Les 3/4 des femmes se trouvent trop rondes !

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C'est l'un des résultats édifiant de la dernière grande enquête européenne d’aufeminin.com « Vous et votre corps » à laquelle près de 10 000 femmes de France, d’Italie, d’Allemagne, d’Espagne, du Royaume-Uni et de Pologne ont répondu : 74 % des Françaises, comme la majorité des Européennes, se trouvent donc trop rondes... mais dans le même temps elles sacrent Jennifer Lopez comme symbole de beauté !

Stop au diktat de la minceur. À l’heure où le pouvoir des images n’a jamais été aussi fort dans nos sociétés, les aufiennes répondent sans tabous à une enquête révélatrice sur leur corps et la beauté. Des résultats qui prouvent que malgré leurs complexes – près des trois quarts des Européennes en ont – les femmes préfèrent un corps pulpeux à la Jennifer Lopez qu’un corps de brindille à la Kate Moss. Alors que les régimes miracles sont légion en été, aufeminin.com a décidé d’en savoir plus. Découvrez le décryptage du sondage avec Anne de Marnhac et Odile Chabrillac. Les résultats sont édifiants !

Des complexes... et alors ?

74 % des Françaises, et la majorité des Européennes, disent avoir des complexes ou se trouver trop rondes. Des chiffres qui n’ont rien d’étonnant tant les diktats de la mode imposent la minceur. « Alors que la beauté était autrefois associée au plaisir, elle a aujourd’hui laissé place à l’examen moral », souligne Anne de Marnhac.

Le ventre et les cuisses... le corps disgracieux

Voilà un point sur lequel les Européennes se retrouvent toutes : les parties du corps qui leur déplaisent le plus sont le ventre et les cuisses. Deux parties du corps que l’on aimait autrefois généreuses. « Le ventre grassouillet, car il symbolisait la fécondité, et les hanches larges, car elles étaient un signe annonciateur de richesse », nous explique Anne de Marnhac. Mais le XXe siècle a signé l’avènement d’un corps androgyne dont les formes sont peu à peu gommées.

Pourquoi un tel changement de standard ? Ces nouveaux codes de beauté ont été initiés par les femmes elles-mêmes, indépendamment des hommes. Durant la guerre de 1914, les hommes étant au front, les femmes de tous milieux commencent à travailler : elles adoptent des tenues plus commodes et près du corps. Puis, avec l’apparition des congés payés, la gente féminine commence à se dévoiler à la plage et la culture du sport émerge. Les femmes s’imposent désormais un “corset intérieur”, reniant les corps voluptueux d’autrefois.

Les seins et la taille fine : leurs principaux atouts

Lorsque l’on demande aux internautes d’aufeminin quels sont leurs plus grands atouts, là encore, elles répondent à l’unisson.

Sur la première marche du podium… on trouve les seins, véritable symbole d’érotisme. Si les canons actuels de la beauté veulent que les femmes aient un corps extrêmement mince, une bonne poitrine demeure toujours autant valorisée.

Sur la deuxième marche du podium, on retrouve la taille fine. Si les standards de la beauté ont changé, certains reliquats subsistent. Autrefois, les gravures représentaient des corps de femme en forme de sablier, et les corsets étaient véritablement là pour les sculpter.

Vous et le regard des autres : un cheminement difficile

Le regard des autres… Voilà un point central dans la manière dont nous vivons notre corps. Comme nous l’explique Odile Chabrillac : « L’autre est tel un miroir qui confirme ou infirme la perception que nous avons de nous-mêmes. » À la question « Comment percevez-vous le regard des autres sur votre corps ? », les Françaises répondent comme les Allemandes, Polonaises et Anglaises : à 44 %, elles sont gênées, et ont l’impression qu’on détaille leurs défauts, alors que les Espagnoles et les Italiennes vont se sentir admirées et enviées. « Si en France et dans les pays plus nordiques, nous sommes dans une culture de la pudeur et de la séduction voilée, dans les pays méditerranéens, il existe au contraire une valorisation des jeux de la séduction », note Anne de Marnhac.

