Les Français en quête de naturalité dans leur alimentation

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Suite à la multiplication des scandales sanitaires, dont le récent scandale sur la viande de cheval, 79% des français incriminent directement les industriels pour la « malbouffe » et 71% des français pointent du doigt la responsabilité du consommateur qui « demande des produits prêts à consommer et pas chers » ! C'est ce qu'il ressort de la récente enquête Mediaprism / 60 Millions de consommateurs « Les Français et les produits naturels : opinion, comportement et attitudes » (*). Plus de 2/3 des Français affirment aujourd'hui faire attention au caractère naturel des produits qu'ils achètent, mais comment définir la naturalité d'un produit ? Est-ce que ces scandales profitent au bio et au Made in France ? Quelles sont les attentes des Français ?

Les scandales alimentaires récents ont renforcé l’exigence de naturalité des Français envers leur alimentation. Ils associent à cette notion une dimension à la fois sanitaire et gustative, mais aussi plus onéreuse : l’absence de produits chimiques dans l’alimentation constituant le point clé. Certains comportements évoluent : l’achat local est de plus en plus privilégié, même si les circuits de distribution alternatifs ont du mal à émerger auprès du plus grand nombre. La labellisation des produits est toujours réclamée, mais sans naïveté : tous les labels ne se valent pas. Si les organismes génétiquement modifiés (OGM) continuent à cliver l’opinion, le bio est plutôt bien perçu. De façon générale, les Français identifient et réprouvent massivement l’écoblanchiment, et paraissent très conscients de la menace de la « malbouffe » au point demodifier certains comportements quotidiens : la consommation de plats cuisinés étant la première concernée.

Des Français attentifs au caractère naturel des produits

Plus de 2/3 des Français affirment aujourd'hui faire attention au caractère naturel des produits qu'ils achètent, c'est ce qui ressort de l'étude Mediaprism réalisée en partenariat avec 60 Millions de consommateurs. Une sensibilité qui s'est accrue, pour 78% d'entre eux, au fil de l'accumulation des scandales alimentaires de ces derniers années. Plus qu'une mode, c'est même devenu un impératif pour 34% des répondants et un phénomène durable pour 32%. Et, si tous les secteurs sont concernés, les produits entrant directement en contact avec l'organisme sont les plus scrutés : alimentation (92%), hygiène et beauté (82%), mais aussi médicaments (75%).

Mais comment définir la naturalité d'un produit ? Pour 63% des Français, elle serait liée à l'absence de composants chimiques, tandis que 48% pensent qu'elle concerne les produits non transformés. Plus de la moitié des personnes interrogées estime qu'un produit naturel doit être bon pour la santé ou posséder un goût authentique.

Le Bio : une tendance pérenne

Fini le temps où le bio manquait de crédibilité : les Français ne sont plus que 28% à affirmer que « le bio, c'est du vent », tandis que 58% s'accordent pour dire que cette tendance est pérenne. L'image du bio est d'ailleurs plutôt bonne, la moitié des Français estimant que « manger bio est meilleur pour la santé » (55%) et « pour l'environnement » (45%). Un bénéfice, qui se révèle donc à la fois individuel et collectif.

Le « Made in France » a le vent en poupe

Les 3/4 des répondants privilégient les produits alimentaires fabriqués en France. Au-delà de ce mouvement patriotique, l'achat local et le respect des cycles saisonniers séduisent et rassurent également le consommateur. Ils sont ainsi 69% à accorder une attention particulière aux productions de leur région et 76% à privilégier des produits de saison.

Les Français ont donc intégré l'impact de leurs choix de consommation sur l'environnement. En effet, 69% des Français regardent les informations sur les emballages : liste des ingrédients (78%), mais aussi lieu de fabrication (57%) et mention des additifs (51%).

Des consommateurs éclairés et attentifs !

Les labels sont plébiscités par les Français (85%), même si, paradoxalement, ils ne rassurent que 21% d'entre eux. Lucides et critiques, 62% des Français prétendent qu'ils sont « peu ou pas du tout » influencés par le « discours vert » des marques. 89% soupçonnent même ces marques de veiller avant tout à l'amélioration de leur réputation (89%), avant de se préoccuper de l'environnement ou de la qualité des produits.

Les scandales alimentaires à répétition provoquent une prise de conscience chez les Français : si 79% des répondants incriminent directement les industriels pour la « malbouffe », ils sont également 71% à pointer du doigt la responsabilité du consommateur qui demande des produits prêts à consommer et pas chers.

Les récents scandales alimentaires n'ont fait que renforcer l'exigence de naturalité des Français, notamment en ce qui concerne leur alimentation. Pour autant, l'étude Mediaprism réalisée en partenariat avec 60 Millions de consommateurs montrent que les consommateurs ne sont pas dupes ! Ainsi, s'ils demandent toujours plus de garanties, ils réprouvent massivement les tentations d'éco-blanchissement de certaines marques et sont parfaitement conscients que tous les labels ne se valent pas. Un consommateur éclairé donc, qui tarde cependant encore à mettre ses convictions en totale adéquation avec ses comportements d'achats.

Pour en savoir plus, consulter synthèse des résultats ainsi que les résultats complets de l'étude le 11 juillet dans le hors série du magazine 60 millions de consommateurs.

(*) Étude réalisée auprès d'un échantillon de 1 210 individus, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (critères de sexe, d'âge, de CSP du chef de famille et de lieu de résidence). Les répondants ayant retourné un questionnaire incomplet ont été exclus de l'analyse.

SOURCE : 60 Millions de consomateurs

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