Les Français face aux messages nutritionnels

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Selon une étude réalisée pour l'INPES, les messages sanitaires insérés dans les publicités alimentaires sont bien perçus et incitent 15% des Français à reconsidérer leurs habitudes. Parallèlement à la publication de cette enquête, la ministre de la santé a fait appel au volontarisme des annonceurs dans l'optique d'une suppression prochaine de la publicité pour certains aliments pendant les programmes télévisés destinés aux enfants.

« Les Français face aux messages nutritionnels » Conformément à la loi de santé publique du 9 août 2004, certains annonceurs sont, depuis le 27 février 2007, tenus de verser une taxe ou d’insérer dans leurs films publicitaires des messages sanitaires en bas de l’écran. Cette disposition s’inscrit dans le cadre du Programme national nutrition santé. Objectif : sensibiliser le public à une alimentation équilibrée, en fournissant notamment des repères nutritionnels.

Des résultats encourageants

Une enquête a été menée auprès des Français par BVA pour l’Inpes, huit mois après la diffusion des premiers messages. Elle a mesuré leur mémorisation, leur compréhension et leur perception, ainsi que leur impact sur les comportements.

Du 1er au 17 octobre 2007, 400 enfants de 8 à 14 ans et plus de 1 000 adolescents et adultes y ont participé. Le message « Pour votre santé, mangez au moins 5 fruits et légumes par jour » est le mieux mémorisé (56 % des adultes et 61 % des enfants). Vient ensuite le précepte « Évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé », évoqué par 38 % des 15 ans et plus et par 59 % des 8-14 ans. La perception des Français est positive : 91 % des plus de 15 ans jugent les messages utiles, 88 % crédibles et 76 % efficaces.

Côté enfants, 96 % les considèrent faciles à comprendre et 86 % pensent qu’ils s’adressent « à des enfants comme eux. » De plus, 94 % des 8-14 ans estiment important de promouvoir une bonne alimentation. L’impact en termes de comportement est lui aussi encourageant. Parmi les adultes, 15 % déclarent avoir changé leurs habitudes alimentaires, 17 % leurs réflexes d’achat. Une grande majorité des enfants se dit encouragée à faire attention à son alimentation (72 %). Autre point positif : les messages ont favorisé les échanges autour de la nutrition entre parents et enfants.

Des points à améliorer

Des efforts restent à fournir pour une meilleure lisibilité des messages : un tiers des adultes en critique la taille trop réduite. De plus, l’absence de corrélation entre le produit et le message sanitaire est source de confusions. Ainsi, devant la publicité d’un yaourt aux fruits accompagnée du message « Mangez au mois cinq fruits et légumes par jour », 44 % des répondants assimilent le laitage à une portion de fruits. Chez les enfants de 8 à 14 ans, les plus réceptifs sont ceux ayant déjà de bonnes habitudes.

À noter : la mémorisation exceptionnelle des messages par les enfants suppose que ces derniers retiennent aussi les publicités pour les produits gras et sucrés qu’ils accompagnent. Ils sont d’ailleurs 47 % à déclarer qu’elles leur donnent envie de manger ou de boire. Et 62 % demandent à leurs parents d’acheter les produits vantés et parmi eux, 91 % disent les obtenir. Enfin, 74 % des adultes seraient favorables à la suppression des publicités pour les boissons sucrées et les aliments pendant les programmes télévisés jeunesse.

« Mémorisation spontanée des messages sanitaires »

Dans la foulée de la présentation de cette enquête, Roselyne Bachelot a annoncé, le 4 février, qu’elle souhaitait aller plus loin, vers la suppression de la publicité relative aux aliments et aux boissons diffusée lors de programmes télévisés pour les enfants. Dans un premier temps, une concertation va être lancée pour faire appel au volontarisme des annonceurs.

(La Lettre de la Préventation et de l’Education pour la Santé - Equilibre n°36 - Mars 2008)

SOURCE : INPES

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