Les adolescents trop longtemps devant leur écran risquent d'engraisser

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Une étude menée sur cinq ans par l'Université de Montréal et le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, publiée dans l'American Journal of Epidemiology, montre que trop de télévision, de jeux vidéo et d'Internet peut accroitre la masse adipeuse chez les adolescents.

« Les adolescents trop longtemps devant leur écran risquent d'engraisser » - Crédit photo : www.free.fr Ainsi les adolescents étaient répartis en quatre groupes en ce qui concerne leurs habitudes de visionnement : ceux dont le temps passé devant un écran augmente, baisse, se maintient à un niveau élevé ou demeure relativement court de façon stable.

Même les adolescents de ce dernier groupe, chez qui l'utilisation est la plus restreinte, passent en moyenne plus de deux heures par jour devant un écran, malgré les recommandations d'organismes comme l'American Academy of Pediatrics et la Société canadienne de pédiatrie de ne pas excéder cette durée. Les adolescents qui passent de plus en plus d'heures devant un écran et ceux dont le temps de visionnement se maintient à un niveau élevé présentent les augmentations (en pourcentage) de masse adipeuse les plus importantes, tandis que les adolescents qui réduisent leur temps de visionnement ont les plus faibles augmentations.

Bien que le temps de visionnement de la majorité des adolescents de l'étude se stabilise et se maintienne autour de 25 à 30 heures par semaine, près de 30 % d'entre eux ont des patrons d'écoute très différents, notamment avec des hausses ou des chutes marquées durant leurs années passées à l'école secondaire : les scientifiques ont découvert que ces trajectoires étaient le plus fortement associées à un changement de la masse adipeuse.

« Certains s'inquiètent du fait que les adolescents passent beaucoup de leurs temps libres devant un écran, dit l'auteure principale de l'étude, Tracie Ann Barnett, professeure au Département de médecine sociale et préventive de l'UdeM et chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine. Nos résultats révèlent que les jeunes qui augmentent le nombre d'heures passées devant un écran pendant leurs études secondaires sont le plus à risque de subir des hausses dans leur pourcentage de masse adipeuse »

« L'une des explications les plus plausibles serait qu'ils délaissent les activités physiques au profit du temps passé devant l'écran et, conséquemment, de moins en moins d'occasions de bouger se présentent à eux. De la même manière, les adolescents qui réduisent le temps passé devant un écran au cours du secondaire sont aussi ceux qui diminuent le plus leur masse adipeuse. »

Mme Barnett et son équipe ont évalué 744 participants de première secondaire de 10 écoles de Montréal. Les adolescents ont rapporté quatre fois par année le nombre de leurs heures de visionnement et d'activité physique, pour un total de 20 relevés pendant cinq ans. L'équipe de recherche a également consigné la taille, le poids et la masse adipeuse des sujets plusieurs fois durant l'étude.

« Le nombre excessif d'heures passées devant un écran met en évidence un besoin criant en matière de stratégies de santé publique pour remédier à ce problème chez les jeunes. Ainsi, les encourager à passer moins de temps devant un écran et suivre de près l'évolution de leurs habitudes de visionnement afin d'éviter qu'elles nuisent à leurs études secondaires seraient bénéfiques. Comme la plupart d'entre eux ont déjà des habitudes de visionnement bien ancrées dès le début du secondaire, ces stratégies doivent également cibler les enfants avant même leur entrée à l'école secondaire », explique Mme Barnett.

L'étude a été financée par la Société canadienne du cancer, le Fonds de la recherche en santé du Québec et les Instituts de recherche en santé du Canada.

(Tracie Ann Barnett - Université de Montréal - Journal FORUM du 20 septembre 2010)

Source : Université de Montréal (@UdeM)

SOURCE : Université de Montréal

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