Les édulcorants chez l'enfant : utiles ou délétères ?

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En l'absence d'étude pédiatrique, l'augmentation de la consommation d'édulcorants intenses chez les enfants et les adolescents amène à s'interroger sur leur intérêt et leurs effets possibles à ces âges. Leurs effets chez les adultes obèses restent d'ailleurs toujours controversés.

La question n'est pas celle de leur tolérance puisque, à l’exception du cas très particulier de l’aspartame chez les enfants phénylcétonuriques, aucune donnée n’indique qu’ils pourraient avoir une toxicité, mais celle de leurs conséquences sur les habitudes et les comportements alimentaires.

Probablement utiles pour la prévention des caries dentaires lorsqu'ils sont incorporés dans des chewing-gums ou autres bonbons, leur utilisation dans le cadre de l’obésité reste certainement très contestable.

L’objectif de la prise en charge des enfants obèses n’est pas de leur faire perdre rapidement quelques kilos par la diminution artificielle des apports caloriques, mais de les aider, ainsi que leurs familles, à modifier durablement leur mode de vie par l’apprentissage d’une alimentation naturelle équilibrée, adaptée aux besoins.

On peut à la rigueur considérer que la consommation de boissons “légères”, sans excès et pendant une période de temps limitée, peut aider certains enfants obèses à un “sevrage” progressif des sodas.

Mais la consommation prolongée et régulière de ces boissons ou d’autres aliments “diététiques”, ne peut avoir qu’un effet pervers, contreéducatif, en dissociant leurs caractéristiques sensorielles de leurs propriétés nutritionnelles et de leurs effets postingestifs.

Quant à la consommation de ces produits par des enfants ou surtout des adolescents de corpulence normale mais soucieux de prévenir la survenue d’un éventuel surpoids, elle n'a bien sûr pas de justification nutritionnelle.

Elle est même susceptible de participer au déséquilibre alimentaire car ces produits promus comme “diététiques” risquent d'être considérés comme autorisés sans modération.

Cette consommation peut même dans certains cas devenir préoccupante lorsqu'elle se révèle systématique et participe à un comportement plus global de restriction obsessionnelle.

SOURCE : Institut Danone

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