Les fumeurs mangent mal !

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La consommation de nicotine est le principal facteur de risque dans le cancer pulmonaire mais l'alimentation intervient aussi, or une récente étude a prouvé que la consommation tabagique était proportionnelle à celle des graisses et inversement à celle des fruits et légumes. La diminution de l'incidence de cette maladie sera donc obtenue par l'arrêt du tabac et ou une surveillance alimentaire.

Des déficiences nutritionnelles multiples

Indépendamment du tabac qui reste LE facteur de risque majeur, il existe un lien, aujourd'hui certain, entre alimentation et cancer du poumon. En particulier, et plus d'une vingtaine d'études épidémiologiques le prouvent, une consommation abondante de fruits et de légumes réduit de moitié le risque relatif de cancer pulmonaire.

Il est donc d'autant plus intéressant de savoir ce que mangent les fumeurs par rapport aux non-fumeurs. Plusieurs enquêtes se sont penchées sur le sujet. En général, elles montrent que les fumeurs, principalement ceux qui fument plus de 20 cigarettes par jour, sont de piètres consommateurs de légumes et surtout de fruits. En terme de micronutriments, ils sont particulièrement déficients en vitamines A, C et E et en ß carotène (d'où certaines tentatives, hélas infructueuses, de supplémentation).

40 000 sujets fumeurs et non fumeurs

Une vaste étude menée au Canada sous l'égide du Ministère de la Santé, vient de confirmer ces résultats à l'échelon d'une population de plus de 40 000 sujets. On a fait remplir à ces hommes et ces femmes, recrutés aussi bien à la ville qu'à la campagne, un auto-questionnaire portant sur leur consommation tabagique et leurs habitudes alimentaires (ques-tionnaire de fréquence de consommation à 82 items, bien validé).

On s'est particulièrement intéressé aux apports en légumes, fruits et jus de fruits. Par ailleurs, leurs apports en nutriments et micronutriments ont été estimés sur l'ensemble de leur alimentation.

Pour ce qui est du tabac on a distingué 5 groupes : non-fumeurs, anciens fumeurs, petits (1-9 cigarettes/j), moyens (10-19 cigarettes/j) et grands fumeurs (plus de 20 cigarettes/j).

Les apports en fruits et en légumes ont en outre été comparés à des niveaux de consommation considérés comme des seuils d'augmentation du risque de cancer, selon diverses enquêtes épidémiologiques.

Plus on fume, moins on mange de fruits...

Examinons les apports en végétaux. Première donnée : les fumeurs mangent un peu moins de légumes et de crucifères que les non-fumeurs, et un peu plus de pommes de terre (y compris des chips !).

Mais les principales différences s'observent sur les fruits et les jus de fruits. Les grands fumeurs en consomment entre 20 et 50 % de moins que ceux qui n'ont jamais fumé : 5 à 6 portions par semaine en moyenne, contre 10 à 11, tous fruits confondus, chez ces derniers. Il existe même une véritable relation "dose-réponse" avec la quantité de cigarettes consommées : plus on en fume, moins on mange de fruits.

... et plus on mange de graisses

Rentrons dans le détail, c'est à dire les nutriments et les micronutriments. Les "grands fumeurs" consomment moins de calcium (seulement les hommes), de vitamine C et de fibres, que les non-fumeurs. En revanche, ils ingèrent plus de cholestérol et de calories, surtout sous forme de graisses (qui représentent 40 à 41 % de l'apport énergétique contre 35 à 37% chez les non-fumeurs). Ces différences se retrouvent surtout chez les "grands" et les "moyens" fumeurs qui se distinguent nettement des autres catégories.

Moins de 3 fruits par semaine

Si l'on compare à présent les apports des fumeurs aux seuils critiques de consommation, en dessous desquels les risques de cancer sont nettement accrus, les plus exposés sont, encore une fois, les grands fumeurs : ils sont 4 à 8 fois plus nombreux à consommer moins de 3 portions de fruits par semaine.

Autrement dit, ce sont les plus exposés au facteur de risque "tabac" qui s'exposent également au risque "alimentaire" le plus grand.

Alors, que faire ?

Bien sûr, le premier objectif en terme de prévention, non seulement du cancer du poumon mais aussi des maladies cardiovasculaires, est d'aider les fumeurs à s'arrêter de fumer...

A défaut d'y parvenir, il est essentiel, et cette étude le prouve, de les convaincre de mieux s'alimenter. Comment ? C'est tout simple : en mangeant plus de fruits et de légumes !

SOURCE : Aprifel

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