Les apports alimentaires en polyphénols des Français décryptés avec l'étude NutriNet-Santé

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Pour la première fois en France, une évaluation précise des apports en polyphénols par l'alimentation a pu être établie grâce aux résultats préliminaires de l'étude NutriNet-Santé, lancée voilà un an déjà. Les polyphénols sont des molécules végétales prometteuses en termes d’effet protecteur vis-à-vis des cancers, des maladies cardiovasculaires et des neuropathies dégénératives, grâce à leurs propriétés anti-oxydantes, anti-inflammatoires, anti-carcinogènes ou protectrices du système vasculaire...

« Les apports alimentaires en polyphénols des Français décryptés avec l'étude NutriNet-Santé » - Crédit photo : © Monika Adamczyk | istockphoto.com Grâce à l’utilisation de la première base de données sur la composition des aliments en polyphénols (Phenol Explorer) mise au point par les chercheurs de l’INRA (UMR1019 Clermont-Ferrand), il a été possible, pour la première fois, grâce aux données préliminaires (108 168 questionnaires alimentaires analysés) receuillies par l'étude NutriNet-Santé, de calculer dans la population française les apports alimentaires en polyphénols apportés par l’alimentation.

Les polyphénols sont des microconstituants naturels apportés par un certain nombre d’aliments d’origine végétale, pour lesquels existent des hypothèses prometteuses en termes d’effet protecteur vis-à-vis des cancers, des maladies cardiovasculaires et des neuropathies dégénératives.

Les apports totaux en polyphénols alimentairess dans la population vivant en France sont de 855 mg/j chez les hommes et de 816 mg/j chez les femmes. Les apports sont plus élevés chez les sujets les plus âgés (environ 500 mg/j chez les 18-25 vs plus de 900 mg/j chez les plus de 55 ans).

Les principales sources alimentaires de polyphénols sont le café (36,9%), le thé (33,6%), le chocolat (10,4%), les fruits et légumes (7,4%) et... le vin (7,2%), l'une des explications toujours d'actualité du "French paradox" !

Il existe "une grande diversité de polyphénols", qui varient d'un aliment à un autre, et avec des propriétés différentes, telle la différence observée entre les femmes, qui consomment ainsi par exemple moins de café et de vin, mais plus de thé que les hommes.

Les principaux polyphénols apportés par le café sont les acides cafeoylquinique et feruloylquinique; ceux apportés par le thé sont majoritairement des catéchines et la quercétine; quant au vin rouge, il apporte principalement des anthocyanes et des procyanidines.

Des associations sont observées entre apports en polyphénols et caractéristiques socio-démographiques. Ces premiers résultats montrent qu’il sera possible, lorsque l’objectif de participation massive des volontaires sera atteint et que, de mettre en évidence des effets spécifiques de ces molécules sur la santé.

Pour la première fois, les chercheurs en nutrition ont l’opportunité de connaître les apports en polyphénols dans la population française, qui montrent des différences en fonction du sexe, de l’âge, de la catégorie socio-professionnelle, du niveau d’éducation et de revenus.

Au delà de l'impact de l'apport total en polyphénols sur la santé, le type de polyphénols lié à la nature des aliments qui les apportent pourraient jouer un rôle majeur dans la protection ou le risque de maladies chroniques. En effet, outre la richesse en polyphénols et la nature des polyphénols, certains aliments riches en polyphénols sont susceptibles de contenir d'autres constituants pouvant présenter des propriétés bénéfiques (par exemple : les fibres dans les fruits et les légumes) ou au contraire délétères (par exemple : lipides et sucres dans le chocolat, alcool dans le vin).

Les données scientifiques sur l’impact sur la santé des polyphénols sont actuellement très limitées. Avec un nombre suffisant de volontaires et un suivi sur 5 ans, l’étude NutriNet-Santé permettra de prendre en considération les différents types de polyphénols et leurs origines et d'étudier leurs effets sur la santé, notamment vis-à-vis de nombreuses maladies chroniques.

A terme, ces informations contribueront, en complément d'autres études, à définir des apports conseillés, ce qui n'existe pas actuellement.

Le 11 mai 2009, il y a tout juste un an, a été lancée officiellement « l'étude NutriNet-Santé : 500 000 Nutrinautes pour étudier les comportements alimentaires et les relations nutrition-santé ». Ce grand programme de recherche est coordonné par l’Unité de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (U557 Inserm/Inra/Cnam/Université Paris 13) et dirigé par le Pr Serge Hercberg.

Cette étude épidémiologique unique au monde, profitant pleinement des nouvelles possibilités offertes par l'utilisation d'internet, s’est fixé comme objectif ambitieux de recruter 500 000 internautes (de plus de 18 ans) en 5 ans, les « Nutrinautes », afin de passer au crible leurs habitudes alimentaires, leur état de santé ainsi qu'un grand nombre d'autres déterminants des comportements alimentaires (poids, taille, activité physique, ...).

12 mois après son lancement, plus de 130 000 volontaires participent déjà au programme de recherche national NutriNet-Santé, programmé sur 5 ans. L’appel au volontariat continue !

Pour vous inscrire, connectez-vous sur : www.etude-nutrinet-sante.fr

(Communiqué NutriNet-Santé du 11 mai 2010)

Source : Alexandre Glouchkoff

SOURCE : Toute la diététique !

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