Les catéchines, trésors du thé

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D'une manière générale, plusieurs études ont clairement établi les bienfaits d'une consommation de thé sur la santé. Elles ont montré un effet anti-oxydant et une réduction du risque de maladies cardiovasculaires.

« Les catéchines, trésors du thé » - Crédit photo : www.creapharma.ch Les effets bénéfiques des catéchines sont généralement imputés à la forte teneur du thé vert en flavonoïdes. Ces molécules jouissent de propriétés antioxydantes et exercent des effets modulateurs au niveau cellulaire. Il existe plusieurs types, dont les catéchines : la catéchine (C), la gallocatéchine (GC), l’épicatéchine (EC), la gallocatechine, l’epicatéchine gallate (ECG), épigallocatéchine (EGC) et l’épigallocatéchine gallate (EGCG). Cette dernière est la plus abondante et semble également être la plus active.

Les proportions des différents flavonoïdes trouvés dans les différents thés dépendent du mode de traitement subi par les feuilles. Ainsi, le thé vert est le plus riche en catéchines. L’étape principale dans la production du thé est l’arrêt de l’oxydation à un stade prédéterminé, selon le type de thé souhaité. C’est aussi cette étape qui va déterminer la quantité de flavonoïdes présents dans le thé.

Protègent contre l’oxydation

Les catéchines absorbées sont distribuées et retrouvées dans différents tissus et organes du corps tels que le foie, les vaisseaux, le tissu adipeux et les muscles. Elles sont rapidement éliminées dans les urines et dans la bile et ne sont plus détectées dans le sang 24 heures après ingestion. Une consommation régulière est donc nécessaire pour maintenir des concentrations en catéchines significatives dans le sang et les tissus. Plusieurs investigations étudiant les propriétés anti-oxydantes du thé ont montré, après consommation de thé vert ou de thé noir, un accroissement du potentiel antioxydant du plasma. Mais la question de savoir si cet effet est imputable uniquement aux flavonoïdes du thé . Plus récemment, les recherches entreprises par Lotito et coll. ont suggéré que d’autres composants du thé pourraient également soutenir la réponse antioxydante dans l’organisme humain.

D’un autre côté, rien n’exclut que l’effet antioxydant des flavonoïdes puisse également s’exercer à un niveau local, comme dans l’appareil gastro-intestinal, ou encore que des métabolites dérivés de ces flavonoïdes puissent avoir d’autres implications, notamment dans des processus biologiques comme la modulation de la signalisation cellulaire ou la régulation des gènes. En plus de cela, selon d’autres travaux, l’implication des flavonoïdes dans un métabolisme étendu et complexe pendant et après leur absorption pourrait affecter leur biodisponibilité.

Bénéfique pour le coeur

Diverse études épidémiologiques avaient déjà établi depuis pas mal de temps une relation positive entre la consommation du thé et la santé cardiovasculaire. Parmi elles, la méta-analyse réalisée par Peters et coll., portant sur 17 investigations épidémiologiques, avait montré que la consommation de trois tasses de thé par jour (3 x 240 ml), permet de réduire de 11 % le risque relatif d’infarctus du myocarde. Sur ce point, on pourrait encore en savoir plus en poussant plus loin les recherches car il faut prendre en considération la complexité des maladies cardiovasculaires, le faible contrôle des régimes alimentaires, les facteurs liés au mode de vie ainsi que la nécessité de mieux connaître encore les multiples mécanismes par lesquels s’exercent les effets des flavonoïdes contenus dans le thé.

Dans le but d’éclaircir les bienfaits du thé sur le système cardiovasculaire, plusieurs études se sont attachées à l’examen plus particulier des effets du thé sur certains facteurs de risques bien précis de maladies cardiovasculaires. On peut donc s’attendre à ce que dans les années à venir, d’autres preuves arrivent, montrant l’association exactes entre la consommation de thé et la santé cardiovasculaires. , plusieurs données cliniques ont montré néanmoins que le thé peut améliorer la santé de notre coeur. Ainsi, Duffy et coll ont montré qu’en consommant régulièrement (2 tasses par jour) ou d’une manière chronique (quatre tasses par jour pendant quatre semaines), du thé noir, la vasodilatation et la fonction vasculaire se sont améliorées, témoignant d’une amélioration de la fonction endothéliale, tant chez le sujet sain que chez le patient atteint de maladie coronaire. D’autres travaux avaient montré que les thés vert et noir diminuent de 3,8 à 11,3 % le taux de cholestérol total et celui du LDL. Enfin, une inhibition de l’agrégation plaquettaire a aussi été suggérée, mais les preuves cliniques sont actuellement insuffisantes. Attendons donc d’en savoir plus sur ce point.

Sources et références

  • Davies MJ, Judd JT, Baer DJ et al. Journal of Nutrition 2003; 133: 3298S - 3302S.
  • Duffy SJ, Keaney JF, Holbrook M et al. Circulation 2001; 104: 151-156.
  • Catechins and diet: from sensorial aspects to nutrition, symposium conjoint FNRS/ Unilever, (Paris, janvier 2008)
  • Gardner EJ. European Journal of Clinical Nutrition 2006; 61: 3-18.
  • Lotito SB, Frei B. Free Radic Biol Med. 2006; 41: 1727 - 46.
  • Maron DJ, Lu GP, Sheng CN et al. Journal of the American College of Cardiology 2003; 41: 243A
  • Popkin BM, Armstrong LE, Bray GM et al. American Journal of Clinical Nutrition 2006; 83: 529-542.
  • Peters U, Poole C, Arab L. American Journal of Epidemiology 2001; 154: 495-503
  • Thé, antioxydants et santé. Brochure Unilever Belgium, 2008.

(" HEALTH & FOOD " n°88 - Juillet 2008)

SOURCE : Health and Food

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