L'être aimé : celui qui rend belle

Lorsque l’on demande aux Françaises ce qui compte le plus pour se sentir belles, elles répondent comme les Espagnoles et les Italiennes : le regard de l’être aimé (44 % des votes). Les Allemandes, les Polonaises et les Anglaises ont quant à elles besoin des compliments de leur entourage. « Il est vrai que l’art de la séduction est une coquetterie plus valorisée en France », analyse Anne de Marnhac.

Il se joue beaucoup de choses d’un point de vue psychologique. L’amour agit comme un filtre qui accroît la beauté de l’être aimé. Ici, nous ne sommes pas dans le jugement de critères esthétiques mais dans le ressenti de ce qu’une personne va dégager. Le risque : vivre une crise identitaire si les compliments cessent.

Peur de vieillir, quand tu nous tiens !

Dans une société “jeuniste” qui fait de moins en moins de place à la vieillesse à tout point de vue (dans le monde du travail, les médias...), la peur du temps qui passe est plus que présente. Les Françaises sont 33 % à être angoissées par cette idée, et 36 % à lutter contre les effets du temps. Une crainte partagée par les Italiennes, mais qui semble beaucoup moins prégnante chez les Allemandes, les Polonaises et les Espagnoles puisque plus de la moitié d’entre elles disent accepter les effets du temps. Cette différence d’approche est profondément culturelle et générationnelle. « Il existe une forme d’élégance à la française, une sorte d’orgueil aussi, qui explique légitimement que les individus craignent de perdre ce capital beauté dont ils ont toujours joui », note Anne de Marnhac.

Pas prêtes à passer sur le billard

41 % des Françaises estiment qu’il vaut mieux assumer son corps et son âge. Malgré tout, 37 % envisagent la chirurgie esthétique si cela permet d’être mieux dans son corps. En Europe, comparativement au continent américain, elle n’est pas ancrée dans les mœurs. Elle effraie et, si elle est employée, n’est pas forcément assumée. « Historiquement, la beauté française est une beauté qui se veut “naturelle” », nous explique Anne de Marnhac.

D’un point de vue psychologique, avoir recours à la chirurgie esthétique n’est pas un acte anodin : cela modifie profondément l’intégrité de la personne. « Cela peut réenchanter la vie d’individus qui vont enfin cesser de se juger négativement. Cela peut en revanche devenir malsain si l’individu cherche à devenir autre », souligne Odile Chabrillac.

JLO et ses formes pulpeuses : elles adorent !

Devançant de loin ses concurrentes, Jennifer Lopez est considérée par toutes les Européennes comme étant la star la plus sexy (excepté pour les Allemandes qui attribuent la palme à Eva Mendes). Cette résurgence des corps à formes peut s’expliquer de maintes façons : influence des stars américaines dans des sociétés de plus en plus métissées, réflexion autour de l’anorexie, mais aussi impact de la crise. « En effet, durant les périodes d’austérité, les corps voluptueux ont souvent la cote, à l’image des pin-up durant la guerre. À la fois érotiques et signes de fécondité, les formes généreuses ont un côté éminemment rassurant », commente Anne de Marnhac.

La place des rituels de beauté dans le quotidien

Les rituels de beauté sont extrêmement importants : ils révèlent l’attention que l’on porte à soi-même. « Ces petits gestes au quotidien sont essentiels et constructifs, et permettent de “vivre les choses” et non juste de “faire les choses” », insiste Odile Chabrillac. En ce qui vous concerne, vous affirmez à 40 % ne pas avoir spécialement de rituels beauté.

Les Françaises ont un bon budget beauté (70 % d’entre elles dépensent au moins 15 € par mois), oscillant entre marques de luxe et produits à petit prix majoritairement achetés en parapharmacie (39 %) et distribution sélective (24 %). D’un pays à l’autre, les rituels beauté sont finalement assez différents : si les Méditerranéennes vont chercher des vertus tonifiantes dans les soins, les Françaises vont privilégier les vertus relaxantes.

SOURCE : FHCOM

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