrôler leur poids. Dans les familles aisées, le petit déjeuner est plus préservé et de meilleure qualité nutritionnelle.

Les fruits aussi…

Plus on grandit, moins on mange de fruits. Une tendance moins nette chez les filles (qui pensent à leur santé) et dans les catégories sociales supérieures. Ce sont ces catégories – convaincues d’avance - qui sont aussi les plus accessibles aux campagnes de promotion des fruits ! Alors que les plus défavorisées achètent les aliments les plus caloriques et les moins coûteux.

Plus de boissons sucrées

Leur consommation augmente avec l’âge, surtout chez les garçons. Moins chez les filles (par souci de santé ou de régime) et dans les catégories aisées. Avec une exception pour l’Europe de l’Est, où les boissons sucrées sont signe de richesse. Les plus faibles niveaux de consommation sont observés en Europe du Nord et dans les pays baltes.

Moins d’activité physique

Son niveau diminue entre 11 et 15 ans : on passe des jeux de l’enfance à des activités plus structurées. Face à l’exercice, les garçons sont plus motivés par les compétitions et l’étalage de la force, les filles plus soucieuses de la santé.

Plus de télé

On la regarde de plus en plus en prenant de l’âge. Et les garçons encore plus. Le niveau socio-économique de la famille influe peu et n’est pas fortement prédictif du niveau de sédentarité.

Et de toxiques

Les garçons commencent plus tôt à fumer, mais peuvent être rattrapés par les filles… Entre 13 et 15 ans, la consommation d’alcool augmente dans les deux sexes. Chez les garçons, elle est plus souvent hebdomadaire, avec des expériences d’ivresse. Le niveau d’aisance de la famille influe peu. Il en est de même pour la consommation de cannabis, plus fréquente chez les garçons de 15 ans et pas nécessairement liée au statut social…

(1) Health Behaviour in School-aged Children (HSBC) Study : International report from the 2009/2010 Survey.

(2) Organisation Mondiale de la Santé.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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