Les 10 choses que l'industrie alimentaire ne veut pas que vous sachiez

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Dans un article publié sur U.S.News le mois dernier, deux experts américains de la nutrition, David Ludwig, pédiatre, et Marion Nestle, professeur de nutrition à l'Université de New York University, se sont exprimés pour mettre en lumière les 10 points-clés que les fabricants de nourriture de mauvaise qualité (junk food) ne veulent pas que vous sachiez sur leurs produits et comment ils en font la promotion à travers les campagnes marketing...

« Les 10 choses que l’industrie alimentaire ne veut pas que vous sachiez » - Crédit photo : © Nikolay Suslov - Istockphoto.com Alors que l’obésité des enfants a pris des proportions de crise, même les fabricants de nourriture de mauvaise qualité (junk food) ont commencé à prétendre vouloir diriger les enfants vers des choix meilleurs pour la santé. Dans une étude publiée plus tôt dans l’année, les Centers for Disease Control and Prevention rapportent qu’aux Etats-Unis, environ 32% des enfants sont en sur-poids, sans être obèses, 16% sont obèses, et 11% extrêmement obèses.

Le géant de l’alimentaire PepsiCo, par exemple, pointe sur son site web que « nous pouvons jouer un rôle important en aidant les enfants à aller vers des vies plus saines en offrant des choix de produits sains dans les écoles ». La compagnie souligne ce qu’elle considère comme ses produits les plus sains parmi les catégories d’aliments, à travers une campagne de marketing « Smart Spot » qui comporte des symboles verts sur les emballages. Les critères de PepsiCo - expliqués ici - attribuent des points à des aliments à la valeur nutritionnelle douteuse comme le Diet Pepsi, les céréales Cap’n Crunch, les Doritos light, et les Cheetos, aussi bien que d’autres produits plus nourrissants comme Quaker Oatmeal et Tropicana Orange Juice.

Mais les initiatives de santé publique comme Smart Spot ne sont elles pas que des stratagèmes de marketing ? De tels gestes semblent aller dans la bonne direction, mais finalement les fabricants de junk foods populaires ont une obligations vis à vis de leurs actionnaires d’encourager les enfants à manger plus - pas moins - des produits qui alimentent leurs profits, dit David Ludwig, un pédiatre et co-auteur d’un article publié cette semaine dans le Journal of the American Medical Association qui pose des questions sur la confiance à accorder au grands groupes alimentaires pour aider à combattre l’obésité. Ludwig et le co-auteur Marion Nestle, professeur de nutrition à l’Université de New York University, ont souligné 10 choses que les fabricants de junk food ne veulent pas que vous sachiez sur leurs produits et comment ils en font la promotion…

Les fabricants de Junk food dépensent des milliards pour la publicité de produits nuisibles à la santé des enfants

Selon la Commission fédérale du commerce, les fabricants dépensent $1.6 milliards par an pour toucher les enfants par les médias traditionnels aussi bien que par internet. PepsiCo a promis de ne faire de la publicité destinée aux enfants que pour les produits « Smart Spot ».

Les études que les groupes alimentaires financent tendent à minimiser les problèmes de santé liés à leurs produits

En fait, selon une revue conduite par Ludwig de centaines d’études sur les effets sur la santé du lait, des jus, et des sodas, la probabilité de conclusions favorables à l’industrie était plusieurs fois plus élevée dans les études sponsorisées par l’industrie que dans celles qui n’avaient pas de financement de l’industrie. « Si une étude est financée par l’industrie, elle est plus proche de la publicité que de la science, » dit-il.

Les fabricants de Junk food font don de grosses sommes d’argent à des associations professionnelles de nutrition

L’American Dietetic Association, par exemple, accepte de l’argent de compagnies comme Coca-Cola, qui a ainsi accès aux décideurs sur le marché de la nourriture et de la nutrition via les événements et les programmes de l’ADA. Le groupe distribue même des des fiches nutritionnelles qui sont directement sponsorisés par des groupes industriels.

Plus de traitements signifient plus de profits, mais rendent l’aliment moins sain

Les aliments transformés au minimum tels que les fruits frais et les légumes ne sont pas les sources de profit des compagnies. les gros dollars proviennent de la transformation des récoltes de commodités subventionnées par le gouvernement, principalement le maïs, le blé et le soja, en fast foods, snacks et boissons. Les produits à grosses marges qui dérivent de ces commodités sont généralement élevés en calories et faibles en valeur nutritionnelle.

Les aliments les moins transformés sont généralement plus rassasiants que leurs contre-parties hautement transformées

Les pommes fraîches contiennent beaucoup de fibres et de nutriments qui sont perdus quand elles sont transformées en compote. Et le sucre et les édulcorants ajoutés augmentent le nombre de calories sans rendre la compote plus bourrative. Le jus de pomme qui est encore plus transformé, a perdu perdu presque toutes les fibres et les nutriments.

De nombreux aliments de remplacement supposés sains ne sont guère plus sains que ceux qu’ils remplacent

En 2006, par exemple, les grands fabricants de boissons ont été d’accord pour retirer les sodas sucrés des distributeurs de boissons dans les écoles.Mais l’industrie a fait un lobbying intense pour persuader les législateurs d’autoriser les sports drinks et eaux vitaminées qui - en dépit de leur réputation d’être sensiblement meilleurs pour la santé - peuvent malgré tout être remplis de sucre et de calories.

Une revendication de santé sur l’étiquette ne fait pas nécessairement un aliment bon pour la santé

Des revendications telles que « zero graisses trans » or « contient du blé entier » paut créer la fausse impression que le produit est sain alors qu’il ne l’est pas.Alors que la revendication est sûrement vraie, un produit ne sera pas bon pour la santé de votre enfant s’il est chargé en sel et sucre ou graisses saturées. « Ces revendications sont destinnées à distraire des calories. Elles font oublier les calories aux gens. »

La pression de l’industrie alimentaire a rendu les guides nutritionnels confus

L’industrie alimentaire a toujours préféré le jargon scientifique au parler vrai. Déjà en 1977, les fonctionnaires de la santé publique ont tenté d’inclure le conseil de « réduire la consommation de viande » dans un important rapport appelé « Objectifs diététiques pour les Etats-Unis ». Les auteurs du rapport ont capitulé devant l’intense campagne de l’industrie du bétail et utilisé ce conseil moins direct et plus ambigu: « Choisissez des viandes, volailles et poissons qui réduiront votre consommation de graisses saturées. » Le gouvernement connaît des temps difficiles en suggérant que les gens doivent manger moins de tout.

L’industrie alimentaire finance des groupes de façade qui combattent les initiatives de lutte contre l’obésité

Vous risquez de penser qu’un groupe avec un nom tel que le Centre pour la liberté des consommateurs (CCF) n’a rien à voir avec l’industrie alimentaire. En fait, ce groupe fait du lobbying agressif contre les campagnes de santé publique liés à l’obésité, et est financé, selon le Center for Media and Democracy, principalement par des dons de grandes entreprises alimentaires telles que Coca-Cola, Cargill, Tyson Foods, et Wendy’s.

L’industrie alimentaire travaille agressivement à discréditer ses critiques

Selon le nouvel article de JAMA, le Center for Consumer Freedom se vante « [notre stratégie] est de tuer le messager. Nous devons attaquer la crédibilité [des activistes] en tant que porte-paroles. »

(Par Jacques Riff, d’après "10 Things the Food Industry Doesn’t Want You to Know", 22 octobre 2008)

SOURCE : JAKOUILLER

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