Les causes du cancer en France

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Les plus hautes instances scientifiques et médicales du pays viennent de rendre un rapport sur les causes du cancer en France (*). Entre faits et incertitudes, résumé de la situation...

S'il est vrai que globalement le nombre de décès par cancer a considérablement augmenté en France depuis le début du XXe siècle, il faut rappeler que la population française et l'espérance de vie ont elles aussi beaucoup augmenté! Et comme la fréquence des cancers croît rapidement avec l'âge, il en résulte bien évidemment un accroissement considérable de la proportion de décès. Pourtant, en regardant les chiffres de plus près, on constate que la mortalité par cancer a globalement diminué: de 13 % environ depuis 1968! Une baisse qui recouvre des variations importantes selon le sexe, l'âge et le type de cancer. Ainsi, la mortalité par cancer de l'estomac - principale cause de mortalité par cancer en 1950 - a été divisée par cinq.

Tabac et alcool arrivent en tête

Le rapport confirme qu'en France (comme dans tous les pays industrialisés), le tabac reste la principale cause de cancer: 29000 décès chez les hommes, soit 33,5 % des décès par cancer masculin, 5500 décès chez les femmes, soit 10%des décès par cancer féminin. L'alcool, quant à lui, est à l'origine d'environ 9 % des décès par cancer chez l'homme et 3 % chez la femme. Tabac et alcool restent donc à l'origine de 28 % des décès par cancer.

Parmi les autres causes avérées de cancers, l'excès de poids et l'insuffisance d'exercice physique causent environ 2 % des cancers chez l'homme et 5,5 % chez la femme. Les expositions professionnelles sont à l'origine de 3,7 % des cancers chez l'homme et de 0,5 % chez la femme. En revanche, contrairement à certaines idées reçues, la proportion de cancers liés à la pollution de l'eau, de l'air ou de l'alimentation serait relativement faible en France, de l'ordre de 0,5 %. Chez les femmes, les traitements hormonaux de la ménopause seraient à l'origine d'environ 2 % des décès par cancer, essentiellement des cancers du sein et de l'ovaire. L'exposition prolongée aux rayons solaires causerait environ 1 % des décès par cancer dans les deux sexes.

Le rôle de l'alimentation est loin d'être clair

Si l'on considère généralement que l'alimentation a une influence sur le risque de cancer, l'effet des facteurs nutritionnels spécifiques, tels que la teneur en fibres des aliments, la quantité de fruits et légumes consommée, la consomation de viande, etc... n'a pas été confirmée par les dernières enquêtes épidémiologiques. Le rapport souligne cependant la nécessité de poursuivre les recherches, notamment sur l'alimentation en début de vie. Il est plausible que l'alimentation de l'enfant, de l'adolescent et même de la mère pendant la gestation puissent influencer l'incidence des cancers à l'âge adulte. De plus, même si l'effet bénéfique d'une alimentation riche en fruits et légumes vis-à-vis du risque de cancer n'est pas établi, les experts ne remettent pas en cause les conseils alimentaires donnés dans ce domaine.

Les causes hypothétiques et inconnues sont encore légion

De nombreux agents physiques, chimiques ou biologiques ont été suspectés d'être à l'origine de cancers, sans que leur éventuelle cancérogénicité ait été prouvée : habitat proche de sources de pollution (pollutions industrielles, dépôts de déchets, incinérateurs), dioxines, rayonnements non ionisants autres que les UV, téléphones portables, antennes de téléphonie mobile.

L'impact d'autres facteurs reste encore inconnu : on pense à l'imprégnation hormonale, aux infections (par virus, bactéries et conséquences inflammatoires de ces infections), aux facteurs génétiques...

Au total, si ce rapport confirme l'extrême importance de quelques facteurs liés aux comportements individuels (contre lesquels la prévention peut être très efficace), il met aussi en lumière l'insuffisance de nos connaissances. Et montre la nécessité de multiplier les études fondamentales et épidémiologiques...

Alimentation, nutrition, activité physique et prévention du cancer : une perspective mondiale

Pendant cinq ans, un panel de 21 experts de renommée mondiale a évalué des milliers d'études sur l'alimentation, la nutrition, l'activité physique et le risque de cancer. Cette évaluation scientifique a permis la formulation de 10 recommandations pour la prévention du cancer.

Lucie Galice, directrice déléguée du fonds mondial de recherche contre le cancer (FMRC) et Elio Riboli, Faculté de médecine de l'Imperial College à Londres donneront les résultats de ces recherches et révèleront les conclusions le 9 novembre lors d'un conférence de l'Institut français pour la nutrition

Informations : IFN - 71 av. V. Hugo - 75 116 Paris - tel 01 45 00 92 50

(*) Académie nationale de médecine, Académie des sciences, Institut de France, Centre international de recherche sur le cancer, Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer, avec le concours de l'Institut national du cancer et de l'Institut national de veille sanitaire.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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