Les boissons sans alcool de l'antiquité à nos jours : leur origine et leur place dans l'alimentation d'aujourd'hui

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Si boire est aussi vital que respirer, l'histoire montre que nous ne buvons pas telle ou telle boisson par hasard. Elle nous apprend que chaque boisson est née pour répondre à un usage précis, se désaltérer, se rafraîchir, se tonifier,... Aujourd'hui, ces boissons font partie de notre quotidien et un modèle français de consommation apparat clairement.

« Les boissons sans alcool de l'antiquité à nos jours : leur origine et leur place dans l'alimentation d'aujourd'hui » - Crédit photo : club-point-de-croix.com Les consommateurs français se caractérisent par une forte consommation d'eau et une consommation modérée de boissons non alcoolisées ou alcoolisées. Leur consommation de boissons rafraîchissantes sans alcool (limonades, colas, boissons aux fruits, thés glacés, ...) est parmi les plus faibles d'Europe [1]. Chez les adolescents, qui en sont les plus grands consommateurs, elle représente en moyenne 1/2 cannette par jour. Les boissons rafraîchissantes contribuent à moins de 2,5% des apports caloriques : 1,2% chez les adultes, et 2,3% chez les adolescents [2].

L'apparition des boissons sans alcool répond à des usages précis, pour le bien-être du corps

L'histoire des boissons sans alcool est intimement liée à celle des connaissances médicales du fonctionnement du corps humain, c'est-à-dire « la façon dont on se représente le fonctionnement du « corps intérieur » au cours du temps », précise le Dr Richard Delerins, chercheur à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) à Paris. Ces représentations du corps déterminent l'apparition des différentes boissons au cours des siècles, et surtout, leurs usages.

Quelques exemples :

  • Jusqu'au XVIIIe siècle, les boissons servent à « réguler les humeurs » : les hypocras (vins chauds et épicés) réchauffent les tempéraments flegmatiques ou mélancoliques, la limonade, la 1ère des boissons rafraîchissantes, calme les tempéraments sanguins et colériques.
  • Les boissons gazeuses et les sodas sont apparus au XVIIe siècle avec la découverte du mélange eau et gaz carbonique. Leurs vertus : faciliter la digestion et la balance acido-basique du corps.
  • A la fin du XIXe siècle, la notion de calorie et la thermodynamique apparaissent. De nouvelles boissons sont alors créées pour « énergiser », « tonifier » le corps et l'esprit : c'est la naissance des colas, des tonics ou encore des jus de fruits.
  • Aujourd'hui, les avancées dans le domaine de la génétique font évoluer notre représentation du corps. De nouvelles boissons contenant des antioxydants, comme par exemple le jus de grenade, actives au niveau cellulaire, commencent à se développer.
Les boissons dans notre quotidien

Selon les enquêtes menées par le CREDOC depuis 1999 sur les comportements et les consommations alimentaires des Français [3], un certain nombre de traits caractéristiques semblent dessiner un « modèle français de consommation des boissons ».

Que boit-on en France ?

L'eau est la première boisson, toute génération confondue, inscrite au palmarès des consommations de boissons des Français. Les autres boissons viennent compléter les apports hydriques, et varient selon les âges et les préférences : boissons lactées et jus de fruits pour les enfants, boissons lactées et boissons rafraïchissantes pour les adolescents, et boissons chaudes et boissons alcoolisées chez les adultes.

Une explication possible à la prééminence de l'eau : nos traditions culinaires héritées du XVIIème siècle qui, note le Dr Richard Delerins, « ne mettent pas en avant le mélange des saveurs sucrées et salées. Cette tradition culinaire explique en particulier la faible consommation de boissons rafraïchissantes en France par rapport à celle de nos voisins anglo-saxons ».

Comment boit-on ?

Les boissons sont d'abord consommées chez soi et principalement au cours des trois repas, une habitude très française. Les boissons rafraîchissantes sont des boissons plus facilement consommées au goûter, et à des occasions spécifiques (« chez des amis », « à l'extérieur », ou encore « le week-end »). « Ce sont des boissons que l'on consomme volontiers en groupe et dans des lieux de convivialité. Elles ont un rôle social évident, souligne Pascale Hébel, Directrice du département consommation du CREDOC ».

La consommation de boissons sans alcool s'adapte aux besoins et préférences de chacun

« L'eau est la seule boisson indispensable mais elle n'est pas toujours suffisante rappelle Pascale Modaï médecin nutritionniste. En effet, les boissons sont des aliments liquides qui doivent assurer toutes les fonctions de l'alimentation. Une fonction biologique en apportant de l'eau et des nutriments; une fonction hédoniste en procurant du plaisir; une fonction symbolique lorsqu'elles sont liées à la convivialité ».

Chacun choisit sa boisson en fonction de ce qu'il souhaite y trouver: par exemple de l'énergie pour le sportif, du sucré pour les coups de pompe, du light pour les personnes qui contrôlent leurs apports caloriques, du doux pour les plus âgés, du gazeux pour les digestions difficiles... C'est ainsi que cohabitent sur les tables un choix varié pour le plaisir de tous.

Les boissons rafraîchissantes sans alcool font aujourd'hui encore l'objet de discours contradictoires comportant notamment deux idées reçues :

  • « seule l'eau hydrate ». Oui c'est vrai ; d'ailleurs, toutes les boissons contiennent de l'eau et participent donc à notre hydratation quotidienne [4]. Les études montrent que les personnes qui atteignent le repère d'1,5 litre par jour (la quantité de boissons recommandée pour compenser les pertes de l'organisme) sont celles qui consomment de tous les types de boissons : plus d'eau mais aussi plus de boissons rafraîchissantes, plus de jus de fruits, et plus de boissons chaudes.
  • « un soda est plus calorique qu'un jus d'orange ». Ces 2 boissons contiennent des niveaux de calories équivalents [5].
Références :
  1. Canadean, 2008.
  2. CREDOC, enquête CCAF 2007
  3. CREDOC, Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de Vie. Enquête comportement et consommation alimentaire en France menée en 1999, 2003 et 2007. Cette dernière enquête a permis d'interroger 754 enfants de 3 à 11 ans, 478 adolescents de 12 à 19 ans, 1172 adultes de 20 ans et plus.
  4. EFSA, 2008. The setting of nutrient profiles for foods bearing nutrition and health claims pursuant to Article 4 of the Regulation (EC) N° 1924/2006 - Scientific Opinion of the panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies.
  5. Table de composition nutritionnelle CIQUAL 2008.

Pour de plus amples informations, consulter :

(Conférence de presse du 18 mars 2010 « Les boissons sans alcool : Evolution historique et comportementale de leurs usages... » organisée par Coca-Cola France à l'occasion du MEDEC 2010)

SOURCE : Coca-Cola France

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