Les hommes, moins gourmands ?

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On connaît déjà pas mal de choses sur le contrôle de la prise d'aliments par le cerveau. Ce contrôle est le résultat de l'interaction de plusieurs circuits neuronaux. Une trouvaille étonnante semble indiquer que les hommes et les femmes ne se comporteraient pas de la même manière devant la faim.

« Les hommes, moins gourmands ? » - Crédit photo : © Ana Blazic - Fotolia.com Comme pour toutes les fonctions dirigées par le cerveau, chacun de ces circuits est constitué d’une série de cellules nerveuses qui communiquent entre elles en libérant des messagers moléculaires qui passent de l’une à l’autre. Dans le cas de l’appétit, des informations provenant de nos sens sont prises en compte : l’olfaction, la vue, le goût et même le toucher interviennent. Il y a aussi des paramètres sanguins comme la glycémie, des paramètres physiques comme le degré de remplissage des organes digestifs, certaines hormones, etc.

Comprendre les troubles

Bref, on aura compris que le contrôle de l’appétit est une fonction extrêmement complexe. Il n’est pas étonnant, dès lors, que tout ne soit pas encore connu à ce sujet. C’est dommage car les troubles du comportement alimentaire sont nombreux et semblent montrer une augmentation de fréquence. Or, une bonne connaissance du contrôle de l’appétit permettrait de déceler les anomalies présentes dans les troubles alimentaires peut-être de développer des remèdes efficaces. On reste en effet encore très démuni devant ces troubles.

Une trouvaille étonnante vient toutefois d’être publiée dans les Procedings of the National Academy of Sciences des Etats-Unis. Il semblerait que les hommes contrôlent mieux leur appétit que les femmes. Des chercheurs ont en effet utilisé des techniques d’imagerie médicale adéquates pour examiner le fonctionnement des circuits de contrôle de l’appétit chez 23 hommes et femmes à jeun. Chez les hommes de ce groupe, mais pas chez les femmes, l’activation de ces circuits par la stimulation au moyen de nourriture s’atténuait significativement. On notait aussi une inhibition de l’activation du cortex orbito-frontal, chez les hommes et cela correspondait dans leurs déclarations à une moindre sensation de faim. Or, on sait que le cortex orbito-frontal est impliqué dans la décision consciente de manger.

De nouvelles perspectives ?

Il y aurait donc, pensent les chercheurs, un mécanisme cognitif capable de diminuer l’envie de manger et ce mécanisme serait plus actif chez les hommes que chez les femmes. Cela expliquerait peut-être, au moins en partie, la répartition inégale de l’obésité entre les deux sexes. Mais aussi, si on parvient à expliquer cette différence, on mettra peut-être le doigt sur un nouvel aspect du contrôle de l’appétit. Cela pourrait amener des progrès dans la prise en charge des trubles du comportement alimentaire.

(d’après PNAS 2009;106:1249-1254 doi: 10.1073/pnas.0807423106)

SOURCE : Diffu-Sciences

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