Les Français face à l’alcool

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Les Français face à l’alcool

Depuis 2006, l’Observatoire IREB (*) interroge régulièrement un échantillon représentatif des Français de plus de 18 ans sur leurs comportements et opinions face à l’alcool. L’enquête 2014, menée chez 982 personnes, a porté notamment sur l’alcool au travail…

L’alcoolisme (74 % des réponses), le tabagisme (70 %) et la toxicomanie (55%) sont parmi les problèmes les plus souvent cités comme étant les plus graves pour la santé. Le tabagisme est cité en premier par 30 % des personnes interrogées dans cette enquête IREB. Une opinion partagée notamment par 46 % des jeunes de 18 à 24 ans (55 % des jeunes femmes). L’alcoolisme et la toxicomanie sont cités en premier, à égalité, par 22 % des interviewés. Plus souvent par les femmes que par les hommes. L’obésité est citée en premier par 13 % des personnes interrogées. La surconsommation de médicaments par 11%...

L’alcool au volant, problème n° 1

Dans l’esprit de deux Français sur trois (66 %), le problème n° 1 lié à la consommation d’alcool est « l’alcool au volant ». Loin devant les violences liées à l’alcool (12%), la vente d’alcool aux mineurs (8%) et la consommation des femmes enceintes (6%). L’alcool au travail est peu mentionné (1% des réponses).

Car trois quarts des Français disent ne pas consommer de boissons alcoolisées sur leur lieu de travail (hors repas). Seuls 24 % déclarent qu’il leur arrive de le faire : 18% rarement, 5 % de temps en temps et 1 % souvent. Les plus concernés sont les hommes (28 % contre 20% des femmes), en particulier ceux de 25-34 ans (34 % contre 28 % des femmes).

Trois pots par an dans les entreprises

La pratique la plus répandue est celle des pots dans l’entreprise : ils concernent 7 personnes sur 10 au moins une fois dans l’année. Surtout des hommes et des femmes de 25 à 49 ans. Seulement 20% des personnes interrogées disent ne participer à aucun pot dans l’année. Une moitié (47%) participe à trois pots par an, un quart (26 %) à quatre pots et plus. La moyenne semble être de 3 pots par an.

Peu de Français (7%) déclarent consommer habituellement des boissons alcoolisées les jours où ils travaillent. Ce sont surtout des hommes : tous âges confondus, ils sont au total 10 %, contre 5 % de femmes. On les trouve surtout dans les tranches d’âge qui vont de 25 à 49 ans. Dans plus de huit cas sur dix, ceux qui consomment des boissons alcoolisées lors du déjeuner disent boire jusqu’à deux verres au maximum, 20% moins d’un verre et 48% un seul verre.

Repères de consommation : les Français pourraient mieux faire

Reste que les connaissances en matière de consommation des boissons alcoolisées ont encore besoin de progresser. Un Français sur trois ne connaît pas les équivalences entre les boissons alcoolisées. Popularisées par les campagnes de prévention, elles indiquent que chaque boisson contient à peu près la même quantité d’alcool pur (10 g), ce qui correspond à un verre standard ou à 1 unité d’alcool. Ce sont les jeunes qui se trompent le moins à ce sujet (73% des 18-24 ans), ce qui tend à prouver l’efficacité des campagnes menées à l’école.

Les repères de consommation à moindre risque sont toujours mal connus. Seulement 27% des personnes interrogées connaissent le repère pour les hommes (3 unités maximum par jour) et 32% connaissent celui des femmes (2 unités par jour). Sans parler des repères comme « 4 unités maximum en une occasion » ou « au moins 1 jour par semaine sans alcool »…

Les comportements de prudence progressent

Pourtant, on note un progrès des comportements de prudence dans certaines situations à risque. Par exemple, la pratique du conducteur désigné pour ne pas boire (lors d’une sortie en groupe, en famille, entre amis ou collègues) est systématiquement adoptée par 6 personnes sur 10. Si l’on y ajoute celles qui disent l’adopter souvent, c’est près de 9 personnes sur 10 qui seraient prudentes lors des sorties à risque... Les hommes de 25 à 34 ans et ceux de 65 ans et plus sont les moins nombreux à appliquer systématiquement le principe du conducteur désigné.

Enfin, plus de 8 jeunes femmes sur 10 (84% des 25-34 ans) savent qu’il ne faut pas du tout consommer d’alcool pendant la grossesse. L’abstinence pendant la grossesse est approuvée par près de trois quarts des Français, et ils la conseilleraient à une femme enceinte. Un quart (26%) autoriseraient « un verre de temps en temps mais pas plus ». Ce sont les hommes de 50 à 65 ans, sans doute les plus lointainement concernés, qui connaissent le moins bien la nécessité de l’abstinence…

(*) Institut de recherches scientifiques sur les boissons (IREB). Observatoire IREB 2014 : « Les Français et l’alcool ».

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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