Les Français ne s’hydratent pas suffisamment

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Les Français ne s’hydratent pas suffisamment

Depuis la canicule de l’été 2003, on a toutes les raisons de surveiller la consommation de boissons des Français. Dix ans après le traumatisme, l’enquête CCAF 2013 révèle que 9 enfants sur dix et trois adultes sur quatre ont des apports hydriques insuffisants. Les Français, qui boivent surtout pendant les repas, sont vivement encouragés à s’hydrater tout au long de la journée…

Qu’il s’agisse des plus de 18 ans ou des enfants de 3 à 17 ans, les deux échantillons nationaux représentatifs des Français participant à l’enquête livrent la même conclusion : nous ne buvons pas assez ! Le pire est observé chez les ados de 14-17 ans : 96 % d’entre eux sont en-dessous des recommandations. C’est le cas aussi de 66 % des femmes et de 84 % des hommes de 18 à 64 ans. Et c’est le cas de 57 % des femmes et 83 % des hommes de plus de 65 ans.

Malgré les apparences, les hommes boivent pourtant plus d’eau que les femmes. Mais pour eux, les recommandations d’hydratation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sont plus élevées, et ce dès l’âge de 9 ans : ce qui fait que les hommes, au total, s’hydratent moins que les femmes.

Pas assez d’eau ni de boissons lactées chez les jeunes

Du côté des aliments, tout va bien pourtant. Ceux-ci doivent, toujours d’après l’EFSA, nous fournir 20 à 30 % de notre eau quotidienne. En France, c’est entre 34 et 43 %, selon l’âge et le sexe. Le problème vient donc plutôt de la consommation de boissons, considérées dans leur ensemble. Si elle a augmenté de 7 % chez les seniors, elle est en légère diminution chez les adultes et en baisse de plus de 13 % chez les 3-19 ans, ce qui est alarmant.

La consommation d’eau à elle seule (qui fournit plus de 50 % des apports hydriques chez les jeunes et 44 % chez les adultes et seniors) a baissé de 8 à 16 % chez les 3-19 ans. Chez les adultes et les seniors, elle est en très légère augmentation, respectivement + 1 % et + 3 %.

Très consommées par les enfants et les ados, les boissons lactées sont, derrière l’eau, au deuxième rang des boissons consommées par les jeunes : elles représentent entre 20 et 30 % des volumes bus. Malheureusement, leur consommation a diminué d’environ 10 % en dix ans tant chez les enfants que chez les ados : - 8 % chez les 3-5 ans, - 15 % chez les 6-11 ans et – 8 % chez les 12-19 ans. Avec le temps, la tendance est à l’abandon du bol de lait. La consommation de boissons lactées n’a augmenté que chez les adultes (+ 13 % en dix ans).

Quant aux boissons chaudes non lactées, elles viennent au deuxième rang des boissons consommées chez les adultes et les seniors. C’est surtout grâce au café et au thé, dont la consommation est en hausse. La palme de l’augmentation pour les boissons chaudes revient aux seniors : + 37 % en dix ans !

Moins de boissons rafraîchissantes et moins d’alcool

Par contre, les boissons rafraîchissantes sans alcool ont plutôt les faveurs des jeunes. Mais ils en ont quand même diminué la consommation de 10 à 30 %. Même tendance pour les jus et nectars : - 23 % chez les enfants de 3 à 5 ans, - 28 % chez les 6-11 ans, et même – 6 % chez les 12-19 ans. Seuls les adultes et les seniors, plutôt faibles consommateurs, se sont mis à en boire plus.

Pour les boissons alcoolisées, la tendance est aussi à la décroissance : - 35 % entre 2003 et 2013. Les quantités consommées restent cependant élevées : 103 ml par jour (ml/j) en moyenne chez les 20-64 ans et 150 ml/j chez les 65 ans et plus. La baisse constatée s’explique à la fois par la diminution des consommations et par l’augmentation du nombre des abstinents.

Une solution : boire entre les repas

Il n’empêche : en définitive, le problème est celui de la baisse générale de la consommation de boissons, surtout chez les enfants. Près de 90 % des volumes de boissons sont bus aux repas : petit-déjeuner, déjeuner, goûter, dîner et apéro… L’eau est surtout bue au déjeuner et au dîner, de même – plus étonnant – que les boissons rafraîchissantes sans alcool. Mais en dehors des repas, on boit très peu en France. Si on buvait plus entre les repas, et en particulier de l’eau, nos apports hydriques seraient grandement améliorés.

(D'après Hébel P. Cah Nutr Diet 2015 ; 50 : S13-S21.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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