Les acides gras saturés : tous mauvais ?

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De nombreuses études épidémiologiques montrent une très forte relation entre l’apport alimentaire en graisses saturées et la survenue de maladies coronaires. Cette relation persiste après 25 ans de suivi des patients. Cet effet est en partie lié à l'action des acides gras saturés sur le métabolisme lipidique, essentiellement augmentation du cholestérol total et du LDL-cholestérol.

Au cours des dernières années, les études épidémiologiques n'ont pas pu dissocier l'effet de chaque acide gras saturé de celui de leur consommation totale. Certaines études expérimentales, réalisées chez l'homme, semblent indiquer que parmi les acides gras saturés, l'acide myristique (C14) est celui qui entraîne la plus forte augmentation du cholestérol total et du LDL-cholestérol. L'acide laurique (C12) et l'acide palmitique (C16) semblent avoir un effet hypercholestérolémiant moins important. Enfin, l'acide stéarique (C18) apparaît plutôt neutre.

D’autres travaux, réalisés chez l'animal et chez l'homme, ont montré que les régimes enrichis en acide myristique (C14) et en acide palmitique (C16) diminuaient significativement l'activité du récepteur des LDL avec pour conséquence un ralentissement du catabolisme des particules LDL et donc une augmentation du LDL-cholestérol plasmatique.

Selon des études pratiquées chez le singe Rhésus, les régimes appauvris en graisses saturées permettent d'obtenir une réduction de 40% du LDLcholestérol, lorsque la réduction prédomine sur les acides laurique et myristique, alors que ceux appauvris en acide palmitique n'en permettent qu'une réduction de 24%. L’acide myristique apparaît entraîner une augmentation du HDL-cholestérol alors que les acides palmitique et stéarique semblent plutôt neutres. Cependant cette augmentation du HDL-cholestérol ne réduit pas l’effet délétère lié à la hausse du LDL-cholesterol.

Lors de tests de charge lipidique, l'acide palmitique et l'acide myristique augmentent de façon significativement plus importante les triglycérides que l'acide stéarique. Les études, en nombre encore limité, suggèrent une différence entre les divers acides gras à longue chaîne, en particulier un effet plus défavorable, sur le métabolisme lipidique, de l’acide myristique (C 14), suivi de l’acide palmitique et l’acide laurique, alors que l’acide stéarique semble plutôt neutre.

Ces travaux expérimentaux méritent cependant d’être confirmés à une large échelle chez l’homme. Préciser les effets de chaque type d’acides gras saturés sur l’incidence à long terme des maladies cardio-vasculaires sera en revanche beaucoup plus difficile.

SOURCE : Institut Danone

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