Le taux d'oméga-3 des globules rouges pour prédire la dépression ?

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La consommation d'oméga-3 apporterait plus que des bienfaits physiques à la population du Nunavik (Nouveau-Québec). En effet, les Inuits qui affichent des taux plus élevés d'oméga-3 dans leurs globules rouges sont moins susceptibles de souffrir de détresse psychologique élevée, rapporte une équipe de chercheurs dans un récent numéro du Journal of the American College of Nutrition.

« Le taux d'oméga-3 des globules rouges pour prédire la dépression ? » Lors de l'enquête « Qanuippitaa ? Comment allons-nous ? » menée au Nunavik en 2004, Michel Lucas et Éric Dewailly, du Centre de recherche du CHUQ, Laurence Kirkmayer de l'Université McGill, et Serge Déry, de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik, ont mesuré la concentration d'oméga-3 dans la membrane des globules rouges de 746 Inuits. Cette variable constitue un indicateur de la consommation à long terme d'oméga-3, plus fiable que les estimations qui reposent sur la mémoire des sujets.

Ils ont aussi invité les participants à remplir un questionnaire reconnu (Kessler) portant sur la manifestation de différents symptômes de détresse psychologique au cours des 30 jours précédents. Environ 12 % des répondants ont obtenu un score de 13 ou plus à ce test, seuil à partir duquel la détresse psychologique est jugée élevée. Le groupe de 18 à 29 ans était particulièrement touché par ce problème (18 %), ce qui concorde avec le taux de suicide très élevé chez les jeunes Inuits du Nunavik.

La concentration d'oméga-3 chez les sujets souffrant de détresse psychologique élevée était 15 % plus faible que chez les autres sujets. Le risque de détresse psychologique diminuait à mesure que le contenu en oméga-3 des globules rouges augmentait. « Nous ne pouvons affirmer qu'il y a une relation causale entre les deux variables », précisent toutefois les chercheurs. En effet, il n'est pas simple de départager l'effet de l'alimentation et du mode de vie inuite sur les taux d'oméga-3.

La consommation régulière de mammifères marins et de poissons est associée au respect des traditions inuites, et parmi ces traditions se trouvent la chasse et la pêche, des activités physiques qui favorisent le maintien d'une bonne santé psychologique. « Nos données suggèrent que la consommation d'oméga-3 provenant de l'alimentation traditionnelle inuite mérite de faire l'objet d'études prospectives », concluent les chercheurs.

(Par Jean Hamann - Le journal de la communauté universitaire - Volume 46 - numéro 11 - 18 novembre 2010)

SOURCE : Université Laval

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