Les allergies alimentaires : plus fréquentes, mais mieux connues

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Elles suscitent un regain d'intérêt, car elles sont en augmentation. Avis et réponses aux questions posées sur les allergies alimentaires à Jean-Michel Wal, chercheur à l'Institut national de recherche agronomique (INRA) de Jouy-en-Josas, directeur de l'unité de recherche en immuno-allergie alimentaire (UR 496).

Comment évolue les allergies alimentaires ?

« Les allergies alimentaires : plus fréquentes, mais mieux connues » - Crédits photo : martel.blog.mongenie.com Leur fréquence est en augmentation constante et rapide. On estime que plus de 3 % des Français adultes seraient concernés, une fraction non négligeable de la population. La gravité des accidents allergiques observés semble elle aussi en augmentation. Enfin, il y a de plus en plus d’aliments incriminés, certainement du fait de la diversification des habitudes alimentaires.

Pourquoi et comment se manifeste l’allergie alimentaire ?

La réaction allergique est une réaction exagérée du système immunitaire à un allergène (généralement une protéine). Elle concerne des personnes génétiquement prédisposées qui se sensibilisent à un aliment courant au lieu d’acquérir une tolérance immunitaire. Les symptômes de l’allergie alimentaire apparaissent le plus souvent au niveau de la peau, du système respiratoire ou du système digestif. Dans les cas très graves, qui heureusement restent rares, on observe des chocs anaphylactiques généralisés, qui peuvent mettre la vie en danger.

Quels sont les principaux aliments à l’origine de réactions allergiques ?

Il existe une liste des allergènes alimentaires les plus fréquents soumis à une obligation d’étiquetage. Les principaux sont l’arachide, les noix, noisettes et autres fruits à coque, le soja, le lait, les oeufs, les poissons et crustacés, certaines céréales comme le blé, mais aussi le lupin ou la moutarde ainsi que des fruits comme la pomme ou la pêche… La liste n’est pas figée, elle peut varier en fonction des habitudes alimentaires, et il existe d’autres aliments potentiellement allergéniques. Les enfants sont plus fréquemment sensibilisés aux allergènes d’origine animale, tandis que les adultes le sont plutôt aux allergènes végétaux.

Vous avez travaillé sur l’allergie au lait. Que peut-on en dire aujourd’hui ?

Elle concerne surtout le jeune enfant. La plupart du temps, elle guérit spontanément vers l’âge de 2-3 ans, au moment où le système digestif et immunitaire s’est complètement développé. Comme les autres allergies, l’allergie aux protéines du lait atteint des enfants génétiquement prédisposés. Depuis quelques années on voit se développer des allergies spécifiques au lait de chèvre et de brebis, parfois sévères, qui touchent des enfants plus âgés tolérant le lait de vache.

Quels sont les principaux espoirs des chercheurs en matière d’allergie alimentaire ?

Le potentiel allergénique d’un aliment n’est pas dû à un seul constituant, mais à un grand nombre de protéines et, à l’intérieur de ces protéines, à un grand nombre de structures moléculaires, diverses et variables. Nos travaux portent sur le rôle de la structure des allergènes, sur l’impact des traitements technologiques et des conditions environnementales. Ils visent à comprendre les mécanismes qui interagissent pour induire une sensibilisation et une réaction allergique. Ils permettent d’améliorer le diagnostic des allergies, ainsi que l’évaluation et la prévention du risque allergique des aliments.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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