Les hommes et les souris préfèrent les mêmes odeurs

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Les résultats d’un étude française viennent de montrer, pour la première fois, que les hommes et les souris ont les mêmes préférences olfactives. Ils confirment que cette attirance pour les mêmes odeurs n’est pas seulement déterminée par l’expérience et la culture mais aussi par la structure de la molécule odorante.

« Femme en train de sentir une molécule odorante » - Crédit photo : © Unité « Neurosciences sensorielles, comportement, cognition » (CNRS / Université Lyon 1) Chez l’homme, les odeurs influencent fortement de nombreux comportements quotidiens : activité sexuelle, relations sociales ou prise alimentaire. Certaines sont agréables, d’autres désagréables et induisent respectivement une attirance ou une répulsion. Cette valeur hédonique, positive ou négative, de l’odeur est très fortement façonnée par l’expérience et la culture du sujet. Si l’on pense au camembert, son odeur alléchante pour beaucoup de gens peut être repoussante pour d’autres personnes ayant par exemple une autre culture.

Et si les préférences olfactives comportaient une part innée ? Elles seraient alors également dictée par la structure chimique et les propriétés physiques de la molécule odorante.

Pour répondre à cette question des chercheurs français ont mesuré les préférences olfactives de l’homme et de la souris, en réponse à une série d’odeurs. Les résultats ont montré que les deux sont attirés ou repoussés par les mêmes odeurs. Le géraniol, une odeur florale, constitue l’une des odeurs préférées par les deux espèces. A contrario, le guaïacol, qui correspond à une odeur de fumée voire de brûlé, figure parmi celles les moins appréciées.

Ceci met en évidence la conservation des préférences olfactives entre ces deux espèces de mammifères. De plus, les scientifiques ont confirmé que ce jugement hédonique est étroitement lié à la structure de la molécule odorante. Celle-ci prédétermine donc en partie notre préférence olfactive. Personne n’avait encore suggéré aussi fortement que les mécanismes neuronaux codant pour la préférence olfactive se situaient aux premiers niveaux de traitement de l’information sensorielle. Jusqu’à présent, il était supposé que tout ce qui avait trait au "jugement" olfactif était essentiellement traité à un niveau supérieur, au sein de structures intégratives du cerveau.

Ces travaux laissent espérer une meilleure compréhension de ces mécanismes et de leur fonctionnement. A plus court terme, ils suggèrent que le comportement de la souris pourrait prédire les préférences olfactives humaines, ce qui permettrait d’envisager des applications en industrie agro-alimentaire par exemple.

(D’après un communiqué de presse du CNRS - Des souris et des hommes : mêmes préférences olfactives - 15 janvier 2009)

SOURCE : Diffu-Sciences

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