Les compléments alimentaires : souvent inutiles, parfois nocifs

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D'après une enquête INCA 2 (étude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires), menée auprès de 5.500 personnes, près de 20 % des adultes et un peu plus de 11 % des enfants consomment des compléments alimentaires. Plus d'un quart des femmes y ont recours. Pourtant, sauf avis médical et en cas de déficit nutritionnel précis, les compléments alimentaires n'ont la plupart du temps aucun intérêt !

Qu’est-ce qu’un complément alimentaire ?

Les compléments alimentaires : souvent inutiles, parfois nocifs » - Crédit photo : www.maxisciences.com Il s’agit d’un concentré de nutriments ou de substances destiné à compléter l’alimentation. Le complément alimentaire ne remplace pas tel ou tel aliment, mais vise à combler un manque, lorsque l’alimentation n’est pas en mesure de le faire.

Pour qui les compléments alimentaires sont-ils utiles ?

Le recours aux compléments alimentaires se justifie en cas de carence ou de déficit nutritionnel avéré. Seuls certains groupes de population, comme les personnes âgées en institution ou les personnes en situation de grande précarité, par exemple, sont réellement à risque. En cas de doute ou de problème de santé, un avis médical permet de juger de l’utilité d’un complément.

La consommation de compléments alimentaires peut-elle être dangereuse ?

Un de ses premiers dangers est d’être un alibi permettant de manger n’importe quoi et d’avoir une alimentation déséquilibrée, au prétexte que l’on compense avec des compléments. Par ailleurs, si elle est associée à une alimentation qui comprend déjà des éléments enrichis en minéraux et vitamines, elle peut conduire au dépassement des doses maximales autorisées. On ignore aujourd’hui les effets à long terme de la prise de compléments alimentaires, les interactions entre les différentes substances qu’ils contiennent, les effets de leur association à certains médicaments…

Récemment, l’Institut national du cancer a mis en garde contre les compléments alimentaires à base de bêta-carotène. Chez les sujets exposés à des agents cancérogènes (par exemple chez les fumeurs), la consommation au long cours de compléments à base de bêta-carotène à doses non-nutritionnelles (20 à 30 mg/jour, alors que les apports journaliers recommandés sont de 2,1 mg) augmente le risque de cancer du poumon. « Sauf cas particuliers de déficience, et sous contrôle médical, la consommation de compléments alimentaires n’est donc pas recommandée, indique l’Institut. Il est conseillé de satisfaire les besoins nutritionnels par une alimentation équilibrée et diversifiée ».

Une alimentation variée suffit-elle à apporter tous les éléments nutritionnels nécessaires ?

C’est l’avis des nutritionnistes et des autorités sanitaires. Les aliments dans leur diversité fournissent un ensemble de nutriments et de micronutriments qui agissent en interaction : il s’agit d’un apport nutritionnel riche, complexe et particulièrement efficace. Aucun complément alimentaire (qui n’apporte qu’une substance à la fois) n’équivaut d’ailleurs à un aliment. Un comprimé de vitamine C ne vaudra jamais une orange. Mieux vaut du raisin que des polyphénols et mieux vaut un yaourt qu’un complément de calcium !

Références :

  • INCA 2 (étude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires), menée auprès de 5.500 personnes
  • A-propos, magazine d’information de l’AFSSA n° 22, p.5-6.
  • Communiqué de presse de l’Institut National du Cancer (17 février 2009)
  • Brochure « Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations »)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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