Le surpoids dans l'enfance : un nouveau facteur de risque d'insuffisance coronaire

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L'épidémie actuelle d'obésité infantile conduit à s'interroger sur les conséquences à long terme d'un surpoids présent dès l'enfance. Il a déjà été montré que l'hypertension artérielle, les dyslipidémies, l'intolérance au glucose et les anomalies vasculaires, toutes facteurs de risque reconnus d'insuffisance coronaire, étaient présentes chez les enfants en surpoids. Cette étude danoise avait pour but de déterminer si un surpoids dans l'enfance augmentait ou non le risque ultérieur d'insuffisance coronaire.

« Le surpoids dans l’enfance : un nouveau facteur de risque d’insuffisance coronaire » - Crédit photo : www.achats-industriels.com Les auteurs ont donc étudié une cohorte d’enfants nés entre 1930 et 1976 à Copenhague, qui ont tous bénéficié d’un examen clinique annuel obligatoire pendant leur scolarité. Les manifestations d’insuffisance coronaire à partir de l’âge de 25 ans furent recensées grâce aux registres nationaux existant au Danemark.

Parmi les 280 678 enfants de la cohorte, les données anthropométriques étaient disponibles chez 276 835 (98,6 %). Le suivi concerna 5 063 622 personnes – années. Pendant les 46 ans de suivi, une insuffisance coronaire survint chez 10 235 hommes et 4 318 femmes.

Le risque d’insuffisance coronaire, mortelle ou non, était positivement associé à l’indice de masse corporelle (IMC) entre les âges de 7 et 13 ans pour les garçons, et de 10 et 13 ans chez les filles. Le risque augmentait linéairement avec l’IMC, et avec l’âge de l’enfant. Ainsi, un garçon de 13 ans ayant un poids supérieur de 11 kg à la moyenne pour son âge, avait une augmentation de 33% de son risque d’insuffisance coronaire ultérieure. L’ajustement pour le poids de naissance renforçait encore cette association positive. La date de naissance n’influait pas sur les résultats (pas d’effet de cohorte).

Compte tenu de la quasiexhaustivité de cette étude et de l’homogénéité de la population danoise, les auteurs concluent que ces résultats sont généralisables aux autres populations de race blanche. Cette association entre IMC dans l’enfance et insuffisance coronaire est probablement médiée par les facteurs de risque biologiques reconnus chez l’adulte et retrouvés chez les enfants en surpoids. Il faut donc prévenir le surpoids infantile, même minime, le plus tôt possible, et en tout cas avant l’âge de 13 ans, à partir duquel le risque augmente considérablement.

Sources et références :

  • Childhood body-mass index and the risk of coronary heart disease in adulthood. Baker J.L. et al. N Engl J Med 2007; 357: 2329-37.

(Objectif Nutrition n°87 - Mars 2008)

SOURCE : Institut Danone

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