Les ados européens face à la nutrition

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Plus de 3.500 adolescents de 12,5 à 17,5 ans ont été enquêtés sur leurs connaissances et leurs comportements alimentaires dans une dizaine de villes européennes. De la Suède à la Crète, en passant par la Belgique, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la France, l’Italie, l’Espagne et la Grèce continentale… Appréciation des investigateurs, spécialistes de la nutrition : pourraient mieux faire !

Article après article, les principaux résultats de l’étude Helena [1] paraissent dans les revues scientifiques. Ils révèlent les principaux aspects du comportement alimentaire adolescent. Globalement, si on la compare aux « guidelines » nutritionnels les plus courants, l’alimentation des ados européens n’est pas optimale [2]. Ce n’est pas une catastrophe pour autant : les apports totaux d’énergie sont à peu près convenables. Mais il y a des déséquilibres et des lacunes sévères. Les 12-17 ans négligent les fruits et légumes : ils consomment à peu près la moitié des apports conseillés. Ils ne sont pas plus performants pour le lait et les produits laitiers : leur consommation n’atteint même pas les deux tiers des apports quotidiens recommandés.

Très attendue, l’évaluation des méfaits de la sédentarité, et en particulier de la télévision, ne surprendra pas ceux qui accusent les écrans de favoriser le grignotage. Par rapport à ceux qui la regardent moins de 2 heures, les ados qui sont rivés à la télé plus de 2 heures par jour ont une consommation énergétique nettement supérieure [3]. Cette consommation prend le plus souvent la forme de bières et soft drinks chez les garçons et de jus de fruits et sucrerie chez les filles. Le degré d’éducation des parents, en particulier des mères, et le niveau socio-économique de la famille sont aussi en rapport avec la consommation de télévision et de calories : les milieux défavorisés ont des temps de télévision et des apports énergétiques plus élevés.

Mais l’explication n’est pas seulement culturelle. Sans rapport avec l’étude Helena, une expérimentation scientifique a été menée en laboratoire, avec toute une batterie de tests, chez des ados en bonne santé regardant la télévision [3]. Elle montre que la télévision accroît la consommation de nourriture, indépendamment de toute sensation de faim et de toute augmentation de l’appétit. Et ce surplus énergétique n’est pas « compensé » par des apports alimentaires plus faibles le reste de la journée.

L’étude Helena a aussi testé les connaissances nutritionnelles des adolescents [4]. Ces connaissances, qui augmentent régulièrement avec l’âge, sont un peu plus importantes chez les filles que chez les garçons. Elles sont aussi un peu moins bonnes dans les populations d’origine immigrée. Les lacunes portent fréquemment sur le contenu en sucre des aliments et des boissons. Au total, les connaissances des ados sont jugées « modestes » par les enquêteurs. Le niveau d’éducation des parents, là encore, joue un rôle. Mais les auteurs de l’étude estiment qu’il serait aussi très éducatif d’améliorer l’offre scolaire : en proposant aux enfants des repas bons et sains, adaptés à leur âge...

Références

  1. Health Lifestyle in Europe by Nutrition in Adolescence (HELENA Study).
  2. British Journal of Nutrition, en ligne le 22 septembre 2011, DOI:10.1017/S1368980011001935
  3. American Journal of Clinical Nutrition, volume 93, p. 1196-1203.
  4. British Journal of Nutrition, en ligne le 2 août 2011, DOI:10.1017/S1368980011001352

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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