Le vrai « danger » de notre alimentation, c'est le manque de variété !

lu 5828 fois

Dans son nouvel ouvrage, le Dr Jean-Marie Bourre part à la recherche des vrais et faux dangers de notre alimentation. Et conclut que ce ne sont pas les aliments qui rendent malade : c'est notre façon de manger ! Petit lexique pour réapprendre à se régaler sans crainte.

Le vrai « danger » de notre alimentation, c’est le manque de variété ! - Crédits photo : www.coop.chBio et moins bio. L’intérêt nutritionnel de l’agriculture bio est intéressant mais modeste. En revanche son intérêt pour l’environnement est manifestement important. Par ailleurs, la production artisanale, dans un jardin, est souvent plus polluée que les produits de l’agriculture professionnelle : car le « pro » sait ménager ses insecticides et ses engrais, en raison de leur coût !

Cholestérol. Nécessaire à la vie, il participe aux membranes biologiques des cellules, notamment celles du cerveau. Il peut aussi s’accumuler dans les artères, mais il est aux trois quarts fabriqué par l’organisme lui-même. L’ennemi n° 1 n’est pas le cholestérol contenu dans les aliments, mais le déséquilibre alimentaire, la surcharge en graisses et en sucres.

Graisses. Leur consommation est surévaluée, car on la mesure en divisant le tonnage vendu aux Français par le nombre d’habitants. Avec ce calcul, nous sommes censés boire le bain de friture, saucer le fond du saladier et laper l’huile de la boîte de sardines !

Intoxications alimentaires. On en dénombre un millier pour près de 100 milliards de repas servis chaque année en France. Il y a, par exemple, 10 intoxications sur 66 millions de dégustations d’huîtres. Le risque de s’intoxiquer à la salmonelle avec un oeuf est de 1 sur 1,6 million d’oeufs. Comme on mange en moyenne 250 oeufs par an et par habitant, l’intoxication survient toutes les 80 vies ! Le principal danger est plutôt de se priver de certaines classes d’aliments !

« Lait » de soja. Le « lait » de soja n’est pas du lait mais un simple jus : un « support liquide blanchâtre » qui a besoin d’être enrichi en de multiples minéraux, vitamines et éléments essentiels qu’il ne contient pas à l’état naturel. Son utilisation en cas d’allergie du tout-petit est dénoncée par les pédiatres. Il diminue l’absorption du calcium et contient des phytoestrogènes qui peuvent perturber le développement sexuel du nourrisson…

OGM. Les études scientifiques concluent que le fait de nourrir des animaux avec des plantes transgéniques n’entraîne pas de risque pour la santé humaine. La malbouffe, elle, fait des ravages gigantesques..

Sel. D’après une étude anglaise, le sel consommé vient pour 14 % des aliments eux-mêmes, 62 % des ajouts industriels, 7 % des additifs, 6 % de la cuisine familiale, 9 % de la salière et 0,6 % de l’eau… Plutôt que traquer le sel dans le pain ou le fromage, mieux vaut penser aux potages et soupes en boîte !

Syndrome du restaurant chinois. Les prétendus malaises dus à la présence de glutamate dans les préparations asiatiques semblent surtout l’effet d’une accumulation de fantasmes. Pas de données scientifiques pour étayer leur existence.

Terreur alimentaire. Fonds de commerce aujourd’hui très florissant. Antidote : manger de tout, sans excès, toujours avec plaisir et en bonne compagnie !

« Trans ». Il y a deux sortes d’acides gras « trans ». Ceux des aliments issus de ruminants pourraient comporter des molécules intéressantes pour la santé. Les autres, utilisés pour solidifier les huiles (en margarines) et dans les aliments industriels (type crackers, snacks, biscuits, chips…) sont uniformément considérés comme « détestables ».

Viande. Le calcul de notre consommation est là encore très exagéré. On divise le poids total du nombre d’animaux vendus par le nombre d’habitants : on mangerait donc la peau, les os, les cornes, les viscères et toutes les graisses…

Vrai. « Un vrai plaisir, avec une vraie tartine de vrai pain recouverte de vrai beurre, vaut mieux que deux tartines de faux pain et de faux beurre pour un ersatz de plaisir masochiste. Gardons nos racines gourmandes », conclut le Dr Bourre.

(D’après le livre « Bien manger : vrais et faux dangers », Dr Jean-Marie Bourre aux Ed. Odile Jacob.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Cela pourrait vous intéresser

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s