Le thé vert met les défenses à niveau

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Ses vertus anticancérigènes font couleur beaucoup d'encre, mais restent encore très énigmatiques. Pour la première fois, une étude clinique montre comment le célèbre breuvage pourrait exercer un effet protecteur.

Le thé connaît une vague verte en Occident : pratiquement invisible il y a quelques années, il s'affiche désormais en vert dans les rayons, les salons de thé, et même dans les soft-drinks. Cet engouement pour le thé vert dans les contrées où seul le thé noir était apprécié tient certainement à plusieurs facteurs, mais l'image santé de cette boisson très prisée en Asie n'y est probablement pas pour rien.

Thé vert et thé noir proviennent de la même plante (Camellia sinensis), mais se différencient par leur traitement : alors que le premier n'est que séché, le second fait l'objet d'une fermentation, qui développe couleurs et arômes, mais conduit aussi à un remodelage du contenu en antioxydants. On sait que le thé vert est particulièrement riche en certains antioxydants, les catéchines, et que ces composés sont pressentis comme des acteurs pouvant expliquer certains bienfaits de la boisson.

Mais encore faut-il pouvoir en apporter la preuve. C'est en partie ce que vient de réaliser une équipe de chercheurs de l'Université d'Arizona, qui s'est intéressée à des enzymes appartenant à la famille glutathione transférase (GST). Ces enzymes jouent un rôle crucial dans les défenses vis-à-vis de certains composés chimiques et de toxines: elles interviennent dans la transformation de substances potentiellement cancérigènes en molécules inoffensives.

Booster l'activité enzymatique

Dans cette étude clinique, les volontaires sains ont reçu, pendant 4 semaines, un extrait de thé vert riche en épigallocatéchine gallate (EGCG), un antioxydant qui fait actuellement l'objet de nombreux travaux, notamment dans la prévention du cancer. Les sujets ne pouvaient pas consommer de thé ni de crucifères (choux), ces derniers contenant aussi des composés agissant sur les mécanismes de détoxication. Les chercheurs ont mesuré les niveaux d'enzymes GST avant la prise du supplément, et après 4 semaines. Les résultats indiquent, en moyenne, une augmentation de ces taux de GST. En regardant de plus près, les chercheurs constatent que ce sont les personnes qui affichaient au départ une faible activité de GST qui ont vu cette activité grimper jusqu'à 80 %, alors que les personnes avec des taux normaux ou élevés n'ont pas connu de hausse.

On sait qu'il existe des différences importantes entre les individus dans les niveaux d'expression de ces enzymes, et certains travaux ont rapporté que la déficience en ces enzymes est associée à une augmentation du risque de certains cancers. Sans faire du thé vert une arme anti-cancérigène, cette étude suggère bel et bien que les catéchines du breuvage, en quantités suffisantes, peuvent ramener certaines lignes de défenses trop basses à des taux plus avantageux pour inactiver certains composés cancérigènes.

Références

  • Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, août 2007.

(Par Nicolas Guggenbühl, Diététicien Nutritionniste, " HEALTH & FOOD " News du 22/08/07)

SOURCE : Health and Food

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