Les Français grossissent, comme la plupart des habitants des pays développés

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L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de mettre à jour ses indicateurs-clés sur l’obésité et le surpoids. Ce qui nous renseigne sur l’évolution de notre corpulence et permet de la comparer à celle d’une trentaine d’autres pays développés. Les Français ne sont pas les plus « gros » du monde industrialisé, mais ils grossissent ! Et chez les plus jeunes, ce sont surtout les garçons qui auraient intérêt à surveiller leur silhouette.

Comme la plupart des habitants des pays développés, les Français grossissent : 40 % de la population est en excès de poids (y compris obésité) et environ une personne sur 8 est obèse. De 4 ans en 4 ans, les statistiques témoignent de la prise de poids globale. En France, la proportion des adultes en surpoids (indice de masse corporelle ou IMC compris entre 25 et 30) a augmenté un peu plus vite que prévu par les projections de l’OCDE. Surtout, les taux d’obésité (IMC supérieur à 30) ont augmenté plus fortement.

Nous ne sommes pas pour autant les recordmen de l’excès de poids. Loin de là ! Si les taux d’obésité et de surpoids ont augmenté chez nous de façon régulière, ils restent parmi les plus bas des pays de l’OCDE. Certes, la Corée du Sud (entre 30 et 35 % d’excès de poids) et la Suisse (entre 35 et 40 %) font mieux que nous. L’Italie a des taux comparables aux nôtres. Mais l’Espagne se rapproche peu à peu des 50 % d’habitants en excès de poids, le Canada dépasse 50 %, l’Angleterre et l’Australie sont autour de 60 %, les Etats-Unis en sont à 65 % et le Mexique à 70 % !

Le niveau d’éducation compte beaucoup

Les taux d’obésité diffèrent chez les hommes et chez les femmes, mais ils sont dans les deux cas en relation avec le statut socioéconomique. L’obésité concerne près de 16 % des femmes les moins éduquées, contre 8 % des femmes qui ont un haut niveau d’éducation. Celles qui ont un niveau moyen sont environ 12 %. Les femmes qui ont un faible niveau d’éducation ont donc deux fois plus de risque d’être obèses que les femmes les plus éduquées.

Le risque est presque le même chez les hommes. L’obésité atteint 12 % de ceux qui ont le plus faible niveau d’éducation et un peu plus de 6 % de ceux qui ont le niveau le plus élevé. Dans la plupart des autres pays de l’OCDE, ces différences liées au statut socio-économique ne sont pas observées chez les hommes. En France, ces dernières années, les taux d’obésité ont augmenté pour toutes les catégories socio-économiques (ils ont pratiquement doublé entre 1990 et 2010), mais l’augmentation a été plus rapide chez les hommes dont le statut socioéconomique était faible. Ce qui n’a fait qu’accroître les disparités.

Nos enfants sont relativement minces

Quant aux enfants, leurs taux de surpoids et d’obésité sont aussi relativement bas en France, si on les compare aux autres pays de l’OCDE et des pays partenaires : 15 % des jeunes Français sont en surpoids ou obèses, alors que la moyenne des pays de l’OCDE est de 23 % pour les garçons et de 23 % pour les filles. Parmi les pays qui ont des chiffres comparables à la France, on trouve la Norvège, le Brésil, la Slovaquie, la République tchèque. La Suède, le Danemark, la Belgique, les Pays-Bas, la Russie ont des taux un peu plus élevés. L’Allemagne est à 20 % pour les deux sexes, l’Angleterre à 22 % pour les garçons et 26 % pour les filles.

Parmi les « mauvais élèves » pour le statut pondéral, on trouve la Grèce (avec 44 % de garçons et 38 % de filles en surpoids ou obèses), l’Italie (respectivement 36 % et 34 %), les Etats-Unis (30 % de garçons et de filles). Ensuite viennent le Portugal (27 % de garçons et 29 % de filles), l’Espagne (26 % de garçons et 24 % de filles), le Canada (respectivement 25 et 24 %). La Chine et le Japon sont autour de la moyenne OCDE de 23 % pour les garçons, mais les filles sont plus minces : « seulement » 16 % des Chinoises et 17 % des Japonaises sont en excès de poids…

Les garçons doivent faire attention

Faut-il se rassurer sur l’évolution de l’obésité infantile en France ? A moitié, si l’on considère que l’évolution des taux d’obésité et de surpoids chez les garçons est inquiétante. Ils ont augmenté rapidement ces toutes dernières années, en particulier entre 2006 et 2010 : respectivement de 1,8 % pour l’obésité et de 2,8 % pour le surpoids. L’une frôle les 10 %, l’autre progresse vite, autour de 25 %. Chez les filles, la situation est meilleure : les données les plus récentes montrent une diminution du surpoids et une stabilisation de l’obésité.

Au total, les Français subissent comme les autres l’évolution mondiale vers la prise de poids. Mais pour le moment, ils ne résistent pas trop mal à l’épidémie. Les efforts des autorités sanitaires devraient évidemment porter sur les plus jeunes, en particulier les garçons…

(OCDE. « L’obésité et l’économie de la prévention : objectif santé. Indicateurs-clés – France, mise à jour 2014 »)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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