Le stress peut-il nous faire grossir ?

lu 4512 fois

Il y a une idée générale qui est, qu'une personne en surpoids ou obèse l'est parce qu'elle mange trop et ne fait pas assez d'exercice. Ainsi, l'idée est que l'obésité est le résultat de l'excès de nourriture ou de la paresse. Je suis persuadé que cela peut s'avérer vrai pour certaines personnes. Je suis également sûr que c'est une idée trop surfaite qui n'explique pas réellement pourquoi certaines personnes sont en surpoids.

Hormones et métabolisme

« Le stress peut-il nous faire grossir ? » - Crédit photo : www.nutranews.org Nous savons que l’accumulation de la graisse peut être provoquée par un dérèglement hormonal. Un facteur essentiel semble être l’insuline qui favorise le développement des graisses et ralentit le métabolisme qui consume cette graisse. Ainsi, il est possible que les individus accumulent en excès de la graisse non parce qu’ils mangent trop, mais parce qu’ils consomment des aliments qui précipitent la sécrétion de l’insuline. Les glucides qui ont un indice élevé de glycémie sont particulièrement incriminés.

Un autre exemple du rôle joué par les hormones dans l’obésité concerne la glande thyroïde. Cette glande située au niveau du cou, produit des hormones qui stimulent le métabolisme. Cependant, si la thyroïde produit une quantité insuffisante de ces hormones, le métabolisme ralenti. Ainsi il est très difficile pour les individus de transformer en énergie la nourriture consommée. Un accroissement de fatigue et de poids en sont les conséquences communes.

J’ai reçu en consultation beaucoup de personnes surtout des femmes, ayant une fonction thyroïdienne basse. Elles ont expliqué que, quelle que soit la nature des aliments mangés, cela avait très peu ou pas du tout d’incidence sur leur poids. Des individus cyniques peuvent penser qu’elles mentent. Mais je fais confiance à l’honnêteté de mes patientes.

Les résultats d’une étude

L’idée que les graisses peuvent être fortement influencées par des facteurs hormonaux est encore renforcée par une étude publiée récemment dans le journal « Obésité » [1]. Cette étude s’est concentrée sur les femmes obèses qui ont pris rapidement du poids après un événement stressant. Ces femmes devenues obèses, suite à un stress (SRO), ont été comparées à un autre groupe de femmes obèses qui n’avaient pas accusé de prise de poids rapide après un événement stressant (Non-SRO) ainsi qu’à un troisième groupe de femmes non-obèses.

La quantité de cortisol dans les urines a été mesurée sur une période de 24 heures chez toutes les femmes participant à cette étude. Le cortisol est une hormone de stress majeur, reconnue pour avoir la capacité d’inciter à l’embonpoint. Elle provoque également la fonte musculaire. Le groupe de SRO s’est avéré avoir des quantités plus importantes de cortisol que ceux des Non-SRO et des femmes non-obèses. En outre, plus le niveau de cortisol est élevé, plus rapide est la prise de poids. Les auteurs ont conclu que : « ces résultats soutiennent la théorie que le SRO a des mécanismes pathophysiologiques distincts …»

En bref, cette étude suggère que d’importantes quantités de cortisol, en réponse au stress, sont un facteur de prédisposition à l’embonpoint. En clair, le stress peut rendre les gens obèses. C’est un exemple qui démontre à quel point l’embonpoint peut être influencé par un dérèglement hormonal sans lien avec une nourriture abondante ou le manque d’exercice.

(Par le Dr. John Briffa, médecin basé à Londres, journaliste en médecine, spécialisé dans la nutrition et la médecine naturelle - D’après [1] Vicennati V, et al. Stress-Related Development of Obesity and Cortisol in Women. Obesity 2009; 17(9) 1678–1683.)

SOURCE : La Grande Epoque

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s