Les boissons sucrées et les distributeurs à l'école en question

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De plus en plus d'études s'intéressent aux boissons sucrées et aux conséquences de leur consommation excessive, notamment en termes de risque de surpoids ou d'obésité du fait du surplus calorique qu'elles représentent. En effet, elles constituent le principal apport en sucre ajouté de l'alimentation des enfants aux Etats-Unis, et leur consommation est en pleine expansion : plus de 300 % en vingt ans.

Une équipe de chercheurs de Dijon a évalué l'impact de la consommation de boissons sucrées sur l'apport énergétique total auprès de vingt-quatre jeunes (20-25 ans). L'effet d'une boisson sucrée au saccharose (100 g/l, 418 kcal/l) était rapporté à celui d'une boisson témoin, édulcorée, sans calories. Les apports énergétiques des participants ont été mesurés avant et après une période de quatre semaines, pendant laquelle ces derniers ont bu en alternance un litre par jour de l'un ou l'autre de ces breuvages. Les résultats montrent que la consommation de boisson sucrée ne modifie pas les apports énergétiques au cours des repas, malgré le surplus calorique apporté (41 % de l'apport énergétique des repas), et cela même après une période de prise répétée pendant un mois.

Une autre étude, américaine, a fait le point sur le rôle de la densité énergétique des aliments (liquide versus solide) sur la satiété. En effet, et l'étude ci-dessus le confirme, c'est comme si l'apport calorique des boissons sucrées n'était pas mémorisé par l'organisme, qui accepte autant de calories aux repas suivants. Pourtant, cela ne devrait pas être le cas, car plus la densité énergétique d'un aliment est faible (volume plus important pour un apport énergétique identique), plus son pouvoir de rassasier* et de satiété** est grand.

En fait, l'action des aliments sur la satiété et le rassasiement est complexe et dépend de différents paramètres : volume ingéré, temps écoulé entre la prise alimentaire et le repas suivant, texture de l'aliment, vidange gastrique, métabolisme… Ainsi, les boissons ou soupes sont en fait plus rassasiantes que les aliments solides si elles sont consommées sous un grand volume (plus de 600 ml) et que le délai entre leur ingestion et le repas suivant est court (inférieur à 30 minutes). En revanche, les aliments solides, contrairement aux liquides et pour un apport énergétique identique, permettent de retarder l'horaire du prochain repas. Ce qui expliquerait, entre autres, pourquoi la prise de boissons sucrées en dehors des repas n'a pas d'effet sur la satiété.

* Rassasiement : extinction de la sensation de faim qui survient lors de la prise alimentaire et qui conduit à l’arrêt du repas : «je n’ai plus faim».
** Satiété : état de non-faim survenant en période postprandiale et qui est interrompu lorsque la faim réapparaît : «je n’ai pas faim».

Tenant compte des effets potentiellement négatifs des boissons sucrées sur la santé des enfants, l'Académie des pédiatres américains vient de publier un avis sur leur distribution à l'école. En effet, outre le surplus d'apport énergétique (une canette apporte 150 kcal) sous forme de sucre favorisant le surpoids et les caries dentaires, leur consommation se fait au détriment de celle de lait, principale source alimentaire de calcium, et met en danger l'obtention du pic optimal de masse osseuse à cet âge critique de la vie. Aussi cet avis recommande-t-il entre autres d'empêcher l'accès aux distributeurs pendant les heures des repas et de cours, de les interdire dans les écoles élémentaires, d'en limiter le nombre par école, de proposer des boissons sans sucre ou à teneur réduite et d'en interdire la publicité dans les classes.

Tout cela devrait faire réfléchir et surtout réagir les politiques, les écoles, les parents et aussi les enfants !

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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