Les graisses alimentaires et leurs effets sur les maladies cardiovasculaires.

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Les maladies cardiovasculaires (MVC) demeurent malheureusement encore la principale cause de décès chez l'homme et la femme en Europe (Rapport de Santé de l’OMS, 2002). Plusieurs facteurs de risque sont associés au développement des maladies cardiovasculaires. Ils incluent l'hypertension artérielle, le tabagisme, la sédentarité, l'obésité, le diabète, les antécédents familiaux et les dyslipidémies (un taux élevé de cholestérol total, de mauvais cholestérol et/ou de triglycérides).

On retrouve un lien entre l’alimentation et certains de ces facteurs, en particulier les effets de la consommation (insuffisance ou excès) de certaines graisses alimentaires sur les lipides sanguins...

Le cholestérol alimentaire

Le cholestérol est une graisse qui se retrouve naturellement dans tous les tissus animaux, y compris dans le corps humain. Une certaine quantité de cholestérol est utilisée par l’organisme pour construire les membranes cellulaires, produire les hormones sexuelles et les acides biliaires, qui facilitent l’absorption et la digestion des graisses alimentaires.

Un excès de cholestérol ou de triglycérides dans le sang perturbe le cœur et les vaisseaux. Environ trois quarts du cholestérol du sang sont fabriqués par l’organisme, le reste étant apporté par notre alimentation.

Pour la majorité des individus, manger des aliments riches en cholestérol comme les œufs, les crustacés et le foie est sans effet sur le taux de cholestérol dans le sang. A l’inverse, certains individus sont dits “répondeurs ” au cholestérol alimentaire et doivent contrôler leur ingestion de cholestérol.

Le cholestérol est véhiculé dans le sang sous la forme des lipoprotéines : les LDL (low density lipoprotein) and les HDL (high density lipoprotein). Une forte concentration de Cholestérol LDL est un facteur de risque de MCV, c’est pourquoi on l’appelle souvent le “mauvais cholestérol”. Le Cholestérol HDL extrait le cholestérol des tissus et de fortes concentrations sont donc bénéfiques. On l’appelle dès lors le “bon cholestérol”. Au plus élevé est les taux de HDL, au plus bas est le risque de MCV. Il faut dès lors manger des aliments qui abaissent les concentrations sanguines de LDL et augmentent ou maintiennent celles du HDL. L’activité physique augmente aussi les concentrations de HDL.

Les graisses saturées

La quantité de graisse saturée consommée a un plus gros effet sur le taux de cholestérol, que le cholestérol alimentaire. Plusieurs études ont clairement montré que les graisses saturées constituent le composant alimentaire qui influence le plus le cholestérol total et le mauvais cholestérol. Cependant, tous les acides gras saturés n’ont pas le même effet : les acides gras à chaîne moyenne (ex. l’acide laurique C12:0, l’acide myristique C14:0 et l’acide palmitique C16:0) exercent des effets plus délétères que les acides gras saturés à longue chaîne (comme l’acide stéarique C18:0).

Les graisses monoinsaturées

Manger moins gras est certainement une recommandation à suivre, mais récemment il a été suggéré que manger « mieux gras » et donc, manger des graisses de meilleure qualité, en quantités modérées, était une meilleure approche pour le contrôle des graisses dans le sang et pour la santé à long terme. Modérer sa consommation de graisse entretient les niveaux de cholestérol HDL, le « bon ». Cette attitude prévient aussi l’augmentation des triglycérides dans le sang, chose qui arrive parfois quand on consomme de trop grandes quantités de glucides. Une consommation plus importante d’acides gras monoinsaturés peut réduire le taux de cholestérol LDL, le « mauvais », bien que cet effet soit en grande partie dû au remplacement des graisses saturées.

Les graisses polyinsaturées

Plusieurs études ont montré que les acides gras à longue chaîne de la famille oméga-3 retrouvés dans certains poissons protègent que les MCV. Dans les pays où l’on consomme beaucoup de poissons gras, comme au Japon, la mortalité cardiovasculaire est très faible. La consommation régulière de poisson contribue à réduire les concentrations en triglycérides du sang et à limiter le risque de thrombose. Ces acides gras à longue chaîne n’ont que peu d’effet sur le cholestérol, qu’elles ont plutôt tendance à maintenir à un taux constant.

Les acides gras polyinsaturés de la famille oméga-6 abaissent le cholestérol LDL, ce qui est un facteur cardioprotecteur. Toutefois, de trop grandes quantités d’acides gras oméga-6 diminuent le “bon” cholestérol HDL et augmentent le risque d’oxydation du “mauvais” cholestérol LDL. C’est pourquoi il est conseillé d’en réduire leur consommation, qui est aujourd’hui pléthorique.

Les acides gras Trans

Certaines inquiétudes ont été soulevées à propos des apports élevés en acides gras trans. Ces acides gras sont métabolisés dans la même manière que les acides gras saturés, mais leur effet nocif sur la santé cardiovasculaire est supérieur. Non seulement, ils élèvent le cholestérol LDL, mais ils abaissent aussi le bon cholestérol HDL, ce que ne font pas les acides gras saturés. Les acides gras trans se retrouvent dans les laitages et dans certaines graisses végétales partiellement hydrogénées employées dans la fabrication des biscuits, des gâteaux ou des pâtisseries.

L’alimentation, en plus de l’activité physique, joue encore un rôle clé dans le contrôle des lipides sanguins. Les recommandations alimentaires favorables à la santé du cœur et des artères consistent en une restriction modérée de la consommation de graisse et en l’amélioration de l’équilibre entre les acides gras saturés et les acides gras insaturés. Consommer au minimum 1 à 2 portions de poisson gras par semaine contribue aussi à maintenir des taux optimaux d’acides gras oméga-3 à longue chaîne.

SOURCE : EUFIC

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